31 déc. 2014

Le Livre sans Nom

 Auteur: Anonyme

Titre original:  The Book With no Name

Edition: Le Livre de Poche

Genre: Thriller

Date de parution: 2011


Résumé: Santa Mondega, une ville d'Amérique du Sud oubliée du reste du monde, où sommeillent de terribles secrets.
Un serial killer qui assassine ceux qui ont eu la malchance de lire un énigmatique livre sans nom. La seule victime encore vivante du tueur, qui, après cinq ans de coma, se réveille, amnésique. Deux flics très spéciaux, des barons du crime, des moines férus d'arts martiaux, une pierre précieuse à la valeur inestimable, un massacre dans un monastère isolé, quelques clins d'oeil à Seven et à The Ring, et voilà le thriller le plus rock'n'roll et le plus jubilatoire de l'année ! Diffusé anonymement sur Internet en 2007, cet ouvrage aussi original que réjouissant est vite devenu culte.
II a ensuite été publié en Angleterre puis aux Etats-Unis, où il connaît un succès fulgurant.



Le Livre sans nom, écrit par une personne qui tient à son anonymat, est un roman déjanté qui joue sur plusieurs genres pour nous offrir une œuvre hybride décalée mais jouissive.

Le récit nous entraîne dans une petite ville où la morale n’est pas et où tout est permis. Passé une introduction qui démontre toute la violence que l’on va retrouver par la suite, le récit reprend cinq ans après le carnage du Bourbon Kid, tueur aussi mystérieux que ses motivations. La vie a repris son cours depuis, ponctuée par la violence des habitants de Santa Mondega, mais tout bascule à nouveau avec la recherche d’une pierre précieuse dont la valeur va entraîner plus de morts qu’on ne peut en compter. On se retrouve un peu avec un scénario à la Tarantino ou à la Rodriguez, avec des personnages décalés mais attachants à leur manière, et une intrigue qui prend une direction totalement inattendue. Le récit est dynamique et nous présente une succession de scènes excellentes, qui nous entraînent petit à petit vers un univers plus fantastique. Ce mélange de genres n’est pas dérangeant : surprenant au moment de la lecture, mais cela est fait de manière fluide et cohérente, donnant alors un plus au récit.

Ce dernier se divise en plusieurs chapitres, chacun suivant un personnage différent : on a alors un panorama assez complet de ce qui passe dans la ville, et cela confère du peps à l’histoire, l’empêchant de tomber dans l’ennui. Les protagonistes sont eux assez caricaturaux, mais on s’attache malgré tout à eux malgré leurs nombreux vices.

L’écriture reste le point faible du roman, même si correspond parfaitement à l’histoire qui nous est racontée. Simple, crue, violente, elle dépeint parfaitement et les personnages et l’ambiance de l’intrigue. Le problème provient de certains dialogues, maladroits et bancals lorsqu’il s’agit des deux moines. Il est difficile de concevoir que ces hommes de paix changent du tout au tout en moins de 48h et puissent utiliser un vocabulaire vulgaire. Malgré cette petite critique, l’écriture reste plaisante et nous emmène parfaitement à sa suite.

Mixte entre western, fantastique, policier et thriller Le Livre sans nom nous offre une histoire des plus singulières qui nous embarque dans une aventure tordue que l’on suit avec le plus grand plaisir du début à la fin. 


Train d'Enfer pour Ange Rouge

Auteur: Franck Thilliez

Edition: Pocket

Genre: Thriller

Date de parution: 2012


Résumé: Un cadavre en morceaux artistiquement répartis est retrouvé aux environs de Paris. La victime a été décapitée et son corps martyrisé a fait l'objet d'une mise en scène défiant l'imagination. Le commissaire Franck Sharko est dépêché sur les lieux. Les ténèbres, il connaît : sa femme a disparu depuis six mois. Aucun signe de vie, aucune demande de rançon. Et cette nouvelle affaire, en réveillant le flic qui dormait en lui, va l'emmener au cœur de la nuit, loin, beaucoup trop loin...





Pour ma première découverte avec Franck Thilliez je me suis lancée dans ce thriller qui possède tous les ingrédients pour me plaire.

L’histoire est très sombre, et ce dès le départ puisque Thilliez s’en prend déjà à son personnage principal en lui faisant vivre une terrible expérience avec l’enlèvement de sa femme. Le ton est donné, rien ne sera épargné, que ce soit au commissaire Sharko ou au lecteur. Cela se vérifie rapidement avec l’apparition de cadavres dont l’état terrible sera à chaque fois décrit avec une extrême précision.

Le récit est bon, très bien mené malgré quelques facilités à certains moments. On suit avec intérêt l’enquête de Sharko qui prend un tournant perturbant et inattendu. Thilliez veut surprendre et choquer, et il y arrive parfaitement, notamment grâce à son écriture fluide et très visuelle. On sent que Thilliez s’est renseigné et qu’il est pointilleux sur les détails ; on image parfaitement les scènes qui se déroulent sous nos yeux, des plus terribles aux plus anodines. On touche parfois l’insoutenable dans ces descriptions des cadavres qui témoignent de la folie du tueur. Il est dommage par contre que l’identité de ce dernier soit facile à deviner, mais cela n’enlève rien au plaisir de la lecture.

Les personnages sont ici doucement esquissés, notamment Sharko. On apprend à le connaître petit à petit, son caractère comme ses blessures. Il est intéressant et on s’attache rapidement à lui. Les autres protagonistes possèdent eux aussi une part intrigante, rendant le récit plus intéressant.


Train d’enfer pour ange rouge réserve beaucoup de surprises, mais dévoile déjà le talent de Thilliez pour raconter une histoire sordide. Malgré quelques clichés dans le scénario, on dévore ce roman et on en redemande. 



Le Nom de la Rose

 Auteur: Umberto Eco

Titre original:  Il Nome della Rosa

Edition: Le Livre de Poche

Genre: Policier

Date de parution: 1986


Résumé: Rien ne va plus dans la chrétienté. Rebelles à toute autorité, des bandes d'hérétiques sillonnent les royaumes et servent à leur insu le jeu impitoyable des pouvoirs. En arrivant dans le havre de sérénité et de neutralité qu'est l'abbaye située entre Provence et Ligurie, en l'an de grâce et de disgrâce 1327, l'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville, accompagné de son secrétaire, se voit prié par l'abbé de découvrir qui a poussé un des moines à se fracasser les os au pied des vénérables murailles. Crimes, stupre, vice, hérésie, tout va alors advenir en l'espace de sept jours.





Le Nom de la Rose est un roman très intéressant mais aussi très difficile de par les thèmes qu’il aborde. Entraînés au Moyen-âge, nous découvrons tout le savoir d’Umberto Eco sur cette période, notamment sur la religion, l’Inquisition ainsi que les divergences qui naquirent à cette époque. C’est dans ce contexte particulier et assez méconnu que se déroule l’histoire dramatique qui va sceller la vie de plusieurs moines.

Deux choses nous frappent lorsque l’on débute la lecture de ce roman. Il s’agit premièrement du récit et du genre sous lequel il est classé. Présenté comme un roman policier à cause des morts et de l’enquête menée par Guillaume de Baskerville, on a la surprise de découvrir que Le Nom de La Rose est plutôt une fresque historique qui nous plonge dans les questionnements philosophiques de l’époque. Les mystères de l’abbaye ne sont que prétextes à Eco pour lui permettre de développer ses connaissances qui sont précises, intéressantes, mais difficiles à suivre. En effet, la richesse des éléments donnés tout au long de la lecture est compliquée à aborder et à assimiler, et ce souci de crédibilité de la part de l’auteur donne au final une écriture parfois lourde qui peut en rebuter certains.
C’est donc aussi l’écriture qui surprend : le texte est parsemé de citations en latin dont la traduction se situe à la toute fin du roman. Soit on passe notre temps à jongler entre les pages du livre quitte à perdre le fil de notre lecture, soit on continue cette dernière en omettant ces passages dans cette autre langue au risque de passer à côté de quelques chose d’important. La lecture n’est du coup pas vraiment aisée, il est difficile alors de réellement rentrer dans le récit.

