22 juil. 2012

Teen Wolf

Film américain

Date de sortie: 1985

Réalisé par: Rod Daniel

Avec: Michael J. Fox, James Hampton, Susan Ursitti, Jim MacKrell...

Durée: 1h32

Genre: Comédie / Fantastique

Synopsis: cott Howard est un lycéen assez mal dans sa peau. Un soir lors d'une fête il commence a se transformer en loup-garou. Ceci va être alors remarqué par tout ses camarades de lycée qui plus tard n'y prêteront même plus attention. Mais cela va le rendre populaire et va alors utiliser sa popularité pour devenir le petit ami de la fille la plus convoité dans son lycée.
  


Avant d’être une série, Teen Wolf est avant tout une comédie fantastique datant des années 80. Pur produit de cette décennie, ce film se destine d’abord à un public d’adolescent, de par sa forme et son fond. On retrouve un Michael J. Fox sur le point d’être consacré avec Retour vers le Futur dans le rôle d’un adolescent confronté à des changements plus que bouleversants. Cette comédie n’a pourtant rien d’innovant puisqu’elle suit le schéma habituel d’un teen-movie classique.

Le héros, Scott Howard, est un jeune lycéen pris dans les tourments de l’adolescence. Loin d’être populaire, il est le sous-fifre de la star du lycée qui va se transformer en une grosse brute et rival. Comme tout bon film d’ado, Scott est accompagné d’un meilleur ami assez exubérant qui n’est autre que le rigolo de service, ainsi que d’une amie qui n’a pas l’air indifférente à ses charmes. Mais Scott n’a d’yeux que pour une magnifique camarade, qui est bien entendu la copine de son ennemi. Si le scénario reste basique, la forme est différente : tout d’abord le film se concentre énormément sur le basket-ball, puisque ce sport sera le deuxième facteur changeant de la vie de Scott. Ensuite, le fantastique est introduit à l’histoire : Scott découvre qu’il est un loup-garou, fait génétique dans sa famille. Sa vie va ainsi basculer et notre héros va gagner en popularité, mais d’une manière peu conventionnelle.

Ce film n’est pas seulement une comédie pour nous changer les idées : au contraire, c’est une réflexion sur l’adolescence et il aborde des sujets intéressants et importants dans la vie de tout adolescent. La transformation en loup-garou n’est qu’une métaphore pour parler des changements physiques qui accompagnent la puberté ainsi que des relations qui se tissent entre élèves. Scott va mettre en avant son changement pour devenir une superstar du basket, mais quel est le prix de tout ça ? Est-il obligé d’être en loup-garou pour réussir ? A travers ces changements hormonaux et sociaux, Scott va comprendre qu’il suffit d’être soi-même pour réussir dans la vie : il faut s’accepter tel que l’on est. Telle est la morale du film. Pourtant, le film va plus loin puisqu’à travers le basket-ball et le loup-garou star, c’est un problème de racisme qui est sous-jacent. Le fait que tout le monde accepte la particularité du héros montre une ouverture d’esprit qui n’est pas forcément présente dans la vie réelle. Ainsi, en plus du fait de devoir s’accepter tels que nous sommes, avec les changements que la vie nous apporte, nous devons aussi apprendre à connaître et accepter les autres, quelle que soit leur origine.

Cette comédie est sympathique, mais la réalisation n’aide pas à l’avancée de l’histoire. Elle est trop basique, trop souvent coupée par des matchs de basket qui durent une éternité pour que le plaisir du film soit bien présent. Côté prestation, il n’y a rien à dire sur Michael J. Fox toujours aussi parfait dans ses rôles. On retiendra le maquillage plutôt déluré pour le loup-garou, qui ressemble plus à un gentil toutou qu’à un vrai loup-garou. On est très loin de Hurlements de Joe Dante, mais c’est sûrement la comédie qui veut ça.


Loin d’être exceptionnel, ce film se laisse voir et on passe quand même un bon moment.

16 juil. 2012

Descentes d'organes

Auteur:  Brigitte Aubert

Editions: Seuil

Genre: Policier

Date de parution: 2001

Résumé: Le gardien de la paix Marcel Blanc, qui n'a pas oublié la triste affaire du " Couturier de la Mort ", continue d'avoir l'œil : un tueur en série est si vite arrivé ! Pas de chance, c'est encore lui qui va découvrir les corps soigneusement éviscérés d'hommes dans la force de l'âge.

