29 juin 2014

300, La Naissance d'un Empire

Film américain

Date de sortie:  5 mars 2014

Réalisé par: Noam Murro

Avec: Sullivan Stapleton, Eva Green, Lena Headey etc.

Durée: 1h42

Genre: Action, Fantastique, Peplum

Titre original: 300: Rise of an Empire

Synopsis: Le général grec Thémistocle tente de mobiliser toutes les forces de la Grèce pour mener une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre. Il doit désormais affronter les redoutables Perses, emmenés par Xerxès, homme devenu dieu, et Artémise, à la tête de la marine perse…





Il y a 7 ans Zack Snyder nous présentait son adaptation de la BD 300 de Frank Miller avec un style et une réalisation bien particuliers et désormais caractéristiques du réalisateur. Que l’on ait aimé ou pas, ce film a marqué par son univers masculin très huilé et ses batailles au ralenti ainsi que le célèbre « This Is Sparta ! ». En 2014 sort alors sa « suite » qui se révèle plus que décevante sur de nombreux points.

Tantôt présenté comme préquelle, puis comme séquelle, 300 La Naissance d’un Empire n’est ni l’un ni l’autre et s’aventure hasardeusement sur le fil tendu du temps en jonglant entre avant/présent/après la bataille des spartiates contre les perses à l’aide de quelques flashbacks et flashforwards pris pour la plupart au premier volet. Pris dans les tourmentes du temps, il devient parfois difficile de comprendre où veut en venir le film alors que son propos reste des plus basiques : se défendre contre l’attaque des perses menés par le dieu-roi Xerxes. On retrouve le thème de la lutte pour la liberté auquel s’ajoute l’alliance de la Grèce pour faire face à un envahisseur des plus dangereux mais la mise en scène est tellement hachée qu’on finit par oublier les enjeux du film. Ce dernier ne semble n’être qu'un prétexte pour filmer des hommes torse nus avec énormément d'hémoglobine. On retombe dans cette mode du gore dont le but n'est que montrer quelque chose de choquant (hélas raté tant on a soupé de cet effet cette dernière décennie) sans fond intelligent. On se retrouve avec du spectacle pour du spectacle qui aurait pu à la rigueur marcher si le réalisateur n'usait pas toutes les cinq secondes de ce ralenti à la Snyder. En effet, Noam Murro ne s’impose aucunement et se contente de copier maladroitement cet effet ralenti qui avait superbement marché dans le premier 300, y recourant à chaque bataille jusqu’à nous épuiser. L’échec de cette mise en scène provient également du fait que les scènes de combat ne sont guère convaincantes: brouillonnes, ridicules pour la plupart, on est loin des spartiates et de leur organisation.

Le jeu d’acteur aurait pu relever le niveau : hélas, ce dernier est inexistant et il est impossible de sentir une quelconque sympathie pour le héros qui ne parvient à aucun moment à se démarquer. Seule Eva Green s’en sort mieux et porte le film sur ses épaules en incarnant une Artémise convaincante.



En conclusion, avec un scénario inexistant, des incohérences barbares, des clichés et caricatures de trop on a le cocktail parfait d'une suite ratée pour un film qui n'en avait pas besoin.

23 juin 2014

Trois Contes

Auteur: Gustave Flaubert

Edition: Le Livre de Poche

Genre: Nouvelle

Date de parution: 2012 (première parution: 1877)


Résumé: Trois Contes est le titre d'un recueil de trois nouvelles de Gustave Flaubert parues sous forme d'épisodes dans deux journaux différents au cours du mois d'avril 1877 et publiées dans leur intégralité le 24 avril 1877 par l'éditeur Georges Charpentier. Cette œuvre que Flaubert mit près de 30 ans à écrire dans sa totalité constitue sa dernière production romanesque achevée, puisqu'il devait mourir trois ans après sa publication.
Un coeur simple
La légende de Saint Julien L'hospitalier



Avec Trois Contes Flaubert nous offre trois œuvres particulières qui, malgré des thèmes communs, semblent éloignées les unes des autres et ne parviennent pas à toucher de la même manière le lecteur.

Le premier conte, Un Cœur Simple, narre la vie d’une bonne nommée Félicité. On la suit au cours de sa vie, on assiste à son dévouement envers sa maîtresse et ses enfants, son rapprochement à la religion à travers son amour pour un perroquet. A part cela, il ne se passe strictement rien: Flaubert se contente de décrire dans le plus pur style réaliste les quelques scènes qui ont marqué la vie de Félicité, sans qu’il n’y ait réellement d’intérêt à travers cet exercice à part jouer sur le côté intimiste du récit. Le personnage n’est pas passionnant, au même titre que sa vie et on a du mal à s’attacher à elle malgré sa simplicité qui la rend très gentille. On est loin du conte au sens où on l’entend aujourd’hui, et le fait qu’il n’y ait pas de réelle action ou d’évènements qui chambouleraient vraiment la vie de Félicité perturbe quelque peu ce récit qui se lit finalement mécaniquement.

