29 janv. 2013

The Collector

Film américain

Date de sortie: 2009

Réalisé par: Marcus Dunstan

Avec: Josh Stewart, Andrea Roth, Madeline Zima, Daniella Alonso etc…

Durée: /

Genre: Horreur

Synopsis: Un escroc, ayant un besoin urgent d'argent, entre par effraction dans la maison de campagne de son patron. Mais, bientôt, celui-ci réalise que la famille a été enlevée par un tueur ayant placé des pièges mortels partout dans la maison.



Des gens coincés avec des pièges mortels, tout ça sous le regard d’un tueur… ça ne vous rappelle rien ?
Et oui, impossible de ne pas penser à Saw en voyant ces éléments réunis. Et pour cause, puisque le réalisateur Marcus Dunstan n’est autre qu’un des scénaristes des 4 derniers Saw. Après la saga de Jigsaw et une trilogie autour de bêtes mangeuses d’hommes (Feast), Marcus et son comparse Patrick Melton continuent leur lancée dans les films d’horreur avec The Collector.

Pour sa première réalisation, on pourrait penser que Dunstan ne se foule pas vraiment en reprenant le concept de Saw, mais ça serait conclure un peu trop rapidement. Malgré une hypothétique ressemblance, The Collector possède sa propre identité, et ce, grâce notamment au tueur psychopathe qui est bien moins clément  que pouvait l’être la petite marionnette sur son tricycle.

Le scénario du film n’est pas exceptionnel et pourrait même tenir sur un post-it. Malgré sa légèreté, il nous propose une idée intéressante, assez bien développée, qui nous plonge dans un huit-clos où l’angoisse et le sadisme sont au rendez-vous. Tandis que le début traîne assez en longueur, et ce malgré une présentation assez succincte des personnages principaux, la suite  se révèle un peu plus prenante, réservant même quelques jolies petites surprises.




Ainsi donc on suit les pas du héros qui, venant comme une fleur pour dérober un bijou, se retrouve bien vite coincé dans la maison de son patron, qui, accueillante et chaleureuse de jour, s’est transformée en véritable antre du diable, avec des pièges mortels à chaque recoin. On se retrouve alors dans un huit clos, jonglant de pièces en pièces tandis que le héros tente de ne pas être découvert par l’être sadique qui a posé tout ses pièges. Un jeu de chat et de souris commence dès lors,  rendant l’atmosphère tendue et angoissante à la fois pour le héros mais aussi pour le spectateur. Car chaque pas, chaque objet touché peut signifier la mort du personnage. Cette tension nerveuse est accentuée par la photographie du film, sombre et glauque, ajustée d’un filtre vert quand on passe à la cave. La cave. Le lieu maudit, où il se passe toujours quelque chose dans les films d’horreur (des corps, un puits terrible, les outils du tueur etc.). Cette pièce n’échappe pas à cette règle et c’est ici que les pires atrocités ont lieu, sur les personnes des membres de la famille. On retrouve dans ces scènes l’esprit tordu des Saw, un goût prononcé pour le sadisme qui tend inévitablement vers le gore.

Mais l’intérêt du film ne passe pas par ces scènes, mais bien par ses personnages. Le héros, loin d’être le bon petit samaritain que l’on rencontre habituellement, est un escroc en proie au doute au vu de la situation. Lui-même pris par le temps, il hésite entre partir ou sauver les habitants. Ses actes sont dictés par son propre rapport à la réalité de ce qui se passe, ce qui le rend plus humain que les éventuels preux chevaliers toujours promptes à sauter à la gorge du tueur pour sauver la vierge effarouchée. L’autre personnage intéressant n’est autre que le tueur lui-même. Vrai psychopathe, on ne connaît rien de lui : ni son nom, ni sa voix, ni son visage. Il n’a aucune identité propre, ce qui le rend extrêmement effrayant. De ce fait, il est au même niveau qu’un Jason ou Michael Myers, dont la seule présence suffit à faire frissonner, caractérisé lui aussi par un masque mais également par ses yeux qui luisent d’une intensité inquiétante. Pas la peine de lui chercher une raison pour les meurtres : il assouvit, en bon psychopathe, ses propres envies de jouer avec des humains.