Cependant, les personnages sont attachants et on suit avec bonheur le cheminement des pensées de Guillaume, surprenant du début à la fin. On découvre un homme, ancien inquisiteur, qui est étonnement ouvert d’esprit comparé à ses semblables plus terre à terre, dont le seul intérêt à leurs yeux et de suivre avec assiduité la Bible. De ce fait il est plus délicat de s’attacher aux autres moines. Notamment lorsque nous est révélée la réelle raison de toutes ces morts. On tombe des nues face à un raisonnement totalement incompréhensible pour nous, surtout de nos jours.


Le Nom de la Rose est un roman passionnant si l’on s’intéresse à la philosophie et au Moyen-Age, voire à la religion également. Il reste difficile à aborder pour des novices, mais l’érudition d’Eco est contagieuse et on malgré des difficultés dans la lecture, on termine le roman avec plaisir. 



Black Cat T.1


Auteur: Kentaro Yabuki

Type: Shonen

Genre: Aventure, Action

Editions: Glénat

Publication: Terminée => 20 tomes


Résumé: Train et Sven sont des chasseurs de prime. Ils passent leur temps à la recherche de leur "proies" qui leur permettent de vivre. Avant d'être un "Sweepers" Train était le Black Cat, un tueur à gage pour le compte de l'organisation Chronos. En choisissant de les abandonner, Train est depuis recherché par cette dernière...





Ce premier tome du manga Black Cat pose les bases d’un récit pour le moins classique qui reste cependant agréable à lire.

L’histoire suit deux chasseurs de prime, Train et Sven, tandis qu’ils poursuivent des hommes dont la tête est mise à prix. Il n’y a rien de vraiment original jusqu’ici, pas même le fait que Train soit un ancien tueur à gage qui se soit rangé. On retrouve les ingrédients du shonen basique, que ce soit dans le récit ou les scènes d’action. Pourtant, ce premier tome n’est pas mauvais, bien au contraire et on se surprend à le dévorer malgré son manque d’originalité.

Cela provient notamment du charisme des personnages. Train possède une personnalité bipolaire : si la majeure partie du temps il est le joyeux luron du duo il peut devenir froid et dangereux quand il en est nécessaire.  On sent qu’il existe une certaine dualité chez lui qui peut être approfondie par la suite. Sven est lui aussi attachant, avec ce côté charmeur et son code du gentleman. A eux deux on jongle entre humour et sérieux, ce qui donne du rythme au récit. Les personnages féminins qui apparaissent dans ce tome ne sont pas reste elles non plus. En plus d’apporter de la fraîcheur au milieu des scènes d’action, elles sont vraiment intéressantes. Eve reste la plus énigmatique et la plus fascinante à la sortie de la lecture.

Les dessins sont eux aussi bons : Yabuki soigne son coup de crayon ; on a un graphisme propre, plus détaillé que la normale des shonen, et assez réaliste. Il ne faut pas donc pas se fier à la couverture très mauvaise qui ne rend pas compte du talent du mangaka.


Au final, ce premier tome nous présente les personnages et un début d’enjeu, permettant ainsi au récit de se mettre en place pour la suite. 


30 déc. 2014

Trainspotting

Auteur: Irvine Welsh

Edition: Vintage

Genre: Drame

Date de parution: 2004


Résumé: Ils sont quatre amis d'un quartier pourri d'Edimbourg partageant la même passion pour le délire à hauts risques, celui de la piquouse fatale et de l'héroïne, aussi efficacement destructrice qu'une bombe atomique dans un champ de coquelicots. Mais que faire d'autre quand on survit entre vols à l'étalage, assurance chômage, soirées glauques et baston à coups d'aiguilles à tricoter. Entre deux pintes de bière, chacun raconte sa vie et son quartier. Sick Boy qui voudrait travailler, Mark, persuadé de pouvoir décrocher, Spud, niais et complètement paumé et Matty qui ne touche pas à la dope, jusqu'au jour où il se laissera tenter. Pourtant, au milieu du désespoir, surnage une envie de vivre plus forte que tout le reste. S'en sortir grâce à un dernier coup de bluff, tenter le tout pour le tout.





Ayant vu le film il y a quelques années, j’ai eu envie de découvrir l’œuvre originale ; c’est ainsi que je me suis attaquée au roman d’Irvine Welsh, m’attendant à redécouvrir avec plaisir une histoire qui m’avait touchée. Cependant ce ne fut pas le cas, et ce pour diverses raisons.

Contrairement à d’autres romans, Trainspotting est difficile à lire à cause d’une écriture particulière. En effet, Welsh a pris le parti d’écrire en écossais, rendant de prime abord la lecture compliquée. Il devient difficile de vraiment rentrer dans l’histoire quand on passe plus de temps à déchiffrer ce qu’on lit qu’à lire réellement. Ex : “Ah tensed slightly when ah felt him gittin oantae the bed beside us, but ah soon relaxed because he made nae move tae touch us n we wir both fully clathed.” Même si on finit par s’habituer au langage, on a toujours des moments de flottement et où il faut s’y reprendre à plusieurs fois pour réellement comprendre ce qui est écrit.

Si le langage était la seule particularité de ce roman cela pourrait encore aller. Mais Welsh pousse le vice encore plus loin en jouant sur plusieurs niveaux. Il alterne entre plusieurs points de vus, usant pourtant (presque) à chaque fois de la première personne du singulier. Aucune indication n’est présente au départ pour nous indiquer qui parle et il est facile de se perdre entre les protagonistes. Certains passages sont par contre écrits à la troisième personne du singulier, sans raison visible. Welsh passe alors à une écriture anglaise standard, ajoutant encore à la confusion.

Du côté du récit, Welsh dépeint une jeunesse écossaise désenchantée, dont le seul quotidien se résume à l’alcool et à la drogue au milieu de la misère sociale. Des scènes de vie se suivent sans qu’il n’y ait de fil conducteur et on suit ces jeunes désabusés dans leur quotidien misérable. Le langage est cru, la violence est présente que ce soit par les mots ou les actes. Pourtant, malgré leur vie compliquée, il est difficile de s’attacher à ces jeunes. Ils apparaissent antipathiques, même quand leur vie est en danger ou qu’ils sont déjà condamnés par le HIV.


Malgré une critique sous-jacente d’une société en perdition, l’écriture et le manque de sympathie envers les personnages empêchent d’apprécier pleinement ce roman pourtant qualifié de culte par beaucoup. La lecture fut un réel calvaire, et pour une fois je m’en tiendrais au film. 


Monster T.1

Auteur: Naoki Urasawa

Type: Seinen

Genre: Thriller, Policier, Suspense

Editions: Kana

Publication: Terminée => 18 tomes


Résumé: 1986, Düsseldorf, Allemagne de l'Ouest.
Un jour, le Dr Tenma décide d'ignorer l'ordre de son supérieur et sauve la vie d'un enfant. C'est ainsi que commence cette horrible histoire !



Avec ce premier tome Naoki Urasawa nous démontre à nouveau son talent pour créer des récits intéressants avec un fort potentiel de suspense dès le départ.

Le récit se déroule en Allemage, encore alors déchirée en deux, et nous transporte avec ce premier tome dans l’univers médical dans lequel évolue le héros, le docteur Tenma. L’ambiance est déjà lugubre dès le début de la lecture. C’est en effet un sombre portrait des médecins qui nous est fait : tout tourne autour de l’ambition et de l’argent et l’hôpital n’est qu’un terrain de jeu pour assouvir des vices contraires à l’éthique des docteurs. On retrouve un monde semblable à celui de la politique dans lequel Tenma n’est qu’un pion et où il est pris dans un tourbillon malsain de manigances.

