13 mai 2014

La Proposition

Film américain

Date de sortie:  23 septembre 2009

Réalisé par: Anne Fletcher

Avec: Sandra Bullock, Ryan Reynolds, Betty White etc.

Durée: 1h48

Genre: Comédie romantique

Titre original: The Proposal

Synopsis: Lorsque Margaret, une très puissante éditrice, est menacée d'être expulsée vers son pays natal, le Canada, elle imagine une solution d'urgence et déclare qu'elle est fiancée à son assistant, le malheureux Andrew, qu'elle exploite et maltraite depuis des années. Celui-ci accepte de participer à la supercherie, mais à ses conditions...
Le curieux couple se rend en Alaska pour rencontrer l'étonnante famille d'Andrew. Margaret, citadine jusqu'au bout des ongles et habituée à tout contrôler, se retrouve vite dans des situations qu'elle ne maîtrise plus... Alors que les préparatifs du mariage avancent et qu'un officier de l'immigration les poursuit, Margaret et Andrew ont de plus en plus de mal et de moins en moins envie de respecter le plan prévu...



Sorti en 2009, La Proposition est une comédie romantique sans prétention et sans grande originalité puisqu’elle reprend le concept vu et revu de deux personnes que tout oppose et qui finissent malgré tout par tomber amoureuses. Avant même d’appuyer sur Play on sait déjà comment l’histoire va se terminer mais ce qui attise la curiosité du spectateur c’est bel et bien le développement de l’histoire et bien sûr des sentiments. Ce qui aurait pu faire sortir La Proposition du lot, c’est son côté Le Diable s’habille en Prada avec une Sandra Bullock en éditrice tyrannique et un Ryan Reynolds soumis. Il aurait pu être intéressant de jouer sur cette relation patron/employé et d’innover le genre en apportant un côté social à l’intrigue, mais cela aurait fait prendre des risques à la réalisatrice Anne Fletcher qui se contente de nous servir du réchauffé en se focalisant sur l’éternel thème de la famille.

On quitte donc rapidement le milieu de l’édition pour retrouver les personnages chez la famille d’Andrew durant un week-end où ils devront apprendre à se connaître pour sauver Margaret. On s’attend alors à des dialogues sur le passé de chacun, à ce qu’ils se découvrent à travers la parole. Hors le film préfère se concentrer sur la famille et ses problèmes, nous ramenant vers le côté conservateur symbolisé par la grand-mère qui n’aura de cesse de vouloir tout arranger afin de retrouver la parfaite petite famille américaine. On oublie dès lors le côté méchant de Margaret, quasiment inexistant, qui découvre les joies d’être entourée par des gens qui nous aiment tout en subissant des scènes soit disant humoristiques. Une comédie romantique sans gags ne serait plus une comédie sans cela. Le problème c’est qu’il est difficile de rire devant le ridicule des scènes qui n’apportent finalement rien de plus au scénario. Il faut dire que la prestation des acteurs n’aident pas particulièrement : entre une Sandra Bullock quasiment inexpressive et un Ryan Reynolds qui reste correct sans en faire plus, il est difficile de s’attacher et aux personnages et au film.

La Proposition offre donc une histoire passable mais peu passionnante dont la fin dépasse les limites de la crédibilité. Accompagné d’une réalisation simple sans mise en scène particulière, Anne Fletcher nous offre un film qui se laisse malgré tout regarder si on cherche la simple détente, qui en fera rires certains et d’autres pas du tout.

11 mai 2014

Piège pour Cendrillon

Auteur: Sébastien Japrisot

Edition: Folio

Genre: Policier

Date de parution: 1999 

Résumé: Mon nom est Michel Isola
J'ai vingt ans
L'histoire que je raconte est l'histoire d'un meurtre
Je suis l'enquêteur
Je suis le témoin
Je suis la victime
Je suis l'assassin
Je suis les quatre ensemble, mais qui suis-je ?



Piège pour Cendrillon offre un résumé très alléchant qui nous fait d’emblée, avant même d’avoir ouvert le livre, nous poser diverses questions. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis plongée dans cette lecture qui n’a pas été aussi transcendante que je l’espérais.
Le roman débute avec une introduction intéressante qui  nous présente succinctement les deux personnages principaux, Mi et Do, durant leur enfance. Ce rapide portrait pose indirectement les bases de la suite et du drame qui va se dérouler. Le récit reprend alors 20 ans plus tard, mais cette fois-ci à travers les yeux de Mi qui se réveille amnésique dans un hôpital. On troque une écriture distante pour rentrer dans l’intime avec l’utilisation de la première personne, choix assez judicieux car il permet au lecteur de vraiment se connecter avec Mi en partageant ses pensées et doutes. Mais ce choix de style littéraire n’est pas suffisant pour nous faire entrer complètement dans cette histoire.

On suit donc Mi qui se remet doucement de ses blessures dues à un incendie et qui tente de redécouvrir qui elle est à l’aide de Jeanne, cette femme qui a toujours été à ses côtés. Le portrait qu’on dépeint d’elle n’est guère flatteur et Mi commence doucement à se poser des questions : et si elle n’était pas Mi ? Si elle était en fait Do, celle que l’on croit morte dans cet incendie terrible ? Une période d’incertitude débute, accentuée par des révélations qui lui sont faites. On jongle alors entre pseudo enquête pour découvrir la vérité et les relations entre les personnages. Ces relations sont étranges et donnent au récit une ambiance dérangeante tant elles oscillent entre amitié, amour et haine. Elles permettent cependant de faire découvrir les vrais visages de chaque protagoniste, conduisant à un manque de sympathie envers eux.
Le déroulement de l’histoire est bien trop long : on se perd dans des idées et dialogues peu intéressants qui ralentissent la quête de vérité. La fin est par contre intéressante et surprenante puisque l’auteur aura réussi à nous mener en bateau entre les différentes identités possible de la narratrice et nous offre un superbe retournement de situation.

