13 avr. 2014

Carrie la vengeance

Film américain

Date de sortie:  4 décembre 2013

Réalisé par: Kimberly Pierce

Avec: Chloë Grace Moretz, Julianne Moore, Judy Greer, Gabriella Wilde, Ansel Elgort etc.

Durée: 1h40

Genre: Epouvante-horreur

Synopsis: Timide et surprotégée par sa mère très pieuse, Carrie est une lycéenne rejetée par ses camarades. Le soir du bal de fin d’année, elle subit une sale blague de trop. Carrie déchaîne alors de terrifiants pouvoirs surnaturels auxquels personne n’échappera...


Nouvelle adaptation du célèbre roman de Stephen King, remake de l’excellent film de Brian De Palma de 1976, Carrie la vengeance version 2013 n’est malheureusement pas innovant et s’inscrit dans la lignée des remakes ratés.

Il est vrai qu’il n’est jamais aisé de se démarquer d’une œuvre originale lorsqu’on a affaire à une adaptation ou un remake et que l’on est plus facilement enclin à faire des comparaisons avec les premières versions littéraires ou cinématographiques. On n’échappe hélas pas à ce réflexe ici et ce pour la simple raison que la plupart des scènes sont pratiquement un copié-collé du film de 1976. Pourtant cette nouvelle version semblait vouloir s’éloigner de son prédécesseur en se focalisant sur la relation mère-fille, ce que semblait démontrer une première scène intéressante dans laquelle on peut découvrir la folie religieuse de Margaret White mais également un lien particulier entre elle et Carrie. Cependant l’idée est rapidement délaissée pour seulement resurgir à la fin de manière inopportun et maladroite, versant alors dans une forme de pathos ratée. Le reste du film n’est guère mieux, la réalisatrice se contentant d’emprunter  à De Palma son scénario en contextualisant le tout à coup de téléphones portables et Youtube. Encore une fois l’idée est intéressante mais est tellement mal exploitée qu’elle ne semble n’être qu’un prétexte pour attirer un public plus large et plus jeune.

Les personnages sont eux aussi malmenés et perdent cette intensité que l’on peut trouver dans l’œuvre de l’écrivain et celle de De Palma. Quid de cette idée de passage à l’âge adulte ? On se retrouve avec un simple teen-movie qui ne met en avant que cette découverte des pouvoirs, laissant de côté la psychologie de Carrie et sa détresse. Outre un problème dans l’écriture, c’est aussi le jeu des actrices qui laisse à désirer. Si Julianne Moore est assez convaincante, il reste dommage qu’elle ne se soit pas approprié plus que cela le personnage, se contentant de nous offrir une performance un peu trop académique. Chloé Grace Moretz quant à elle ne parvient qu’à singer l’héroïne ; en plus de son physique qui nous empêche de visualiser la moche Carrie, ses mimiques faciales et gestuelles donnent l’impression qu’elle surjoue mais nous montre surtout son incapacité à faire passer une émotion à travers son regard, notamment la folie lors de la séquence finale.

Cette dernière, point culminant de l’histoire, rate son apogée et nous sert simplement un simulacre de surenchère et un trop plein d’effets spéciaux, comme si l’horreur de ce qui se déroule ne pouvait être montrée d’une autre manière. La réalisation, plate et sans saveur nous offre une scène insipide face au seau lors du bal, moment pourtant plus qu’intense car déclencheur d’une folie explosive. Carrie se transforme alors en un piètre double de Magneto avec ses gestes approximatifs et la vengeance qui débute manque de sincérité et de force. Le final ne relève malheureusement pas le niveau et les changements apportés n’apportent rien de plus au récit.

Carrie version 2013 se contente donc de mettre au goût du jour un film culte qui n’avait aucunement besoin d’un remake, ne prenant jamais de risques que ce soit au niveau du scénario ou de la réalisation plate et insipide. Entre scènes inutiles et prestations pour la plupart médiocres, le film oublie le propos du roman pour nous servir sa propre morale aseptisée à la sauce Hollywood, quitte à oublier le réel sens de l’histoire au profit du spectaculaire qui dénature les personnages et transforme cet énième remake en un pseudo film d’horreur.

11 avr. 2014

Bilan de Mars 2014

Avec un peu de retard, je viens vous faire part de mon bilan du mois passé, pas très florissant hélas. Je n'ai malheureusement pas trop le temps de mettre mes avis sur le blog, j'espère toujours (l'espoir fait vivre) pouvoir rattraper tout cela plus tard.