En dépit des efforts de la police, l'arracheur de viscères reste introuvable. Ce gros malin vit discrètement entre son frigo rempli de morceaux d'intestins, les clous rouillés qu'il aime s'enfoncer dans le nombril, et son métier de pianiste de jazz. Et tandis que l'enquête piétine, les cadavres sans entrailles commencent à sentir mauvais.



Rares sont les auteurs français que je lis, surtout en section policier. C’est avec Ténèbres sur Jacksonville que j’avais découvert Brigitte Aubert, un livre fantastique intéressant et bien écrit. Sa suite, La Morsure des Ténèbres, s’était au final révélée totalement catastrophique et c’est avec un peu d’appréhension que je me suis plongée dans la lecture de Descentes d’Organes. Il faut dire que la quatrième de couverture était assez alléchante puisqu’elle nous propose une enquête sur un mystérieux tueur qui évide ses victimes telles de vulgaires poissons. Si l’histoire paraît intéressante, le contenu au final n’est qu’une élucubration de scènes plus stupides les unes que les autres, nous faisons nous demander si nous n’avons pas affaire à un auteur novice. Rien ne va, que ce soit au niveau des personnages, de l’écriture ou de l’évolution de l’intrigue.

Côté personnages, c’est un défilé de stéréotypes qui s’affiche sous nos yeux. Entre les lieutenants stagiaires incapables et le capitaine pervers, acariâtre et stupide on n’est pas vraiment au bout de nos peines. Seul le gardien de la paix Marcel Blanc, affublé d’une magnifique moustache, relève un peu le niveau. Et où est donc la logique ici ? Certes il est intéressant d’avoir un gardien de la paix en héros, mais de là à devoir discréditer l’équipe policière en charge de l’enquête (et donc censée être compétente dans ce domaine), on frôle le ridicule. Enfin, on plonge dedans à grands sauts, puisque Lola Tinarelli et Laurent Merrieux sont deux bras cassés. Tandis que la blonde pulpeuse se fait voler son sac à main avec son arme à l’intérieur et se retrouve avec un nez cassé, son collègue préfère jouer au profiler novice en communiquant avec Quantico, quand il ne joue pas à Lara Croft sur son ordinateur.

On se retrouve à mille lieux d’un polar digne de ce nom. La cohérence de l’histoire ne tient qu’à Marcel, qui comprend comme par magie que si l’on repêche un corps dans la mer, on a du jeter ledit corps à partir d’un bateau sans moteur pour ne pas se faire repérer dans la nuit. Simple logique qui ne vient à l’esprit de personne. Rajoutons un tueur presque crédible dans sa folie, mais qui devient totalement pathétique lors du dénouement. Qui plus est, rien n’explique comme il faut pourquoi il tue de cette façon. On ne peut lui enlever qu’il reste le personnage qui fait avancer l’histoire, grâce à ses meurtres, mais l’histoire peine à décoller et on s’ennui du début à la fin.

Pour terminer, même l’écriture est plate, presque enfantine. Entre dialogue ridicule ou peu crédible, des descriptions simples et sans saveurs, on se perd. Surtout quand au milieu on retrouve les pensées d’un tueur mort, mais qui est coincé dans le corps de Lola sans qu’elle ne le sache. Et n’oublions pas que sa présence n’apporte absolument rien à l’enquête.


Descentes d’Organes est un livre qui ne vaut absolument pas la peine qu’on l’ouvre, sous peine de mourir d’ennui et de frustration.

6 juil. 2012

Old Boy

Film coréen

Date de sortie: 2003

Réalisé par: Park Chan-Wook

Avec: Min-sik Choi, Ji-tae Yu and Hye-jeong Kang etc.