Piège pour Cendrillon offre une étonnante quête d’identité qui possède malheureusement beaucoup de longueurs dues à un style particulier et des personnages très peu charismatiques. La fin est cependant une belle réussite qui vaut bien la lecture parfois fastidieuse du roman.


8 mai 2014

Dix Contes de Magie

Auteur: Jacques Cassabois

Edition: Le Livre de Poche (Jeunesse)

Genre: Conte, Jeunesse

Date de parution: 2008 

Résumé: Qui a dit qu'un bateau ne pouvait naviguer sur terre ? Pourquoi personne ne parvient à faire rire la fille du roi ? Comment un simple bracelet peut-il rendre fort ? Qu'est devenu le garçon qui a été vendu pour un peu de tabac ? Un tour du monde en dix contes, pour découvrir que la magie peut tour à tour enchanter, effrayer... et toujours faire rêver. A côté de la traditionnelle baguette, ces contes nous dévoilent les objets, lieux et mots magiques du monde entier.





Jacques Cassabois revisite à sa manière le monde des contes en nous offrant dix histoires différentes sur le modèle des récits qui ont bercé notre enfance. On retrouve les divers personnages qui peuplent ces mondes féeriques, en passant par les rois/princes et princesses ainsi qu’autres fermiers, ogres et sorcières, le tout agrémenté de magie. Les ingrédients sont là pour nous emmener dans un autre monde, mais l’effet ne prend pas complètement. Les histoires sont pourtant sympathiques, légères et faciles à lire, notamment pour des enfants, et possèdent chacune une petite morale. Malgré tout, il leur manque un certain charme qui provient peut être du style d’écriture de l’auteur.

En effet, Cassabois n’hésite pas à reprendre le style des auteurs d’autrefois pour narrer ses récits mais il ajoute une touche moderne qui casse cet effet de conte « ancien », donnant parfois aux histoires un côté décousu qui déconcerte lors de la lecture.

De plus, si les personnages suivent les codes des contes, il leur manque cependant cet attrait qui en ferait des êtres mémorables, au même titre que Cendrillon, Peau d’Ane ou le Petit Chaperon Rouge.

Au final, on passe un bon moment malgré quelques points faibles, mais la lecture n’en reste pas pour autant mémorable.  


6 mai 2014

Le Roi se Meurt

Auteur: Eugène Ionesco

Edition: Folio

Genre: Théâtre

Date de parution: 1973

Résumé: Pour expliquer le succès du Roi se meurt, on a dit que c'est un classique. Il montre l'homme ramené à sa condition fondamentale. Donc à l'angoisse devant la mort. Cet homme qui parle avec les accents du roi Lear est néanmoins notre contemporain. Il est tellement notre contemporain que son histoire - une existence qui a oublié ses limites - reflète exactement la célèbre « crise de la mort » qui secoue l'Europe de l'après-guerre. Le Roi se meurt n'est pourtant pas une pièce triste. D'abord, parce que l'humour n'y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. C'est également cela, une grande oeuvre classique une leçon de dignité devant le destin.



Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de pièces de théâtre, et il était temps d’y remédier. C’est dans le cadre du challenge ABC 2014 que j’ai choisi de découvrir pour la première fois Ionesco et son théâtre de l’absurde avec Le roi se meurt.

Entre tragédie, comédie et burlesque, nous découvrons la fin d’un roi qui n’a plus qu’une heure à vivre. Ionesco aborde ici un thème important, la mort, et le décortique à sa manière en nous présentant les différentes étapes que nous traversons face à notre fin, du refus en passant par le déni pour arriver à l’acceptation de l’inéluctable. Ionesco parvient à rendre ses différentes émotions à travers des dialogues efficaces et un échange absurde entre le roi Bérenger et les cinq personnages qui gravitent autour de lui. Plus que des seconds rôles, ces derniers représentent la raison, la morale et l’amour qui luttent chacun pour s’imposer. L’opposition entre les protagonistes est  bien amenée et reste particulièrement visible entre les deux femmes de Bérenger. Marie et Marguerite s’affrontent tout au long de la pièce, démontrant par là-même que la raison et l’amour sont en constant conflit dans une pareille situation. Alors que l’amour amène confiance et espoir et ainsi le déni du futur, la raison permet d’accepter la vérité, aussi dure fût-elle.


Si la pièce est très courte et ne comporte qu’un seul acte, elle n’en reste pas moins intéressante et profonde  par la manière avec laquelle nous somme entraînés dans cet instant fatidique. On se surprend à réfléchir sur notre rôle sur Terre et à notre mort prochaine. Le constat reste amer puisque nous revenons à l’idée que l’amour n’est pas le plus fort, que le temps passe inexorablement et que nous n’avons et n’auront jamais prise sur lui. Ionesco prouve que l’absurde n’est pas qu’un genre vide de sens mais bien un moyen différent d’aborder des sujets divers.