Le décor planté est très réaliste avec ce fond polito-médical et ces personnages qui, au premier abord, semble être de simples stéréotypes. Entre le jeune héros surdoué qui revient à son rêve, de grands méchants qui possèdent le pouvoir, une fille gâtée et totalement superficielle, on pourrait avoir l’impression que le mangaka se contente de faire au plus facile. Pourtant, ce n’est pas le cas : Urasawa nous fait déjà sentir que Tenma va évoluer par la suite, au même titre que le récit. En effet, le scénario se complexifie déjà à la fin du tome, soulevant de nombreuses questions et prenant ainsi une tournure totalement différente de ce que le début nous avait offert. L’intrigue apporte du suspense à chaque page, la curiosité est piquée.

Graphiquement, les dessins sont plaisants et soignés. Il y a un sens du détail, et l’univers sombre et mystérieux mis en place par le mangaka est parfaitement reproduit par sa plume et son coup de crayon.

En somme, ce premier tome de Monster pose les bases d’un vrai thriller intelligent qui attise fortement la curiosité. 


Déjà Dead

Auteur: Kathy Reichs

Edition: Pocket

Genre: Thriller

Date de parution: 2000


Résumé: Anthropologiste judiciaire, Temperance Brennan n'aura pas le tranquille week-end qu'elle l'espérait. Convoquée d'urgence, elle doit examiner les restes d'une femme découpée en morceaux, que la police vient de découvrir dans l'ancien parc du Grand Séminaire. A partir de ces éléments macabres, elle tente d'identifier la victime. Les ressemblances entre ce crime et celui d'une jeune fille commis un an plus tôt la persuade de l'existence d'un tueur en série. Cette thèse est d'abord combattue par les policiers mais la découverte d'un autre cadavre réussit à les convaincre. Les meurtres continuent et à la suite d'une erreur du tueur, Temperance se lance sur la piste. Elle ignore encore qu'elle figure en bonne place sur sa liste, comme future victime.





Avec Déjà Dead Kathy Reichs nous plonge dans son monde de l’anthropologie en nous emmenant à la suite de son héroïne, Temperance Brennan, désormais célèbre grâce à la série TV Bones. Il ne faut pourtant pas s’attendre à retrouver l’univers de la série : si les deux femmes partagent le même nom et la même force de caractère, ce sera le seul point commun entre les deux.

En lisant ce roman je n’ai pu m’empêcher de faire un parallèle avec le personnage de Kay Scarpetta de Patricia Cornwell. En effet, que ce soit Brennan ou Scarpetta, elles font toutes deux un métier qui les entoure d’hommes, caractérisés comme de gros machos qui dénigrent leur présence à un poste aussi important et qui doutent de leurs capacités, notamment quand il s’agit de faire le lien entre différents meurtres. En cela j’ai trouvé les personnages trop caricaturés. On joue sur la corde de la femme indépendante mais seule dans un milieu d’hommes, sans appui aucun et qui ne doit compter que sur elle-même pour s’en sortir dans son enquête sur un tueur en série. Certes, le côté bataille contre le machisme n’est pas à dénigrer, bien au contraire, mais le combat est mené de telle façon qu’il n’est au final qu’une excuse pour que l’héroïne se jette dans une enquête, ce qui n’est pas son rôle à la base. On retrouve à nouveau ici aussi un schéma typé années 90 : il n’y a pas un seul meurtre à résoudre, mais bien plusieurs, concernant des femmes ce qui ajoute une très grande probabilité que le tueur s’en prenne à l’héroïne à la fin. Déjà Dead est donc assez prévisible dès le début de la lecture, mais le plaisir reste là car Brennan possède autant de qualités que de défauts, ce qui la rend très proche de nous.

Tout comme son héroïne, le récit possède lui aussi de bons côtés comme des mauvais. L’histoire autour du tueur est intéressante, sa poursuite est plaisante à suivre puisque l’on découvre les cadavres qu’il laisse derrière lui, et les détails ne nous sont pas épargnés. Reichs réussi à apporter de la vraisemblance dans son roman grâce à ce souci du détail. Si cela aide à bien comprendre la folie et la violence du tueur, il n’en demeure pas moins que certaines descriptions de l’auteur sont trop longues et bien trop détaillées, notamment lorsqu’il s’agit des scènes autour du travail de l’os. Ces descriptions techniques rendent la lecture difficile à continuer par moment, et perdent le lecteur. L’écriture devient alors indigeste malgré une plume plaisante dans l’ensemble.


Dans l’ensemble Déjà Dead est un bon polar qui se lit assez rapidement : cependant, si Brennan est attachante, elle peut encore se développer, tout comme le récit peut lui aussi se complexifier plus dans sa trame, ce qui lui éviterait de tomber dans une conclusion un peu trop banale. 


27 déc. 2014

Les Chroniques des Féals T.1: Coeur de Phénix

Auteur: Mathieu Gaborit

Edition: J'ai Lu

Genre: Fantasy

Date de parution: 2003


Résumé: Qui ne connaît pas la Tour Écarlate ? Ce donjon de pierre rouge qui domine le village de Sédénie, au cœur de l'Empire de Grif'. Ici on ose à peine murmurer son nom… Le mystère et la magie qui entourent ces lieux imposent une crainte respectueuse à la population. Ceux qui vivent à l'intérieur ne se montrent jamais. Au plus fort de l'hiver, lorsque la neige a barré l'unique route menant au delà des montagnes, les anciens content les légendes liées à cette tour couleur de sang. Ils évoquent la vision fugitive de silhouettes encapuchonnées dont le regard étincelle comme des rubis. Ils parlent aussi du vol majestueux de créatures de feu qui prennent leur essor depuis le couronnement de la tour. Mais aucun d'entre eux ne connaît la vérité, aucun d'entre eux ne peut l'imaginer… Qui sont ces sages de la guilde qui sont chargés, depuis l'aube des temps, de garder un terrible secret ? Qui sont les phéniciers ? Pourquoi se cachent-ils derrière les murs de cette tour, adeptes mystérieux consacrant leur vie aux fabuleux Phénix ? Januel est l'un de ces disciples. Son talent remarquable lui vaut d'être choisi pour faire renaître le Phénix de l'empereur de Grif'. Cette Renaissance doit sceller l'alliance de l'empire avec les autres pays. Une guerre se prépare. Leur ennemi : la Charogne, le royaume des morts. Mais un événement inattendu va changer la cérémonie en drame et jeter Januel sur le chemin d'une fantastique aventure…





Premier tome de la saga Les Chroniques des Féals de Mathieu Gaborit, Cœur de Phénix nous plonge dans un monde de fantasy où un mal terrible se développe et que seul un jeune homme peut éradiquer.

L’histoire n’a donc rien d’original puisqu’on se retrouve avec le schéma classique du héros destiné à se battre contre le Mal pour faire triompher le Bien. Malgré ce côté quelque peu cliché le récit reste plaisant à découvrir grâce à l’univers intriguant mis en place par l’auteur. En effet Mathieu Gaborit joue sur l’existence de créatures mythologiques et de leurs liens forts et atypiques avec les humains afin de concevoir un monde riche en références mais aussi bien personnel. L’auteur parvient à créer un système particulier dans lequel chaque société fonctionne selon sa relation personnelle avec une créature. Ce concept est intéressant et apporte une touche d’originalité dans cette trame si classique sur d’autres aspects.

Le récit se met doucement en place, prenant le temps de nous présenter les personnages et notamment Januel, le héros. On découvre à travers lui le monde de la guilde, son rapport avec les Phénix et la curiosité est ici bien entretenue. On reste sur ce côté imprévisible et dangereux de cette bête, tout en entretenant son mystère. Cependant Gaborit tombe rapidement dans la facilité en nous offrant une quête dont les évènements sont malheureusement prévisibles. Si la surprise n’est pas au rendez-vous, on ne tombe pas pour autant dans l’ennui grâce aux successions d’aventures qui donnent un certain rythme au récit.

Les personnages, eux, ne sont guère très développés et restent assez caricaturaux dans l’ensemble. Januel est ce héros typique, orphelin, avec un don spécial, naïf et au grand cœur. Il en va de même pour les personnages secondaires dont la personnalité dépend trop de leur rôle dans l’histoire. Il manque de diversité à ce niveau là, ainsi que d’un approfondissement de leur caractère.

Quant à l’écriture, elle est particulière ; si parfois elle est fluide et jolie, elle tombe dans la lourdeur et la répétition bien trop souvent, alourdissant ainsi la lecture.