Avec La Légende de Saint Julien l’Hospitalier Flaubert revient au conte tel que nous le percevons avec un personnage qui tente sans cesse de fuir sa destinée maudite. Le début du récit n’est pas sans rappeler le mythe d’Œdipe ainsi que le drame qui va survenir. La surprise provient de Julien qui n’est pas un personnage orthodoxe et qui surprend de nombreuses fois par son comportement. On est ici dans la lignée de la légende qui puise sa force dans le fantastique sur fond moyenâgeux et qui par ses péripéties arrive à nous entraîner à la suite de Julien.

Le dernier conte intitulé Hérodias se déroule pour sa part dans l’Antiquité. Plus riche dans son contexte, ce récit est plus difficile à aborder et à comprendre de part le flot d’informations à analyser. Avec les nombreuses références, le surplus de personnages difficilement identifiables et un fond religieux compliqué on se perd rapidement dans cette lecture qui devient confuse malgré un propos intéressant.

A travers ces trois récits Flaubert aborde la religion de manière différente à trois époques différentes en démontrant son importance. Cet enchaînement inversé dans le temps est intéressant et peut être interprété de manières diverses. On peut cependant y voir un retour à la source de la religion chrétienne. L’écriture maîtrisée de l’auteur nous emporte à la suite des personnages et de leurs vies/aventures de manière imagée et nous démontre tout l’art de Flaubert pour conter une histoire. 

19 juin 2014

Zombi

Auteur: Joyce Carol Oates

Titre original: Zombie

Edition: Ecco

Genre: Thriller, Psychologie

Date de parution: 2009 (première parution: 1995)


Résumé: Il pose bien un peu problème à son professeur de père, et à sa mère – qui l'adore – mais ni l'un ni l'autre ne croient une seconde à l'accusation d'agression sexuelle sur un mineur dont il est l'objet. Il est un cas pour le psychiatre-expert auprès des tribunaux chargé de le suivre, qui se sent néanmoins encouragé par la nature toujours plus positive de ses rêves et sa franchise à en discuter. Il est le plus exquis et le plus attentif des garçons pour sa riche grand-mère de moins en moins capable de lui refuser quoi que ce soit. Il est le plus vrai et le plus abominablement terrifiant des tueurs-psychopathes jamais imaginés dans un roman dont on se demande par instants comment l'auteur a pu trouver les mots pour l'écrire.



Zombi est un roman perturbant qui nous plonge dans les méandres de la folie d’un tueur, au gré de ses pensées et actes. L’histoire est originale et attirante au premier abord puisqu’on suit ce meurtrier qui nous raconte sa vie à un certain moment de celle-ci. On découvre donc comment il « fonctionne » ; ses pensées, ses envies, sa chasse aux victimes. On entre dans la psychologie du personnage et ce changement de perspective peut paraître rafraîchissant sur le coup. Cependant l’écriture et la manière dont l’histoire est racontée cassent une possible dynamique et ce dès le départ. Le récit compact, peu aéré, qui alterne entre phrases à rallonges ponctuée de « & » à tout va et phrases plus courtes empêche de se plonger complètement dans l’histoire. On essaie à chaque instant de comprendre correctement le sens des phrases parfois décousue, au même titre que les pensées du tueur. Outre cette déconstruction de phrases, l’auteure s’amuse en jouant sur le « je » et « il ». En effet, le personnage principal, qui se nomme lui-même Q, alterne entre ces deux pronoms comme pour accentuer à certains moments sa propre importance.

Le manque de repère temporel n’aide pas non plus la lecture. Tantôt souvenirs, tantôt présent, le récit se perd dans les méandres des pensées de Q pour finalement se concentrer sur une seule victime. Q dévoile alors sa rencontre, ses préparatifs et son passage à l’acte. Le tout est très froid : au même titre que le personnage principal dénué de moral mais surtout de ressentis émotionnels le récit est inexpressif. Ce procédé dégage néanmoins un sentiment de malaise et de révulsion envers Q dont les motivations restent difficiles à appréhender. Contrairement à d’autres tueurs qui peuvent paraître plus charismatiques, Q reste une lettre de l’alphabet sans charme aucun et à l’orgueil surdimensionné.

Si Oates nous dépeint bien la folie du tueur, inconnu dans la masse commune que l’on ne suspecterait pas, l’écriture et le personnage principal ne convainquent guère, tout comme l’épilogue qui reste peu crédible. 