Durée: 1h59

Genre: Drame/Thriller

Synopsis: 1988. Oh Daesso est kidnappé par des inconnus en sortant de chez lui. Après avoir perdu connaissance il se rend compte qu'il est emprisonné, quelque part. Tous les jours, il est nourri et lavé. Après une tentative d'évasion et une tentative de suicide qui échouent, il se rend compte qu'il n'a même plus la liberté de se donner la mort. 2003 : Après s'être évanoui, Daesso réalise qu'il vient d'être relâché. Il a sur lui un portefeuille, de l'argent et un téléphone portable qui va se mettre à sonner. La voix à l'autre bout du fil donne le départ d'un terrible jeu : "Tu dois maintenant chercher qui je suis et pourquoi je t'ai emprisonné pendant 15 ans".



Deuxième film d’une trilogie basée sur le thème de la vengeance, Old Boy est une œuvre forte qui ne laisse pas indifférents les spectateurs : que l’on aime ou pas, on ne ressort pas tout à fait intact du visionnage de ce film.

La force d’Old Boy tient en plusieurs points. Tout d’abord son histoire, d’une implacabilité déconcertante. Alors que la première partie nous plonge dans la perplexité, la suite va se révéler d’une ingéniosité frappante. Dès le début on se retrouve au même niveau que le héros, Oh Dae-Su, dans l’incompréhension de ce qui lui arrive : pourquoi se fait-il enfermer ? Pourquoi l’empêche-t-on de se suicider ? Et enfin, pourquoi le relâche-t-on ? Toute la complexité du film se résume par ces questions. Tandis que la chasse à la vengeance débute le film prend peu à peu une tournure déroutante qui va nous plonger dans les méandres d’un drame qui tournera à l’horreur.

Cette vengeance est un périple qui oscille entre la vie et la mort, comme le résume la simple image d’un homme sur une chaise, suspendu dans le vide. Un compte à rebours est lancé : Oh Daed-Su n’a que cinq jours pour trouver qui est derrière son calvaire qui a duré quinze ans. Son seul indice est un proverbe : « Le caillou et le rocher coulent dans l’eau de la même façon ». Les portes du passé vont devoir s’ouvrir devant cette course frénétique, et la vérité va éclater telle une bombe. Choqués, nous le sommes tout autant qu’Oh Dae-Su, car ce qui se cache derrière son emprisonnement défi les codes moraux et les pensées bienséantes, mais surtout touche presque au ridicule. L’ampleur des conséquences est disproportionnée par rapport au passé, et l’on ne peut s’empêcher de juger de folle la personne qui s’en prend au héros. La fin nous laisse pantois, désarçonnés : tout comme Oh Dae-Su nous nous sommes laissés entraîner dans la folie patente d’une personne et nous avons été manipulés comme de vulgaires marionnettes.
La vengeance est double dans Old Boy, mais surtout elle marque à jamais les personnes qui tentent de s’en acquitter. Les personnages sont prisonniers de cette envie et n’ont aucun moyen de s’en sortir : ils sont sienne à jamais. Ce qui m’amène au deuxième point fort du film : la prestation des acteurs, et de Min-sik Choi en tant qu’Oh Dae-Su. Il campe à merveille cet homme brisé, à la frontière de la folie et de l’animalité. Cheveux ébouriffés telle une crinière, yeux perçants, allure chaloupée d’un chasseur : tout en lui sonne comme un prédateur dans un corps d’homme prêt à sauter à la gorge du premier venu. Sa prestation est d’une justesse imparable. Alors qu’il aurait été facile de tomber dans le grotesque, comme c’est souvent le cas dans ce genre de films, Choi sait maîtriser son rôle à la perfection. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste et tous nous offres des personnages pris dans les tourments de la vie, si réels et humains de par leurs défauts et leurs choix. C’est une œuvre complexe et humaine que le réalisateur nous offre ici, rendue prenante par la réalisation qui fait la part belle à la violence. Mais sous les coups et le sang, c’est un romantisme qui transparaît, sur un fond de drame Shakespearien. On le ressent surtout grâce à cette BO magnifique, qui contraste grandement avec les images et nous propose une vision poétique de l’histoire.




Déroutant et brillant sont deux adjectifs qui, selon moi, caractérisent parfaitement ce film. On oscille entre vengeance et pardon, violence et amour tout comme le héros. Park maîtrise son film d’un bout à l’autre, et c’est une œuvre magistrale qu’il a su nous présenter.