Malgré quelques défauts dans le développement de ce monde imaginaire, Cœur de Phénix se laisse lire facilement, même si rien n’est au final très innovant dans la trame. La curiosité pousse à finir ce roman, sans pour autant que l’on en sorte euphorique. 


24 déc. 2014

La Fortune des Rougon

Auteur: Emile Zola

Edition: Le Livre de Poche

GenreClassique

Date de parution


Résumé: Issus de la paysannerie enrichie, les Rougon portent en eux l'avidité du pouvoir et de l'argent. Une des branches de la famille, les Macquart, sera marquée par l'hérédité de l'alcoolisme, du vice et de la folie. Le coup d'Etat du 2 décembre 1851 entraîne les Rougon dans la conquête de Plassans, la capitale provençale du roman. La haine de l'empereur pousse Silvère, petit-fils de la matriarche, et Miette, sa femme, dans l'insurrection républicaine. De ces passions et de ces fureurs naîtront cent personnages, et celui, aux mille visages anonymes, de la foule et de la collectivité qui préfigure le XXe siècle.





Ma curiosité m’a cette fois-ci poussée à découvrir un classique de la littérature française : La Fortune des Rougon. Premier tome de la célèbre saga familiale d’Emile Zola, ce roman nous dévoile les origines des Rougon Macquart en nous présentant les premiers membres de cette famille atypique, détestable et attirante à la fois.

Zola nous offre ici une très bonne analyse des hommes et du contexte politique de son époque, analyse qu’il poursuivra par la suite. Si l’on peut lire chaque roman indépendamment des autres, il est intéressant de débuter par celui-ci afin de mieux comprendre l’enjeu généalogique mis en place par l’auteur. En effet, la lutte fraternelle mise en avant dans le récit n’est que la conséquence du mode de vie de l’aïeule Adélaïde. De là en découle des relations complexes, mises en avant par Zola qui prend son temps pour nous dépeindre ses personnages afin que nous puissions mieux comprendre leurs caractères et leurs motivations.

Les personnages sont pour la plupart antipathiques : poussés par la cupidité et le pouvoir, ils agissent en corrélation avec leurs envies et n’hésitent jamais à user de tous les moyens possibles pour parvenir à leurs fins. Malgré leur côté détestable, on s’attache d’une certaine manière aux protagonistes les plus vils : Zola parvient à instaurer de la curiosité avec ce jeu de manigances et on suit avec un grand intérêt les manipulations qui se jouent sous nos yeux. Cependant, certains personnages sont sympathiques et touchants dans leur naïveté : le récit de Miette et Silvère représente cette innocence perdue dans un monde en plein changement et combats. Ils sont également le symbole fort de la république et d’une lutte pour la liberté.

Outre la famille, la politique a une place importante dans le récit, puisqu’elle est au centre de la bataille entre les deux frères, Pierre et Antoine. L’un bonapartiste, l’autre républicain, chacun se bat pour avoir sa place au sein de Plassans tandis que le coup d’état de 1851 par Louis-Napoléon Bonaparte se prépare à Paris. La guerre entre les deux mouvements se retrouve alors à deux échelles différentes.

Souvent qualifiée de lourde, l’écriture de Zola ne l’est pourtant pas dans ce roman. A l’exception de certains passages un peu long, les descriptions minutieuses de l’auteur permettent de mieux s’immerger dans l’histoire de Plassans et de mieux comprendre les tenants et aboutissants d’une guerre familiale et politique, allant parfois même à la poésie.


La Fortune des Rougons pose donc les bases des thèmes principaux de cette fresque familiale, tout en parvenant déjà à développer avec justesse les personnages et leurs liens ente eux et avec la politique. On découvre ou redécouvre une époque riche en rebondissements, ainsi que des personnages intriguant. 


17 déc. 2014

J'irai Cracher sur Vos Tombes

 Auteur: Boris Vian

Edition: Le Livre de Poche

Genre: Contemporain

Date de parution: 2007


Résumé: Si vous le lisez avec l'espoir de trouver dans J'irai cracher sur vos tombes quelque chose capable de mettre vos sens en feu, vous allez drôlement être déçu.
Si vous le lisez pour y retrouver la petite musique de Vian, vous l'y trouverez. Il n'y a pas beaucoup d'écrits de Vian dont il ne suffise de lire trois lignes anonymes pour dire tout de suite : " Tiens, c'est du Vian ! " Ils ne sont pas nombreux, les écrivains dont on puisse en dire autant. Ce sont généralement ces écrivains-là qui ont les lecteurs les plus fidèles, les plus passionnés, parce que, en les lisant, on les entend parler.
Lire Vian, lire Léautaud, lire la correspondance de Flaubert, c'est vraiment être avec eux. Ils sont tout entiers dans ce qu'ils écrivent.Ca ne se pardonne pas, ça. Vian a été condamné. Flaubert a été condamné... Delfeil de Ton.



Après L’Ecume des jours, je voulais découvrir un autre titre de Boris Vian et mon choix s’est porté sur J’irai cracher sur vos tombes car ce titre m’intriguait énormément. Cette lecture fut particulière car Vian aborde des thèmes assez durs qui ne laissent pas indifférents.

L’histoire suit le point de vue du narrateur, Lee Anderson, personnage très flou au premier abord et dont on en apprend plus sur lui et ses motivations au fur et à mesure de la lecture. Lee est un personnage intrigant et ambigu qui entretient avec le lecteur un rapport étroit. En effet, si la narration en « Je » permet une proximité avec nous, son comportement et le fait qu’il ne se dévoile pas entièrement tout de suite mais entretient le mystère autour de sa vengeance nous le rend à la fois distant et proche. Charmant, drôle, attirant et repoussant à la fois on est fasciné par ce personnage qui nous apparaît très sûr de lui dans sa quête de vengeance. Cette dernière reste d’ailleurs un long moment mystérieuse ; Vian prend son temps pour nous la dévoiler, distillant des indices au gré des pensées de Lee qui nous fait part de sa haine. Ce sentiment est le moteur du récit : sans lui, il n’y aurait pas de vengeance.

Ici Vian nous emmène à sa manière sur les traces du racisme aux Etats-Unis, et des conséquences désastreuses qu’il engendre. Il ne nous offre pas un plaidoyer pour la tolérance ou l’acceptation de l’autre, mais se contente de dépeindre l’ignorance et les préjugés qui en sont les conséquences. Ce qui en découle, c’est un jugement sur la simple apparence et cela transparaît notamment dans les scènes de séduction et de sexe. Lee utilise son physique pour parvenir à ses fins, quitte à tomber dans la pédophilie. Rien n’est épargné au lecteur de ce côté-là, tout comme la violence qui s’ensuit. Avec de tels sujets on pourrait s’attendre à ressentir de la sympathie pour certains protagonistes, pourtant leur côté stéréotypé et leur comportement les rend plutôt détestable. On a l’impression de voir un défilé de bêtes sauvages qui laissent leurs désirs contrôler leurs faits et gestes. Entre alcool et sexe, ces jeunes représentent l’insouciance née du pouvoir : pouvoir du blanc sur les noirs, des riches sur les pauvres.

J’irai cracher sur vos tombes dépeint une image négative des Etats-Unis, et d’une société manipulée par ses propres pulsions. La lecture est intéressante, mais difficile pour ces aspects crus. On ressort avec une impression mitigée : c’est choquant mais la curiosité est là et on ne peut s’empêcher de continuer la lecture. C’est un roman qui attire et qui exerce une répulsion à la fois.