A travers une réalisation classique, on découvre un assez bon film, qui se laisse regarder sans pour autant qu’on puisse crier au film révolutionnaire. Même s’il y a de bons points, il connaît quelques longueurs, notamment au début, et une fin plutôt décevante qui laisse présager une suite (The Collection). On peut également voir à travers ce film une version plus morbide et gore de Maman j’ai raté l’avion. Malgré ça il reste assez divertissant, surtout pour les fans de tortionnaires.

24 janv. 2013

Hitchcock

Film américain

Date de sortie: 2012

Réalisé par: Sacha Gervasi

Avec: Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson, Jessica Biel etc...

Durée: 1h38

Genre: Biopic

Synopsis : Alfred Hitchcock, réalisateur reconnu et admiré, surnommé « le maître du suspense », est arrivé au sommet de sa carrière. A la recherche d’un nouveau projet risqué et différent, il s’intéresse à l’histoire d’un tueur en série. Mais tous, producteurs, censure, amis, tentent de le décourager. Habituée aux obsessions de son mari et à son goût immodéré pour les actrices blondes, Alma, sa fidèle collaboratrice et épouse, accepte de le soutenir au risque de tout perdre. Ensemble, ils mettent tout en œuvre pour achever le film le plus célèbre et le plus controversé du réalisateur : PSYCHOSE.



Pour son premier long métrage de fiction, Sacha Gervasi (Anvil : The Story of Anvil, scénariste de The Terminal) met en scène le scénario de John J. McLaughlin qui s’inspire du livre Alfred Hitchcock and the making of Psycho, de Stephen Rebello. Même si ce biopic est loin d’être commun, puisqu’il ne s’attarde que sur une partie de la vie du maître du suspense, il n’en reste pas moins que cela reste un exercice difficile. Et avec Hitchcock, on se rend très vite compte que n’est pas réalisateur de génie qui veut.

Alors que le résumé nous prépare à assister à la création du premier slasher, la réalité du film est tout autre et nous présente une histoire sur un couple en difficulté.

Le film commence pourtant bien : on remarque avec plaisir un excellent clin d’œil à la série Alfred Hitchcock présente, nous laissant présager un bon moment à passer. On a ensuite droit à la genèse de Psycho, mais revisitée rapidement, trop rapidement car on se focalise bien vite sur la vie matrimoniale du couple Hitch/Alma, et plus précisément sur Alma. Cette dernière, qui semble fatiguée de l’obsession de son mari pour les blondes, se détache pour s’attaquer à un sujet sans rapport avec Hitchcock. Et voilà que le mari se transforme en homme jaloux, qui compense se délaissement par la boisson et la nourriture. Nous voilà donc en plein téléfilm du dimanche, suivant les déboires amoureux d’un homme et de sa femme, tout cela ponctué par des scènes tendant à montrer l’avancement de la réalisation de Psycho. Cela donne un résultat mou, fade, sans saveur, et ce malgré les bonnes prestations des acteurs.

Car le problème réside bien dans le scénario. Alors qu’il y a pourtant matière à sujet, tous les points intéressants concernant le réalisateur et son film sont tout simplement survolés. Il est bien connu qu’’Hitchcock avait une part sombre : ce côté obscur est mentionné dans le film, à travers des visions qu’il a sur Ed Gein, ce célèbre tueur en série qui a inspiré Norman Bates. Cela ajoute une touche psychopathe au réalisateur, sans pour autant que cela soit exploité plus profondément.

Sa relation controversée avec ses acteurs/rices est elle aussi à peine évoquée, comme le démontre la scène ou Vera Miles mentionne cet état de fait à Janet Leigh. Le but de la scène ne semble être un prétexte que pour montrer la célèbre ombre du réalisateur, sans plus.

Tout comme le scénario, les personnages eux-mêmes manquent de profondeur. Ce que l’on pouvait attendre de ce film, c’était justement une revisite de l’homme Hitchcock, cet homme mystérieux : mais ce que Gervasi nous offre n’est qu’une esquisse du réalisateur à travers ses manières et expressions. Soulignons ici l’excellente interprétation d’Anthony Hopkins, qui a su revêtir les habits du maître. Aidé par des prothèses pour le physique, il n’en reste pas moins qu’Hopkins parvient à être convaincant à travers l’accent so Bristish, cette allure hitchcockienne et les différentes mimiques. Mais malgré toute la bonne volonté de l’acteur pour rendre crédible son personnage, il manque une certaine profondeur inexistante dans le scénario. On pourra faire la même remarque à tous les autres personnages, à l’exception peut être d’Helen Mirren, qui parvient à rendre plus vivant son personnage.

