30 oct. 2014

Kafka sur le rivage

Auteur: Haruki Murakami

Titre original: Umibe no Kafuka

Edition: 10/18

Genre: Fantastique, Contemporain

Date de parution: 2007 


Résumé: Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore. Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.  





Après les mangas il était temps que je découvre les romans japonais. Mon premier pas dans ce nouvel univers s’est fait avec Kafka sur le rivage de Murakami, une œuvre prenante et poétique.

L’histoire se compose de deux récits au premier abord sans liens mais qui vont se révéler unis par un côté fantastique superbe. On alterne entre deux personnages : Kafka Tamura, jeune fugueur à l’esprit curieux, et Tanaka, un vieil homme aux capacités intellectuelles limitées qui a le don de pouvoir parler aux chats. Ce sont deux protagonistes atypiques auxquels on s’attache dès leur première apparition, qui nous embarquent dans leurs drôles d’aventures, face à leur destin déjà tout tracé. Le premier nous dévoile son histoire petit à petit : Kafka cherche à fuir une prophétie qui n’est pas sans rappeler celle d’Œdipe et cela l’amène à faire de belles rencontres qui vont malgré tout sceller d’une certaine manière son avenir. C’est un garçon calme qui aime découvrir, lire et sait réfléchir posément malgré son jeune âge. Tanaka, lui, nous est présenté de manière plus atypique qui n’enlève en rien à son charme enfantin. Il est emprunt d’une aura mystérieuse et d’une simplicité qui nous le rend tout de suite attachant, malgré une manière de s’exprimer particulière. Sa mission est aussi intrigante que le personnage lui-même et nous invite à ouvrir notre esprit sur un monde plus vaste que celui que nous connaissons.

Le récit se dévoile lentement, prenant le temps de raconter les faits et gestes des personnages sans tomber dans une quelconque lourdeur ou l’ennui. Au contraire, grâce à la superbe plume de Murakami on se laisse guider comme un bateau se laisse porter par l’eau. Une certaine magie se dégage des mots, nous invitant nous aussi à profiter de l’instant présent. L’histoire est parsemée de touches fantastiques qui accentuent le côté poétique du roman, donnant l’illusion que ces phénomènes sont finalement partie intégrante de notre univers et donc normaux. On ne s’en formalise pas plus que les protagonistes et on profite de leurs aventures pour nous évader nous aussi.


Entre culture, musique, philosophie et rêve on est pris dans le sillon de deux vies opposées qui se retrouvent dans leur quête initiatique et on se surprend à poser les poser les pieds sur ce rivage empli de poésie. C’est une œuvre forte que nous propose Murakami, qui nous offre un agréable moment. 



7 oct. 2014

100 Feet

Film américain et hongrois

Date de sortie:  2008

Réalisé par: Eric Red

Avec: Famke Janssen, Michael Paré, Ed Westwick etc. 

Durée: 1h36

Genre: Horreur, Thriller

SynopsisLibérée de prison après le meurtre (en légitime défense) de son mari, Marnie Watson est contrainte de rester chez elle, dans le cadre de sa conditionnelle. C'était sans compter le fantôme vengeur de son époux, toujours présent dans les murs...


Au premier abord 100 Feet;semble n'être qu'un de ces nombreux films jouant sur le fameux thème de la maison hantée, encore et toujours revisité à toutes les sauces inimaginables. Pourtant le scénario tente d'apporter une idée rafraîchissante et innovante en incluant l'idée de la surveillance sous bracelet électronique. Ce dernier symbolise la solitude dans laquelle est l'héroïne: solitude due à son statut de meurtrière, d'habitante isolée chez soi mais également à cause de celui de femme battue, rejetée par tous. Le réalisateur semble vouloir aborder ici une thématique importante et encore trop méconnue, et c'est ce qui fait l'attrait du film. Du moins, au début. Car malheureusement malgré la bonne volonté du scénario le film ne décolle jamais et le thème de la violence conjugale reste à peine effleuré, se contentant de n'être qu'un prétexte pour faire surgir un fantôme violent et rancunier et justifier de la solitude de l'héroïne dans sa grande maison dans New-York.

 L'histoire tombe donc dans un schéma assez classique de persécution fantasmagorique, avec les clichés qui l'accompagne comme les bruits suspects, les apparitions, avec pour différence majeure le fantôme qui bat sa femme. Les personnages n'ont aucun attrait: que ce soit Marnie, son mari mort ou les deux autres personnages secondaires, rien ne va dans leur traitement. On ne ressent pas plus de sympathie pour Marnie malgré sa position délicate, dû en partie au jeu de Famke Janssen, assez superficiel. Le fantôme quant à lui est risible. Son aspect grotesque empêche tout sentiment de peur et ses apparitions sont plus fatigantes que terrifiantes.

La réalisation n'est elle pas innovante et se contente du strict minimum, nous donnant un film au rendu ennuyeux, au contenu presque vide, qui s'oublie rapidement.