En attendant, voici mon petit suivi de mars:

Films vus:

- Predator
- Coraline
- Les Cinq Légendes
- La vie est un long fleuve tranquille
- Vengeance par le feu
- Epic
- Frankenweenie
- Carrie, la vengeance
- Happy Feet 2
- Captain America: Le soldat de l'hiver
- Les Stagiaires
- Mes Meilleures Amies


Séries Vues:

- American Dad: 3
- Avatar, le dernier maître de l'air: 32
- Détective Conan: 4
- Fushigi Yuugi: 3
- Grimm: 3
- HIMYM: 4
- Once Upon a Time: 3
- TBBT: 2
- The Crazy Ones: 2


Livres lus: 

- Parker Pyne Investigates (Agatha Christie)
- The Hound of Death (Agatha Christie)
- 10 Contes de magie (Jacques Cassabois)
- Le roi se meurt (Ionesco)
- Denial (Keith Ablow)
- The Legend of Sleepy Hollow (Washington Irving)
- Shutter Island (Dennis Lehane)

7 avr. 2014

American Hustle

Film américain

Date de sortie:  5 février 2014

Réalisé par: David O'Russell

Avec: Christan Bale, Bradley Cooper, Amy Adams, Jennifer Lawrence, Jeremy Renner etc.

Durée: 2h18

Genre: Comédie dramatique, Thriller

Synopsis: Entre fiction et réalité, AMERICAN BLUFF nous plonge dans l’univers fascinant de l’un des plus extraordinaires scandales qui ait secoué l’Amérique dans les années 70. 
Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, se retrouvent obligés par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…



Encensé par la critique, nommé dans dix catégories aux Oscars, American Hustle semble être la dernière perle de la nouvelle coqueluche d’Hollywood, David O’Russel. Le réalisateur d’Happiness Therapy s’attaque ici aux années 70 en s’inspirant de faits réels qui tournent autour d’une belle arnaque digne d’un Scorsese. Sauf que c’est nous spectateurs qui nous retrouvons arnaqués devant un semblant de thriller qui finalement préfère se concentrer sur les diverses relations des différents personnages au détriment de l’histoire originale.

O’Russel nous avait pourtant prévenus : ce n’est pas le scénario qui l’intéresse mais bel et bien ses personnages. Le résultat est malheureusement décevant et se traduit par une histoire brouillonne qui finit par rapidement perdre les spectateurs au bout de quelques scènes. Malgré une introduction intéressante qui met en place l’intrigue, le tout disparaît rapidement au profit des rapports personnels qui s’enchevêtrent dans un jeu mêlant séduction et jalousie, le tout n’étant guère passionnant. L’ensemble est décousu et donne l’impression que les scènes sont jetées à la suite les unes des autres sans réel but ni contrôle. Cette idée de confusion est confortée par une mise en scène, qui malgré un côté un peu trop académique n’a de cesse de jouer sur des gros plans, ajoutant un manque de profondeur et d’inspiration à cette absence de scénario. Il en va de même pour les personnages, grotesques de par leurs frisottis, moumoutes et autres décolletés plongeant dont la personnalité reste fade au possible. Malgré un florilège d’acteurs excellents, ces derniers ont du mal à donner de la crédibilité à leurs protagonistes et ce notamment à cause de dialogues pour la plupart vides de sens et à une mauvaise impression que tous surjouent. On a au final des séquences souvent longues et inintéressantes qui ne semblent avoir pour but que de rallonger le film.

On en oublierait presque que ce dernier n’est pas que de la romance mais aussi un thriller. Si l’idée de l’arnaque revient par touche, nous offrant cependant un beau retournement de situation final, on déplore que la partie de l’opération ne soit pas transcendante mais soit au contraire bâclée et engloutie par ce fatras de mélo. Sous des airs d’années 70 accentués par une belle BO et une photographie qui nous replonge dans ces années passées, on a l’impression de voir un film hybride qui se serait largement inspiré de Scorsese et des films de gangsters pour nous livrer ce qui ressemblerait plus à une mauvaise parodie.

O’Russel nous livre donc un film creux, sans rebondissements, dynamisme ou suspense dont le véritable intérêt n’est pas évident et dont la longueur nous laisse un mauvais goût amer à la suite de son visionnage. Ni réelle comédie, ni thriller, ce film prend comme prétexte une histoire vraie pour nous livrer simplement la prestation d’acteurs en roue libres, ce qui n’est hélas guère suffisant pour faire un bon film.