Mais à travers ce portrait dressé de ces deux personnages haut en couleur, c’est l’importance de la femme derrière l’homme qui est mis en lumière, et c’est ce que l’on pourrait reprocher à Gervasi : donner autant de place à Alma. Loin de remettre en doute son importance dans la réalisation des films, Gervasi donne ici l’impression qu’Hitchcock n’est capable de rien sans l’aide de sa femme : il en résulte un personnage apathique, qui ne semble même plus s’intéresser au plus grand projet de sa carrière. On a l’image d’une coquille vide, sans idées ni envie, ce qui pour moi reste exagéré.

On soulignera également l’absence de Patricia, la fille du couple, qui a pourtant participé au projet, ayant même un petit rôle dans Psycho.

Hitchcock n’apporte donc rien de nouveau de ce que l’on pouvait connaître du maître du suspense. Loin de prendre des risques, Gervasi se contente de servir du réchauffé, sans éveiller l’intérêt du spectateur. Les points positifs que l’on retiendra malgré tout sont ces clins d’œil au début et à la fin, l’humour noir très British ainsi que les scènes relatives à la réalisation de Psycho : entre les problèmes liés à la censure (nudité, mort par couteau, toilettes tirées etc) et les scènes cultes reprises (la douche, la découverte de la mère), on a quand même notre petite dose de curiosité assouvie.

On terminera par cette réplique intéressante :


"That, my dear, is why they call me the master of suspense.”

4 janv. 2013

The Game

Film américain

Date de sortie: 1997

Réalisé par: David Fincher

Avec: Michael Douglas, Deborah Kara Unger, Sean Penn...

Durée: 2h08

Genres:  Thriller dramatique / Mystère

Synopsis: Nicholas Van Orton, homme d'affaires avisé, reçoit le jour de son anniversaire un étrange cadeau que lui offre son frère Conrad. Il s'agit d'un jeu. Nicholas découvre peu à peu que les enjeux en sont très élevés, bien qu'il ne soit certain ni des règles, ni même de l'objectif réel. Il prend peu à peu conscience qu'il est manipulé jusque dans sa propre maison par des conspirateurs inconnus qui semblent vouloir faire voler sa vie en éclats.



Deux ans après le remarquable Se7en, Fincher se replonge dans le thriller avec The Game qui partagea critiques et spectateurs lors de sa sortie.

Avec ce film, nous avons le parfait exemple de la subjectivité chez les uns et les autres : en effet, tandis que certains déplorent le manque de qualité au niveau du scénario, du jeu d’acteur ou de la réalisation, d’autres on été, au contraire, ravis et enchantés par cette métaphore du cinéma et cette perte de la réalité.

Car The Game, c’est avant tout la manipulation du spectateur à travers son personnage principal, Nicholas Von Orton. Seulement obnubilé par son travail, ce dernier vit dans une routine qui le laisse seul. Sa vie, marquée par une tragédie qui le hante, est vide de sens, comme le démontre le début du film. Mais quand son frère débarque avec pour cadeau d’anniversaire un jeu étrange, la vie de Nicholas est irrémédiablement bouleversée.

Ce qui apparait comme un jeu inoffensif va vite se transformer en un effroyable cauchemar. La compagnie du jeu s’immisce rapidement dans la vie d’Orton et cette intrusion marque  le début de l’enfer pour le héros. Que se passe-t-il ? Qui est cette compagnie ? Que veut-elle ? Telles sont les questions qu’il se pose, tout comme le spectateur. Car le tour de force de Fincher ici est bien de mettre le spectateur au même niveau qu’Orton, sans lui donner aucune indication sur ce qui est en train de se passer. La frontière entre le jeu et la réalité semble disparaître, comme le laisse supposer l’affiche du film et l’image du puzzle qui entache le visage d’Orton. Cela passe par différents niveaux dans le film : d’abord une intrusion de domicile, avec l’apparition d’un clown pour sonner le début du jeu, et on enchaine avec des scènes qui montent en tension. Orton se retrouve à courir pour sa vie, dépassé par les évènements. Chaque nouveau personnage rencontré se transforme en potentiel ennemi, la paranoïa gagne le héros, tout comme le spectateur.

