30 janv. 2012

Lindsay Sterling

Une amie m'a, il y a peu, fait découvrir cette artiste musicale qui m'a conquise dès la première écoute. Lindsay Stirling joue du violon hip-hop, tout en dansant en même temps. Elle s'est présentée en 2010 à America's Got Talent, et est allée jusqu'en finale. Elle possède une fraîcheur et une énergie débordante qui attirent l'oeil immédiatement. Elle compose elle-même ses oeuvres, et les fait découvrir par le biais de YouTube, dans des mises en scène sympathiques.


Voici donc mes coups de coeur:







Team America: World Police

Film américain

Date de sortie: 2004

Réalisé par: Trey Parker

Avec: Trey Parker, Matt Stone, Kristen Miller

Durée: 1h37

Genre: Animation / Action / Aventure

Synopsis: Team America est une unité d'élite qui se bat sous toutes les latitudes pour assurer notre sécurité. Apprenant qu'un dictateur mégalo s'apprête à livrer des armes de destruction massive à une organisation terroriste, le groupe se lance une fois de plus dans la bataille...




Trey Parker et Matt Stone sont deux joyeux lurons qui n’ont pas leur langue dans leurs poches et ils nous le prouvent assez avec South Park. Une fois encore, ils se lancent dans la critique de leur pays et de leur société, mais cette fois à travers un film délirant, décapant et cynique. Ils ne font pas dans la dentelle, et n’hésite pas à cracher sur la politique de Bush ainsi que les militants pacifistes, en passant par le cinéma hollywoodien et quelques acteurs incontournables. La forme diffère de South Park et de ses petits enfants politiquement incorrects, mais le fond reste le même. On oublie les animations par ordi et on se lance dans une réalisation avec des prises de vue  réelles et des acteurs… spéciaux, puisqu’il s’agit de marionnettes. L’effet rendu est étonnant et super.

Les héros font partie d’une organisation secrète, la Team America, dont le but est de combattre le terrorisme dans le monde entier, et ce en employant des moyens radicaux. Ils représentent le stéréotype de l’américain patriote, défenseur de la liberté et aveugle au point d’utiliser des méthodes destructrices. Et les stéréotypes ne s’arrêtent pas là, au contraire, ils sont le moteur de ce film. C’est cette dérision qui fait le bonheur de nos petits yeux.




Ainsi on retrouve ce ton moqueur dès la première séquence du film qui se déroule à Paris. La ville est représentée par ses symboles, telle que certaines personnes la visualisent : la Tour Eiffel est à côté de l’Arc de Triomphe ainsi que de Montmartre. Les trottoirs sont pavés, les mimes hantent chaque coin de rues, les voitures sont des DS (pas toutes, heureusement), les femmes ont leur petit foulard qui cache et protège leurs cheveux, les hommes le béret. Le petit garçon porte un uniforme comme on n’en fait plus et s’appelle Jean-François. Voici le portrait d’une France un peu restée en arrière. Et le drame survient, puisque des méchants arabes terroristes veulent faire sauter notre belle capitale. Eux non plus n’échappent pas à la règle du stéréotype : ils sont basanés, avec des turbans, une barbe et des yeux méchants ! Et ils parlent arabe… enfin, disons plutôt qu’ils parlent le terroriste avec 3 mots qui se courent après : « bakadja, mohamed jihad, durka. » Alors que les parisiens tremblent de peur, sans défense, la Team America débarque avec ses gros souliers, heu pardon, avec ses armes et bazooka, prête à défendre la veuve et l’orphelin contre la menace terrible qui pèse sur Paris. Là où des commandos choisiraient une tactique plus subtile la TA préfère foncer dans le tas : et oui, c’est bien connu, on ne combat pas des terroristes sans détruire une ville. Adieu donc Paris, tu étais une magnifique capitale. Bien sûr les membres de la TA sont heureux d’avoir accompli leur mission et ils crient de joie face aux décombres fumants des bâtiments parisiens et aux mines déconfites des habitants. Mais ô malheur ! Un des terroristes n’était pas tout à fait mort et tue un des membres de la TA.