6 déc. 2014

Le Tombeau d’Alexandre

 Auteur: Will Adams

Titre original:  The Alexander Cipher

Edition: Harper Collins

Genre: Thriller historique

Date de parution: 2007


Résumé: 318 av. J.-C., désert de Libye: Alexandre le Grand est enterré comme un dieu. Dans un sarcophage de cristal, au fin fond d'un dédale de chambres mortuaires remplies de richesses incroyables: or, diamants, rubis... pour le plus grand conquérant de tous les temps. Il aurait dû y reposer à jamais. Mais l'Histoire en a décidé autrement...
2007: l'archéologue Daniel Knox est sur le point de découvrir la tombe d'Alexandre le Grand, perdue depuis des siècles.
Mais il est confronté à la corruption des institutions égyptiennes et aux idéaux du Macédonien Dragoumis, qui souhaite s'approprier le corps d'Alexandre à des fins politiques. Si la dépouille tombait aux mains des séparatistes macédoniens, la guerre civile serait inévitable. Daniel Knox se lance alors à corps perdu dans la quête du tombeau d'Alexandre. II doit faire vite car il est poursuivi par les hommes de main des séparatistes, prêts à tout pour s'attribuer sa découverte. Même à capturer Gaëlle, une jeune archéologue française dont il est très proche et qui est également la fille d'un vieil ami mort dans des circonstances étranges. Le passé trouble qui unit les deux jeunes archéologues ne facilite pas leurs rapports. Mais le temps presse, et les enjeux dépassent largement le cadre de l'archéologie...



Pour son premier roman, le journaliste Will Adams nous emmène en Egypte à la poursuite du tombeau d’Alexandre le grand, nous offrant ainsi un récit mêlant aventures et éléments historiques qui rendent l’histoire plaisante à lire dans son ensemble.

Dès les premières pages on est entraînés à la suite du héros, Daniel Knox, ancien archéologue qui par un malheureux concours de circonstances va se retrouver à fuir un égyptien, fuite qui va l’amener sur le chemin du tombeau d’Alexandre. L’auteur agrémente ici son histoire par des faits archéologiques qui tendent à rendre le récit plus réel. On apprend alors des choses sur ce grand roi macédonien dont notamment les enjeux qui ont suivi sa mort et la disparition de son cadavre, ce qui rend la lecture ludique tout en restant plaisante. D’ailleurs cette quête couplée d’aventures n’est pas sans rappeler Indiana Jones, les événements surnaturels en moins.

Le récit se veut rythmé au gré des aventures et diverses rencontres qui surviennent ; il n’y a pas de temps mort, le tout s’enchaînant rapidement mais de manière cohérente. Adams a fait le choix judicieux d’alterner entre ses différents personnages, permettant ainsi au lecteur d’avoir une vue d’ensemble sur toutes les intrigues avant que ces dernières ne finissent par converger.

Cependant on peut regretter la facilité dans laquelle est tombé Will Adams. Même si l’histoire est bonne, le tout est trop simple. Les scènes s’enchaînent pour la plupart avec beaucoup trop de commodité ; la chance qui suit le héros est trop présente, cassant cette impression de réalisme donnée par les faits historiques. Quant aux personnages, malgré leur côté attrayants, ils n’en restent pas moins des stéréotypes qui auraient pu être un peu plus développés.

Dans l’ensemble Will Adams rempli sa part du contrat en nous offrant une lecture à la fois distrayante et instructive. Malgré quelques erreurs de parcours, l’ensemble se laisse lire et reste correct pour un premier essai dans le monde de la littérature. 




19 nov. 2014

Challenge ABC 2015 - Thriller, Polar.

Les polars/thrillers étant mes genres préférés, je ne pouvais passer à côté de challenge fort intéressant pour moi. C'est Vepug de Livraddict qui lance ce défi que je vais tenter de relever.





Règlement du challenge

Il s'agit de lire 26 romans des catégories
thriller, policier, espionnage, roman à suspense...
entre le 1er janvier et le 31 décembre 2015
selon le principe "une lettre = un auteur"

*Chaque participant établit une liste de romans policier, suspense, thriller… qu’il souhaite lire. Cette liste contient le nom et le prénom de l’auteur, et, si possible, le titre du roman que l’on veut lire.

Exemple : A = Adler-Olsen, Jussi : Dossier 64

*Chacun à droit à trois tricheries.
Pour les lettres difficiles, comme le Y, on peut utiliser la première lettre du prénom de l’auteur ou une lettre contenue dans le titre (ex : Yeruldelgger de Ian Manook)

*La date limite d'inscription est le 31 janvier 2015. Votre inscription sera validée dés lors que vous aurez établi votre liste et publié un article de présentation sur votre blog.

*Petites infos :
- C'est la première lettre du nom de famille qui compte. Le prénom pourra être utilisé pour une tricherie
- Un auteur anonyme peut convenir pour la lettre A comme pour la lettre X
- Un recueil écrit par plusieurs auteurs peut être mis à la lettre X
- Si vous souhaitez lire un livre qui n’est pas encore paru (par exemple le prochain Chattam) Le préciser : C- Chattam, Maxime : parution 2015.
- Si vous ne savez pas encore quel titre lire… n’indiquez que le nom de l’auteur.
Mais, savoir quel titre on envisage de lire aide énormément à la réussite de ce challenge.



Voici ma liste à lire pour 2015:

- Adams, Douglas: Un cheval dans la salle de bain
- Barclay, Linwood: Cette nuit-là
- Connelly, Michael: La défense Lincoln
- Deaver, Jeffery: meurtre.com
- Ellory, R.J: Vendetta
- Folsom, Allan: Jour de confession
- Grange, Jean-Christophe: Les rivières pourpres
- Hayder, Mo: Birdman
- Izzo, Jean-Claude: Total Khéops
- Jaffe, Michele: Mauvaise fille
- Kempley, Walter: L'ordinateur des pompes funèbres
- Lenormand, Frédéric: Le château du lac Tchou-An
- Mankell, Henning: La lionne blanche
- Neville, Katherine: Le Huit
- Olsberg, Karl: Das System
- Perry Anne, Bedford Square
- Qiu, Xialong: Mort d'une héroïne rouge
- Sire Cédric: L'enfant des cimetières
- Thilliez, Franck: La Forêt des ombres
- Unger, Lisa: Charlene ne reviendra pas
- Vargas, Fred: Dans les bois éternels
- Walters, Minette: Chambre froide
- X: anonyme: L'oeil de la lune
- Young, Karen: Passé meurtrier
- Zaire, Johanna: Sanatorium

15 nov. 2014

Challenge ABC 2015

L'année 2014 touche à sa fin, il est temps de se relancer dans des challenges littéraires. Je réitère l'aventure avec Nanet et son challenge ABC dont voici les modalités:



Le règlement 2015


La version 2015 que je vous propose, consiste à choisir un auteur par lettre, un minimum de 5000 pages pour l'ensemble des livres sauf pour l'option D (2500 - voir plus bas).

Le but reste de marier les styles : un classique, une nouvelle, un auteur étranger, un livre en fantasy, un en SF, un roman, un thriller... (Cette liste n'est pas exhaustive) Sauf pour l’option E (voir plus bas). Un minimum de 5 catégories différentes est demandé pour valider l'inscription (4 en option D)

Les tricheries sont la possibilité de mettre un prénom pour les lettres difficiles. Elles seront décomptées des changements et limitées donc a trois maximum (deux en option D). Si une liste est montée, au départ, avec une tricherie, il ne restera que deux changements possibles.


Les options

Voici les 6 options proposées, mais vous devrez en choisir une et une seule par challenge. Vous pouvez, bien sûr, réaliser plusieurs challenges*.

Vous pourrez changer d'option en cours vers une option A d'année sur demande (sauf pour l'option E ! (voir plus bas) Sauf si vous postez une liste complète de type C en début d’année, il ne sera pas possible de changer vers cette option.

A comme Aléatoire :
Vous avez la possibilité de ne pas fixer votre liste : sifflote : Attention, si cette option peut sembler alléchante, elle est réputée plus difficile : emb : , car, vous n’avez pas de cadre fixe et c’est toujours le nom de l’auteur qui prime. Je vous conseille d’établir une liste de 26 auteurs, que vous changerez à loisir. Vous n’êtes pas obligé de la fournir. Attention, toutefois, au nombre de pages lues : c'est un des points primordiaux, et lorsque vous ferez vos changements, méfiez-vous de ne pas vous retrouver en dessous des 4800 pages nécessaires. Je rappelle qu'en fin d'année, si l'une de ces conditions n'était pas remplie, malgré 26 livres lus, le challenge serait caduc ! Dans cette option, pas de Manga-BD, ni film et pas de tricheries (prénom) possible.


En résumé : Sans liste de départ (donc tout changement possible), pas de manga ni bd ni films, multi catégorie, 5000 pages minimum.


B comme Bi-technologies
: Vous pourrez intégrer à votre challenge, des BD ou manga, des Films. (Un film compte pour 50 pages, quelle que soit sa durée) Pour les BD, le dessinateur compte autant que l'auteur. À vous de choisir la lettre qui vous convient. Par contre pour les films, c'est le réalisateur.


En résumé : liste de départ, 3 tricheries/changements possibles, tous livres permis + films, multi catégorie, 5000 pages minimum.


C comme Complet : C’est le challenge type sur lequel se basent les challenges B, D et E.

En résumé : liste de départ, 3 tricheries/changements possibles, pas de manga ni bd ni films, multi catégorie, 5000 pages minimum.


D comme Demi-challenge : Comme son nom l’indique, c’est la possibilité de partir sur un demi-challenge, soit 13 noms. Les règles restent les mêmes que pour le challenge complet, mais divisé par deux

En résumé : liste de départ de 13 titres, 2 tricheries/changements possibles, pas de manga ni bd, ni films, multi catégorie (4 mini), 2500 pages minimum.


E comme Édition spéciale : Vous pouvez, dans cette option créer une liste en supprimant une des obligations de départ (sauf le nb de pages). Voici quelques exemples de listes :
                     -  Prénoms : seules les initiales des prénoms sont prises en compte,
                      - Mono catégorie : vous choisissez une seule catégorie : classique, histoire...
Cette liste n'est pas fermée, vous pouvez proposer vos idées de listes ! Toutefois, vous ne pouvez modifier qu'une des règles de départ.

[i]Attention, il existe des challenges spécifiques ABC : Challenge ABC Thriller/polar 2015 (par Vepug) & Challenge ABC de l'imaginaire 2015 (par Ptitetrolle) : ici. Ces options ne pourront donc être proposé que dans la version F (D/E) = voir ci-dessous.


F comme Fusion : C'est la grande nouveauté 2015 !  Sur une idée de SuperCherry, je vous propose de marier les options ! Toutefois, trois possibilités de fusions sont admises :
- A/D (demi challenge aléatoire) : aléatoire (pas de liste), 2500 pages, 13 auteurs aux choix avec un seul auteur par lettre (pas possible de lire deux B, par exemple), pas de manga/film/BD, 4 catégories minimum.
- D/B (demi challenge bio-technologie) : liste de 13 auteurs, 2500 pages, manga/film/BD possibles, 4 catégories minimum, 2 bouleversements maximum. 
- D/E (demi challenge avec une mono catégorie) : liste de 13 auteurs, 2500 pages, pas de manga/film/BD, 2 bouleversements maximum.

Si d'autres Fusions sont trouvées, les règles seront adaptées suivant les options fusionnées.


Ayant quelque peu déserté le blog cette année, je suis énormément en retard par rapport à mes lectures 2014, c'est pourquoi je vais choisir l'option Fusion D/B (demi-challenge bio-technologie): je devrais terminer plus facilement.

Voici donc ma liste de lecture choisie pour 2015:

- Anderson, Wes: A bord du Darjeeling Limited; (50 pages) (Film)
- Delaney, Joseph: L'Epouvanteur T.1: L'apprenti épouvanteur; (352 pages) (Jeunesse)
- Ee, Susan: Penryn et la fin du monde T.2 World After; (436 pages) (Fantastique)
- Follet, Ken: Les Piliers de la terre T.1: Ellen; (478 pages) (Historique)
- Hobb, Robin: L'assassin Royale T.1 L'apprenti assassin; (669 pages) (Fantasy)
- King, Stephen: Under the dome; (1072 pages) (Science fiction)
- Masterton, Graham: Le Diable en gris; (333 pages) (Horreur)
- Qiu, Xialong: Mort d'une héroïne rouge; (502 pages) (Policier)
- Sanbe, Kei: Erased T.1; (200 pages) (Manga)
- Urasawa, Naoki: Billy Bat T.1; (186 pages) (Manga)
- Vargas, Fred: Dans les bois éternels; (478 pages) (Policier)

14 nov. 2014

Nuit d'été

 Auteur: Dan Simmons

Titre original:  Summer of Night

Edition: Putnam Adult

Genre: Horreur

Date de parution: 1991


Résumé: L'histoire fait revivre merveilleusement Elm Haven, ville du Middle-West américain dans les années 1960. Une bande de gamins se retrouve mêlée à une histoire de morts-vivants et de monstres hideux et finit, après plusieurs morts horribles, par identifier la source de ce Mal incommensurable qui s'est abattu sur leur ville : Old Central, leur école.





Nuit d’été est un roman fantastique et d’horreur qui nous conduit au cœur d’une petite ville à la suite d’une bande de jeunes copains qui va devoir faire face à une force démoniaque. Résumé ainsi on a l’impression que c’est plutôt It de Stephen King que l’on va découvrir et il est vrai qu’en débutant la lecture de ce roman on ne peut s’empêcher de faire quelques parallèles. Pourtant, malgré les nombreuses similitudes (ainsi qu’un beau clin d’œil avec le château d’eau), Dan Simmons parvient à se démarquer du maître de l’horreur et à implanter son style.

Le décor et l’ambiance sont posés dès les premières pages ; tout en suggérant la nature effrayante de la vieille école, Simmons amorce déjà un premier pas vers l’horreur et le surnaturel qui se découvriront lentement à mesure que l’on avance dans la lecture. L’auteur prend son temps, que ce soit pour présenter ses personnages ou son récit, qui, malgré une excellente idée de départ, se perd parfois dans des descriptions inutiles. Certaines scènes trop détaillées ralentissent la lecture, due à la manie de l’auteur d’insérer des détails supplémentaires et visuels dans une phrase déjà entamée. L’écriture reste cependant agréable avec cette alternance dans le point de vue des protagonistes. En effet chaque chapitre se focalise sur une personne différente et Simmons joue énormément avec nos nerfs en s’arrêtant en plein point culminant d’une scène. Cela donne un rendu assez cinématographique et accentue le suspense bien distillé.

Malgré certains passages lourds le roman se laisse lire facilement, et ce notamment grâce aux personnages auxquels on s’attache rapidement. Du haut de leurs 11 ans, ils nous ramènent en enfance et nous surprennent avec ce contraste maturité/innocence dont ils font preuve. Si s’amuser reste leur priorité, ils n’en deviennent pas moins sérieux quand ils font face à des situations dangereuses. Chacun possède des qualités et des défauts qui nous les rendent proches. Leur témérité, leur courage ne les exempt pas de la peur qui s’installe chez eux inexorablement mais les pousse à réagir et agir en groupes, à les souder face à un même ennemi. Cependant, malgré une peur qui se répand chez les enfants on ne dépasse pas le cadre du stress et l’horreur promise n’arrive pas vraiment.  La fin reste basique, assez prévisible et la tension retombe comme un soufflé.


La lecture reste sympathique mais elle aurait gagné à être moins longue et un peu plus développée en termes d’horreur, notamment vers la fin.



2 nov. 2014

Macabre

Auteur: Stephen Laws

Titre original:  Macabre 

Edition: Presse de la Cité

Genre: Fantastique, Horreur

Date de parution: 1996


Résumé: Pour Tony Dandrige, le cauchemar commence la nuit où, sous la pluie, surgit devant son taxi une jeune femme terrorisée qui serre un bébé dans ses bras. Celle-ci le menace d'un revolver avant de régler sa course et de disparaître avec son enfant. C'est son premier contact avec une victime d'une secte maléfique qui assassine les sans-abris en feignant de leur porter secours. Désormais, attaqué par une mystérieuse créature surnaturelle qui décime ses proches, Tony va lui aussi devenir un fugitif, et découvrir les bas fonds de la ville; où se préparent de sanglantes émeutes et où quelques exclues constituent le dernier rempart contre le déferlement des forces du mal.