16 juin 2014

Le Chant du Papillon

Auteur: Gilbert Bordes 

Edition: Belfond

Genre: Littérature du terroir

Date de parution: 2011

Résumé: Montmartre, 1940. Par les fenêtres de l'appartement de sa voisine, chez qui il s'est réfugié, Arnaud, onze ans, voit deux hommes de la Gestapo emmener sa mère. Quelques années plus tard, le garçon est recueilli par ses grands-parents maternels, de rudes paysans périgourdins. La vie est dure, à Lussac, et Arnaud subit en silence les moqueries de ses camarades au sujet de son pied bot, mais aussi les remarques malveillantes contre sa mère, que personne n'a revue depuis son arrestation. Au village, il demeure un étranger, malgré la tendre amitié de la petite Lilly, une fillette de son âge. Il faut dire que, le jour de son arrivée, une inconnue assassinée d'une balle en plein coeur a été trouvée dans le parc du château... Pourquoi le meurtre a-t-il eu lieu précisément ce jour-là ? Et pourquoi les gens se sentent-ils si coupables de ce qui s'est passé ? Il plane sur Lussac un lourd secret que les enquêteurs pourraient avoir le plus grand mal à percer.



Avec ce roman qualifié du terroir, Gilbert Bordes entraîne le lecteur dans la région du sud ouest de la France durant la seconde guerre mondiale. Si le contexte se prête à une histoire de guerre, ce thème reste seulement une toile de fond. En effet, l’auteur préfère se focaliser sur la vie paysanne d’une famille déchirée par des secrets à travers l’arrivée d’un petit garçon dont la mère a disparue.

Bordes aborde ici le thème du drame familial ainsi que la difficulté à s’intégrer. Le petit Arnaud n’a pas la vie facile en débarquant à Lussac, entre une famille qu’il ne connaît pas et qui semble avoir renié sa mère et les moqueries qu’il subit face à son pied bot. Il va alors connaître une alliée étonnante pour l’aider à faire face à tout ça : la nature. Cette dernière devient un refuge évident pour plusieurs personnages et prend une place importante dans le récit, nous entraînant à sa suite.

Cependant, l’histoire, qui reste intéressante dans sa relation entre les personnages, dérive vers une enquête dont on se serait parfaitement passé tant son développement est mal amené et reste plus ennuyeux qu’autre chose. Du côté des personnages, différentes personnalités se côtoient, se heurtent et se découvrent autour de souvenirs douloureux qui pourraient être apaisés par la présence d’Arnaud. On se prend d’affection pour les personnages malgré un côté bourru presque caricatural chez les grands-parents. Il est malgré tout dommage que les personnalités ne soient pas plus développées. L’écriture est quant à elle particulière : soit on adhère soit on a du mal. Parfois décousue, elle donne alors un effet bancal au récit qui le rend lourd.


Le Chant du Papillon est un récit intéressant mais qui ne livre malheureusement pas tout son potentiel. 


8 juin 2014

A Mélie, sans mélo

Auteur: Barbara Constantine

Edition: Le Livre de Poche

Genre: Contemporain, Tranche de vie

Date de parution: 2010

Résumé: Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Pour la première fois, sa petite-fille, Clara, vient passer les grandes vacances chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu'elle a un problème de santé... Elle verra ça plus tard. La priorité, c'est sa Clarinette chérie ! Durant tout l'été (le dernier ?), Mélie décide de fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique... Et puis, comme la vie est vraiment dingue parfois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour... Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !



Il arrive parfois qu’un livre se retrouve dans votre pile à lire par pur hasard, sans que vous n’en ayez entendu parler auparavant ni que vous connaissiez son auteur. Ce fût le cas avec ce roman que j’ai finalement ouvert grâce à de-pages-en-pages et sa lecture commune sur Livraddict.

Au premier abord, A Mélie, sans Mélo semble être de ces histoires simples que l’ont lit par pure envie de se détendre sans que cela nous apporte grand-chose, comme un roman de plage peut le faire. Pourtant, si cette description semble coller au roman, on se rend rapidement compte que le récit est plus touchant et plus habile que cela. Barbara Constantine nous emmène à la suite de Mélie et de sa petite fille et nous plonge dans diverses relations inter générations, touchant alors aux thèmes de la famille, de l’amitié, de l’amour et des souvenirs le tout de manière légère et sans prétention en restant dans le ton de l’humour.

La force du récit tient en l’intimité qui s’en dégage et ses personnages. L’auteure a parfaitement réussi à créer des protagonistes hauts en couleur dont la personnalité, si elle n’est pas non plus très développée, reste attachante. Qu’il s’agisse des plus vieux ou des plus jeunes, chacun apprend des uns et des autres : c’est une belle leçon de vie qui découle de ce roman pour finir par toucher le lecteur lui-même. Au gré d’une écriture rythmée par le quotidien estival, on découvre une belle histoire qui ne peut laisser indifférent. On ressort de cette lecture touché par la tendresse qui se dégage des pages, voire nostalgique pour ceux qui auront eu la chance de vivre des étés à la campagne.  


Je remercie de-pages-en-pages qui m’a permis de sortir plus rapidement ce roman de ma PAL : cette lecture a été une petite bouffée d’air frais que je n’oublierais pas.  

Voici les avis des autres participantes: