25 nov. 2012

Crimson Shell

Auteur: Mochizuki Jun

Type: Shonen

Genre: Action, Drame, Fantastique 

Editions: Ki-oon

Publication: Terminé => One shot

Résumé: Puissante sorcière, la jeune Claudia doit tout au mystérieux Xeno, qui l’a aidée à apprivoiser ses pouvoirs quand tous autour d’elle avaient renoncé. Elle a désormais trouvé sa place au sein de Crimson-Shell, une organisation qui lutte contre les agissements d’un scientifique fou. Mais lorsque Xeno trahit Crimson-Shell, le monde s’écroule autour de la jeune fille. Cernée par le danger, confrontée à des apparences souvent trompeuses, parviendra-t-elle à percer le secret de Xeno ?



Première œuvre de Mochizuki Jun, Crimson-Shell n’est pas sans rappeler celle majeure de l’auteure, Pandora Hearts. Les familiers de ce titre ne pourront d’ailleurs pas s’empêcher de dresser quelques parallèles entre les deux mangas, que ce soit au niveau des personnages, du design ou de l’histoire.

Avec Crimson-Shell, la mangaka nous présente une première histoire prometteuse, mais qui possède néanmoins quelques défauts. Ainsi, le scénario nous propose un récit qui semble bien maitrisé et qui ne laisse pas la place à des quelconques longueurs puisque tout s’enchaîne rapidement. On peut donc saluer ce point qui se prête parfaitement au format de one-shot du manga, mais c’est également une des faiblesses de l’histoire. En effet, avec cet enchainement rapide de nombreux aspects du récit sont à peine survolés tels que les faits qui sont expliqués grossièrement ou les personnages à peine esquissés. Ces derniers n’ont aucune profondeur et le lecteur n’a pas le temps de s’attacher à l’un ou l’autre. En fait, le seul aspect vraiment développé reste les sentiments de l’héroïne envers son ami Xeno car elle semble baser ses initiatives là-dessus.

Côté graphisme, les dessins sont pas mal et on sent l’auteure qui a trouvé son style, mais qui tâtonne encore. De plus, si on a déjà lu Pandora Hearts avant ce one-shot, on s’aperçoit que les personnages entre les deux œuvres se ressemblent énormément, pour ne pas dire qu’ils sont les mêmes.


Certes on ne s’ennui pas en lisant Crimson-Shell car l’action et les révélations se suivent sans laisser au lecteur le temps de souffler. Mais au final on ressort avec un petit arrière goût de déception car on a plus de questions à la sortie que de réponses. De  mon avis, cette histoire aurait mérité d’être un peu plus développée. Malgré tout, cela reste un bon divertissement qui pourrait s’apparenter à une ébauche de Pandora Hearts et en dépit des défauts le potentiel de la mangaka ressort très bien.

4 nov. 2012

Brave 10

Studio: Tms 

Année de production: 2012

Genre: Historique

Nombre d'épisodes: 12 (30 min)

Manga: Brave 10

Auteur: Kairi, Shimotsuki.

Synopsis: 1599. Le Japon est divisé en une myriade de provinces indépendantes qui se livrent une guerre impitoyable pour le pouvoir. La violence n’épargne personne et même la déesse Isanami se voit contrainte de fuir pour échapper aux vandales qui ont profané son temple. Elle rencontre alors le rônin Saizo Kirigakure qui l’accompagne jusqu’à Shinsu, où elle doit voir le puissant Yukimaru Sanada. D’abord réticent, ce dernier accepte finalement d’assurer sa protection quand il comprend que la mort de la jeune fille signifierait la disparition de son clan. Il fait donc appel à dix puissants guerriers : ceux là même que la légende a immortalisé par le nom des dix guerriers de Sanada.



Avec Brave 10, Kairi Shimotsuki nous plonge à la fin de l’ère Sangoku et nous présente une nouvelle version de la légende du célèbre samouraï Yukimura Sanada qui s’était démarqué lors de la bataille de Sekigahara (1600) et de la défense d’Osaka (1615). Son courage fut relaté dans de nombreux récits durant la période Edo, et encore aujourd’hui il inspire de nombreux auteurs tant au niveau littéraire (La Geste des Sanadas) que manga (Samurai Deeper Kyo, Gate 7, Sengoku Basara).

L’histoire de Brave 10, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ne raconte pas les faits héroïques de Sanada et ses guerriers, mais se concentre plutôt sur l’envers du décor et la manière dont Sanada a recruté ses 10 braves. D’un point de vue scénaristique, ce changement de perspective est intéressant, surtout quand le fantastique se mêle de  la partie. C’est d’ailleurs ce qui fait le point fort de cette série : d’une part parce que l’on découvre les personnages l’un après l’autre, mais aussi parce que le fantastique confère une dimension originale et renvoie d’une certaine façon au monde des légendes et des mythes. Ainsi déesse et pouvoirs magique sont mêlés au monde japonais encore féodalisé, sans que ce côté magique ne prenne pour autant le pas sur le côté historique. Au contraire, sa présence reste minime et sert surtout lors des combats entre les différents protagonistes. En effet, on remarque rapidement que chaque personnage possède une sorte de pouvoir propre correspondant souvent à des éléments de la nature (feu, eau, vent, glace, éclairs etc), et qui définit également son caractère. Aspect intéressant mais hélas trop peu développé. On finit par avoir des héros sympathiques mais stéréotypés, avec un énorme potentiel mais qui restent seulement esquissés car trop nombreux. On n’échappe d’ailleurs pas au héros ténébreux, je-m’en-foutiste au début qui se révèlera un être un grand cœur, preux chevalier qui partira au secours de sa belle qui n’est autre que la jeune fille pleurnicharde, casse-pieds qui énerve facilement le spectateur.

On perçoit tout cela également dans l’animé, qui même en étant assez court avec 12 épisodes, rend parfaitement cette histoire. Le graphique est plaisant, la réalisation assez claire avec une dynamique appréciable surtout au niveau des combats, qui montrent bien un autre fait historique : la rivalité entre samouraïs et ninjas. On peut noter aussi les musiques qui savent rendre l’atmosphère des scènes qu’elles illustrent. Pourtant, Brave 10 est loin d’être un manga formidable. En effet, l’histoire s’enchaîne bien trop vite et même si on ne se perd pas trop en digression car on reste centrés sur Isanami, c’est avec le trop plein de personnages qu’on est noyé. Le plus gros défaut de ce manga reste toutefois la fin, bâclée d’une manière peu plaisante. Entre précipitation qui gâche les scènes les plus importantes et un dénouement assez fade qui laisse présager une suite, on ressort de ce visionnage avec un léger goût amer.

Ce qui est dommage vu le potentiel du scénario de base et les personnages. Il n’en reste pas moins que Brave 10 se laisse regarder, mais ses défauts en font un manga parfaitement oubliable.