Macabre fait partie de ces romans dont le titre accroche l’œil, attise la curiosité. Poussée par sa catégorie « horreur », c’est avec plaisir que j’ai entamé cette lecture qui s’est révélée plus fantastique que terrifiante.

Le récit est sympathique et original et nous plonge dans une lutte frénétique contre une secte sanguinaire. Le début pose bien l’ambiance du roman, sombre et sinistre. On est entraîné à la suite d’un premier personnage qui voit sa vie bouleversée après sa rencontre énigmatique avec une femme et son bébé. Les questions sont soulevées, la fuite pour la survie commence. C’est alors que l’auteur nous surprend en introduisant de nouveaux personnages, toujours de la même façon : une description d’un moment important dans leur vie, qui va la faire basculer dans l’horreur et l’incompréhension. On jongle ainsi entre les divers protagonistes qui font face à des situations particulières. Leurs réactions sont bien rendues et restent très réelles ; leurs personnalités sont attachantes, même s’ils n’évoluent que très peu au fil du roman. Cela n’est pourtant pas dérangeant puisque l’histoire se déroule rapidement, sur un cours laps de temps.

On ne s’ennuie guère durant la lecture : le rythme est soutenu, tout s’enchaîne promptement sans que l’on tombe pour autant dans du bâclé sans forme consistante. L’auteur sait où il veut emmener son lecteur et le fait facilement, usant de procédés fantastiques pour y parvenir. Cependant, malgré une étiquette  « horreur », on en reste loin. Quelques scènes tentent d’apporter une pointe effrayante au récit, sans y parvenir réellement. On ne frissonne pas, on apprécie simplement ce qui se déroule sous nos yeux. La fin, elle, est satisfaisante mais tombe dans une sorte de conclusion stéréotypée et on regrette un peu le manque de prise de risques de la part de l’auteur.


Avec une écriture fluide et simple, des personnages captivant et une histoire bien menée, Macabre nous offre un bon moment de lecture. Il ne faut par contre pas se fier au titre du roman, qui n’a malheureusement rien à voir avec le contenu. 



30 oct. 2014

Kafka sur le rivage

Auteur: Haruki Murakami

Titre original: Umibe no Kafuka

Edition: 10/18

Genre: Fantastique, Contemporain

Date de parution: 2007 


Résumé: Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore. Avant de voir leur destin converger inexorablement et de découvrir leur propre vérité.  





Après les mangas il était temps que je découvre les romans japonais. Mon premier pas dans ce nouvel univers s’est fait avec Kafka sur le rivage de Murakami, une œuvre prenante et poétique.

L’histoire se compose de deux récits au premier abord sans liens mais qui vont se révéler unis par un côté fantastique superbe. On alterne entre deux personnages : Kafka Tamura, jeune fugueur à l’esprit curieux, et Tanaka, un vieil homme aux capacités intellectuelles limitées qui a le don de pouvoir parler aux chats. Ce sont deux protagonistes atypiques auxquels on s’attache dès leur première apparition, qui nous embarquent dans leurs drôles d’aventures, face à leur destin déjà tout tracé. Le premier nous dévoile son histoire petit à petit : Kafka cherche à fuir une prophétie qui n’est pas sans rappeler celle d’Œdipe et cela l’amène à faire de belles rencontres qui vont malgré tout sceller d’une certaine manière son avenir. C’est un garçon calme qui aime découvrir, lire et sait réfléchir posément malgré son jeune âge. Tanaka, lui, nous est présenté de manière plus atypique qui n’enlève en rien à son charme enfantin. Il est emprunt d’une aura mystérieuse et d’une simplicité qui nous le rend tout de suite attachant, malgré une manière de s’exprimer particulière. Sa mission est aussi intrigante que le personnage lui-même et nous invite à ouvrir notre esprit sur un monde plus vaste que celui que nous connaissons.

Le récit se dévoile lentement, prenant le temps de raconter les faits et gestes des personnages sans tomber dans une quelconque lourdeur ou l’ennui. Au contraire, grâce à la superbe plume de Murakami on se laisse guider comme un bateau se laisse porter par l’eau. Une certaine magie se dégage des mots, nous invitant nous aussi à profiter de l’instant présent. L’histoire est parsemée de touches fantastiques qui accentuent le côté poétique du roman, donnant l’illusion que ces phénomènes sont finalement partie intégrante de notre univers et donc normaux. On ne s’en formalise pas plus que les protagonistes et on profite de leurs aventures pour nous évader nous aussi.


Entre culture, musique, philosophie et rêve on est pris dans le sillon de deux vies opposées qui se retrouvent dans leur quête initiatique et on se surprend à poser les poser les pieds sur ce rivage empli de poésie. C’est une œuvre forte que nous propose Murakami, qui nous offre un agréable moment. 



7 oct. 2014

100 Feet

Film américain et hongrois

Date de sortie:  2008

Réalisé par: Eric Red

Avec: Famke Janssen, Michael Paré, Ed Westwick etc. 

Durée: 1h36

Genre: Horreur, Thriller

SynopsisLibérée de prison après le meurtre (en légitime défense) de son mari, Marnie Watson est contrainte de rester chez elle, dans le cadre de sa conditionnelle. C'était sans compter le fantôme vengeur de son époux, toujours présent dans les murs...


Au premier abord 100 Feet;semble n'être qu'un de ces nombreux films jouant sur le fameux thème de la maison hantée, encore et toujours revisité à toutes les sauces inimaginables. Pourtant le scénario tente d'apporter une idée rafraîchissante et innovante en incluant l'idée de la surveillance sous bracelet électronique. Ce dernier symbolise la solitude dans laquelle est l'héroïne: solitude due à son statut de meurtrière, d'habitante isolée chez soi mais également à cause de celui de femme battue, rejetée par tous. Le réalisateur semble vouloir aborder ici une thématique importante et encore trop méconnue, et c'est ce qui fait l'attrait du film. Du moins, au début. Car malheureusement malgré la bonne volonté du scénario le film ne décolle jamais et le thème de la violence conjugale reste à peine effleuré, se contentant de n'être qu'un prétexte pour faire surgir un fantôme violent et rancunier et justifier de la solitude de l'héroïne dans sa grande maison dans New-York.

 L'histoire tombe donc dans un schéma assez classique de persécution fantasmagorique, avec les clichés qui l'accompagne comme les bruits suspects, les apparitions, avec pour différence majeure le fantôme qui bat sa femme. Les personnages n'ont aucun attrait: que ce soit Marnie, son mari mort ou les deux autres personnages secondaires, rien ne va dans leur traitement. On ne ressent pas plus de sympathie pour Marnie malgré sa position délicate, dû en partie au jeu de Famke Janssen, assez superficiel. Le fantôme quant à lui est risible. Son aspect grotesque empêche tout sentiment de peur et ses apparitions sont plus fatigantes que terrifiantes.

La réalisation n'est elle pas innovante et se contente du strict minimum, nous donnant un film au rendu ennuyeux, au contenu presque vide, qui s'oublie rapidement.

31 juil. 2014

L'Héritage, Tome 1: Eragon

Auteur: Christopher Paolini

Titre original: Inheritance, book 1: Eragon

Edition: Corgi Books

Genre: Fantasy, Jeunesse

Date de parution: 2005


Résumé: Un garçon...
Un dragon...
Une épopée...

Voilà bien longtemps que le mal règne dans l'Empire de l'Alagaësia... Et puis, un jour, le jeune Eragon découvre au cœur de la forêt une magnifique pierre bleue, étrangement lisse. Fasciné et effrayé, il l'emporte à Carvahall, le village où il vit très simplement avec son oncle et son cousin. Il n'imagine pas alors qu'il s'agit d'une œuf, et qu'un dragon, porteur d'un héritage ancestral, aussi vieux que l'Empire lui-même, va en éclore... Très vite, la vie d'Eragon est bouleversée. Contraint de quitter les siens, il s'engage dans une quête qui le mènera aux confins de l'Alagaësia. Armé de son épée et guidé par les conseils de Brom, le vieux conteur, Eragon va devoir affronter, avec son jeune dragon, les terribles ennemis envoyés par le roi dont la malveillance démoniaque ne connaît aucune limite.
Eragon n'a que quinze ans, mais le destin de l'Empire est désormais entre ses mains !