L’atmosphère devient plus oppressante alors que la fin arrive, et le final que nous offre Fincher est renversant par la conclusion donnée et inattendue.

La tension qui habite ce film est parfaitement rendue par la photographie très gothique, qui n’est pas sans rappeler Se7en. Cette image noire et glauque prédomine tout le long, donnant l’impression de danger qui parcourt la ville de San Francisco et qui poursuit Orton.
Quant à Michael Douglas, le rôle lui convient parfaitement : un personnage qui ne sourit pas, est un tant soit peu antipathique : il incarne tout à fait cet homme irritant au possible.

Le seul vrai bémol provient de la bande son. L’utilisation du piano rend un effet loin d’accompagner un thriller ; trop calme, elle pèse parfois dans les scènes importantes.

A travers la manipulation qui règne en maître dans le film, on a affaire à une métaphore sur le cinéma : ce dernier doit constamment innover afin d’amuser la populace, au risque de la perdre dans les méandres de l’ennui.


The Game est un très bon film, qui malgré quelques défauts, parvient à divertir en amenant le spectateur à sa suite.

2 janv. 2013

Combustion

Auteur: Patricia Cornwell

Titre original: Point of Origin

Traducteur: Hélène Narbonne

Edition: Calmann-Lévy

Genre: Policier, Thriller

Date de parution: 1998

Résumé : Un tueur machiavélique, qui se sert du feu pour couvrir la trace de ses crimes : aux yeux de Kay Scarpetta, cela pourrait n'être qu'une enquête de plus. Mais elle acquiert la conviction que son ennemie mortelle, Carrie Grethen, évadée de sa prison new-yorkaise, est mêlée à ces meurtres. Lorsque Carrie prend pour cible sa nièce, Lucy, l'enquête revêt une dimension personnelle, et la tragédie la rattrape...



Neuvième tome de la série des « Scarpetta », Combustion apparaît comme avoir à offrir une histoire bien alléchante : quoi de plus attrayants que des meurtres cachés auxquels vient s’ajouter une vieille ennemie ? Cela semble promettre de l’action et une atmosphère oppressante. Pourtant ce n’est pas tout à fait le cas, et on peut ressortir de cette lecture un peu frustré, même si notre attente de suspense reste toute fois comblée.

Cela tient en premier lieu du style de l’écriture : en se servant de la première personne du singulier, Cornwell expose l’histoire à la trame des pensées et des émotions de son héroïne.  Le point positif de cette utilisation, c’est que le lecteur est au même niveau que Scarpetta, sans plus de connaissances sur le tueur ou ses intentions. Cela confère une dimension légèrement angoissante avec à tout moment cette idée de sursis qu’installe la menace invisible de Carrie.

Cependant, ce « je » omniprésent finit par lasser au fur et à mesure que l’on peut avancer dans la lecture, car à trop être focalisé sur les pensées et ressentis d’un personnage, on perd de vue le point essentiel d’un livre policier : l’enquête qui mène au tueur. Ici, tout se joue au niveau psychologique et repose essentiellement sur la menace fantôme de Carrie. Ce personnage, développé dans des précédentes histoires, apparaît comme intéressant, car retors, machiavélique et surtout très intelligent. Malgré ce portrait attrayant, le personnage de Carrie restera jusqu’au bout dans l’ombre : cette Némésis si dangereuse n’apparaît pas une seule fois physiquement dans le livre, concluant une tant attendue confrontation par une scène plutôt expéditive, lourde de frustration.

Une autre déception vient du personnage de Lucy, cette nièce menacée qui semble sous exploitée. Elle semble d’ailleurs ne servir qu’à angoisser plus Scarpetta plutôt qu’avoir un vrai rôle constructif.


En résumé, je dirais que ce livre est assez inégal. Le trop plein de psychologie au détriment de l’enquête et des meurtres donnent parfois une impression de lourdeur, de longueur au récit. L’attente d’un point culminant et décisif n’étant pas réellement comblée, on peut se demander quelle était l’utilité de reprendre le personnage de Carrie. Il en résulte malgré tout quelques passages sympathiques, qui nous poussent à continuer la lecture.