Premier tome de la série à succès de Christopher Paolini, Eragon nous présente un récit de fantasy assez classique puisque le pitch pourrait se résumer à l’éternelle lutte du bien contre le mal que l’on retrouve dans de nombreux romans. Malgré ce rapide résumé, c’est bel et bien l’emballage autour qui fait de l’histoire son originalité.

Ici, force est de constater l’imagination débordante de Paolini qui malgré son jeune âge au moment de l’écriture nous démontre un certain talent dans la création du monde d’Alagaësia. C’est un univers complet dans lequel nous pénétrons à la suite d’Eragon, jeune fermier dont la vie va être bouleversée après sa découverte d’une pierre étrange. Dès l’introduction Paolini parvient à instaurer une ambiance mystérieuse qui ne lâchera pas le lecteur durant tout le récit. Ce dernier est bien mené et ne se perd pas en digression. L’auteur sait où il veut en venir et y conduit son lecteur en jonglant entre aventures et rencontres parmi lesquelles il distille avec justesse les éléments importants qui nous conduisent à comprendre les tenants et aboutissants de l’histoire d’Alagaësia. Les évènements s’enchaînent assez rapidement et ne laissent pas de temps à l’ennui, tout en restant cohérent.

Une palette de personnages différents défile tout au long des pages, avec des caractères variés,  ce qui enrichie la lecture d’une autre manière. On n’échappe pas au stéréotype du héros trop gentil au cœur pur, avec un Eragon simple au début, parfois énervant dans ses discours ; mais il évolue déjà  beaucoup dans ce premier tome suite à ses nouvelles expériences et grandit petit à petit. Le personnage de Saphira est atypique et très intéressant et apporte une touche de sagesse complémentaire de celles d’autres humains. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, et tous apportent leur pierre au récit. On peut par contre regretter une vision trop manichéenne avec cette délimitation entre gentils/méchants et donc l’absence de personnages vraiment ambigües.

L’écriture quant à elle reste agréable, malgré toutefois quelques longueurs ou quelques soucis de descriptions qui n’aident pas réellement à visualiser la scène, comme notamment la taille de Saphira.

Dans l’ensemble ce premier tome est attrayant et se laisse lire facilement. On passe un bon moment aux côtés des héros et la curiosité est assez présente pour pousser à lire la suite.


14 juil. 2014

Rainbow, Tome 1

Auteur: Masasumi Kakizaki, George Abe

Type: Seinen

Genre: Tranche de vie, Suspense

Editions: Kaze

Publication: Terminée => 22 tomes


Résumé: On les surnomme Anchan, Joe, Mario, Suppon, Baremoto, Biceps et Chou-Fleur.

Ce sont sept adolescents qui, en cette année 1955, vont devoir apprendre à cohabiter ensemble dans la même cellule de la maison de correction de Shio.
Prisonniers d'un enfer dont les barreaux sont constitués d'acier mais aussi de souffrance et d'humiliation, ils attendent qu'une lueur d'espoir apparaisse dans ce monde carcéral ténébreux, comme un arc-en-ciel qui surgirait après la pluie.



Avec ce premier tome qui lance la série Rainbow, le mangaka Masasumi Kakizaki et George Abe nous entraîne dans un Japon d’après guerre qui peine à se remettre de sa défaite et de ses blessures. C’est dans ce contexte difficile que l’on fait la connaissance des sept personnages principaux, jeunes garçons récidivistes envoyés dans une prison pour délinquants.

Dès le début on est entraîné dans une ambiance à la limite du malsain qui engendre déjà des sentiments chez le lecteur, de l’incompréhension face à certaines réactions à la colère devant des comportements abjectes. Le ton est donné en quelques pages et il n’est guère joyeux. D’abord parias, rejetés par une société qui les avait déjà pour la plupart abandonnés une première fois, voilà les héros face à la pire facette de l’humanité dans cette prison où vices et violences dominent.  
Ce premier tome esquisse l’enfer de la prison à travers notamment deux rôles symboliques, le médecin et le gardien qui détient tout pouvoir. On joue sur les apparences et rien n’est alors ce qu’il paraît être comme l’indique le dévoilement, encore léger, des sept jeunes. Si l’on apprend déjà des choses sur leur passé, l’auteur s’emploie pourtant à délayer de l’espoir dans ce monde terrible et parvient à démontrer la force que possèdent les héros en incluant un début d’amitié et la notion de respect entre eux. Les personnages sont bien dépeints et sont intéressants. On sent déjà les possibles changements que leur nouvelle vie va leur apporter.

Du côté du graphisme, Kakizaki possède un agréable coup de crayon qu’il maîtrise parfaitement. Les détails sont soignés et le tout donne un rendu très réaliste qui accentue le côté terrible de l’histoire.

Comme tout premier tome, celui-ci plante parfaitement le décor d’un récit dramatique sur fond historique. Les ingrédients sont tous présents pour donner envie de lire la suite. 



4 juil. 2014

La Tombe des Lucioles

Auteur: Akiyuki Nosaka

Titre original: Hotaru no Haka

Edition: Philippe Picquier

Genre: Nouvelle, Contemporain

Date de parution: 1998


Résumé: L'histoire d'un frère et d'une soeur qui s'aiment et vagabondent dans l'enfer des incendies tandis que la guerre fait rage ; une histoire qui est celle que Nosaka vécut lui-même, âgé de quatorze ans, en juin 1945. Le traducteur, Patrick De Vos, décrit son écriture comme un brassage de toutes sortes de voix, de langues, la plus vulgaire comme la plus classique, où se déverse par coulées enchaînées les une aux autres le flot ininterrompu des images. " Ce sont ces images que l'illustrateur Nicolas Delort fait naître, avec un réalisme stupéfiant, elles restituent toute la profondeur dramatique de cette période, la tendresse des liens qui unissent les deux enfants, l'intensité poétique et visionnaire du texte de Nosaka.



La tombe des lucioles est un recueil de deux nouvelles traitant chacune à leur manière de la Seconde Guerre Mondiale au Japon.

Première nouvelle semi-autobiographique, La tombe des lucioles est terrifiante sous couvert de poésie. Orphelins, Seita et Setsuko sont livrés à eux-mêmes durant les bombardements de 1945 et doivent faire face à la misère et la faim qui a saisi le pays. Malgré un contexte plus que difficile, Seita tente par tous les moyens de protéger sa petite sœur des horreurs qui les entourent.
Le récit révèle ici toute sa beauté dans ce lien qui unit les deux frère et sœur. Il est difficile de ne pas être touché par cette histoire des plus poignantes qui prend sa source dans le passé même de l’auteur. A travers sa plume on découvre un Japon brisé aux habitants laissés pour compte. L’indifférence dont ils font preuve est troublante, parfois incompréhensible notamment quand il s’agit du personnage de la tante. Pourtant l’auteur décrit tout cela sans rancune ; son but n’est pas d’accabler mais bel et bien de décrire la situation. Cependant, si l’émotion est présente, elle est contrastée par un style d’écriture vraiment particulier parfois froid, hachée, jonglant entre dialogues et descriptions sans forme précise. L’histoire aurait gagné en intensité, déjà bien présente, avec un style plus poétique et plus structuré.


La seconde nouvelle, Les Algues d’Amérique, se situe après la guerre alors que le Japon est en pleine reconstruction. On suit un homme, Toshio, dont les souvenirs de la guerre refont surface alors que sa femme s’apprête à recevoir des américains. La rancœur de la défaite parcourt les pages tandis que Toshio se laisse emporter par le flot des souvenirs en même temps que son rôle d’hôte. Ce récit est plus difficile à aborder tant l’écriture semble fouillis. L’auteur alterne entre passé et présent sans aucune indication, nous perdant dans une lecture difficile, voire laborieuse. Au final cette nouvelle dégage moins d’émotions comparée à la première.