Jésus Marie Joseph, c’est la fin de tout, c’est un sacrilège impardonnable, une abomination qui s’est déroulée. Il va falloir donc remplacer ce membre tant apprécié, mais qui choisir, et sera-t-il accepté ? Le choix du superviseur de la TA se porte sur un acteur en pleine gloire, qui possède ses propres démons. Rejeté par un membre dès la première rencontre, sous le charme de la belle blonde qui ne veut plus d’aventure amoureuse depuis la mort de son fiancé, faisant craquer la brunette par son charme et en proie avec ses propres démons intérieurs, le héros ne sait comment faire face à tout ça. S’ajoute à cela la plus grande menace terroriste qui existe en la personne de Kim Jong (ancien dirigeant de la Corée du Nord) et la menace des pacifistes. Car oui, l’action menée par la TA à travers le monde n’est pas bien vue en Amérique.



Voilà donc le cocktail qui fait de ce film une petite merveille dans le monde de la parodie. Car oui, Parker et Stone ne s’en prennent pas seulement aux héros et aux terroristes, mais ils s’amusent également des défenseurs extrémistes qui prennent les traits des acteurs militants pour la paix. Le nom de la guilde des acteurs est équivoque : F.A.G (Film Actors Guild) qui signifie pédé. Alec Baldwin, président de cette guilde, s’en prend plein la tronche, comme ses camarades Helen Hunt, Samuel L. Jackson, Liv Tyler, etc.,  et Michael Moore qui n’hésitera à se sacrifier tout en s’empiffrant. Le plus marquant restera Matt Damon, dont la profondeur des dialogues nous touche énormément.

Tous y passent, et tout ça dans une merveilleuse parodie de films d’actions. On reprend les codes du genre au service de l’humour : explosions à gogos, un amour qui semble impossible, un héros torturé qui doutera, mais qui finira par prendre la bonne décision et sauvera tout le monde du grand méchant.  Certaines scènes restent mémorables : la transformation de l’acteur en terroriste pour jouer son rôle à fond, une scène de sexe comme on en a jamais vu sans un X sur le film, et des scènes de combat dignes de Kill Bill. Le dernier point positif est la bande-son : écrite et interprétée dans sa presque totalité par Trey Parker lui-même. Mélangeant rythmes entraînant (rock) et ballades douces et romantiques, il nous offre des chansons étonnantes auxquelles il est important de prêter attention aux paroles.




Bref, ce film est une réussite : la réalisation, les marionnettes, la musique, le scénario et les dialogues sont tous très bien soignés. On passe un excellent moment et on se fend la poire à presque chaque scène. Regardez le vite !

27 janv. 2012

Warrior

Film américain

Date de sortie: 2011

Réalisé par: Gavin O'Connor

Avec: Joel Edgerton, Tom Hardy, Nick Nolte, Jennifer Morrison...

Durée: 2h20

Genre: Action/ Combat / Drame

Synopsis: Ancien Marine brisé, Tommy Conlon rentre au pays et demande à son père de le préparer pour un tournoi d’arts martiaux mixtes qui lui permettrait de gagner une fortune. Personne ne sait ce qu’il espère faire de cet argent. Le propre frère de Tommy, Brendan, décide lui aussi de s’engager dans la compétition pour essayer de sauver sa famille. Entre les deux frères, les années n’ont pas adouci les rancœurs.

Immanquablement, les routes de Tommy et de Brendan vont bientôt se croiser. Au-delà de l’affrontement qui s’annonce, pour chacun, quelle que soit la cause qu’ils défendent, il n’est pas seulement question de remporter un prix, mais de mener le combat d’une vie…





Rares sont les films de combat que j'ai pu voir au cours de mes petites séances cinéma. Rocky et quelques une de ses suites étaient les seuls jusqu'à ce jour à avoir la chance d'apparaître sur un de mes écrans. Et voilà qu'on me propose de voir Warrior. Bah, pourquoi pas après tout, c'est un film, j'aime bien élargir mes horizons, alors c'est parti, on le lance.

 Après la boxe et autres arts que l’on a pu découvrir (enfin, moi pas encore) dans différents films comme Rocky, Raging Bull, The Wrestler et Fighter, c’est le MMA (Mixed Martial Arts) qui est à l’honneur dans Warrior. Mais qu’est-ce que c’est que ce truc me demandez-vous ? Et bien c’est une discipline dans laquelle les deux combattants se battent dans « l’hexagone » (une sorte de cage à poule) ou sur un ring et où presque tous les coups sont permis : coups de pieds, poings, genoux, coude etc., où on mêle des pratiques d’autres sports de combat : boxe, catch…, mais avec quelques règles quand même.

Le film, comme la plupart des ses prédécesseurs, ne tournent pas autour des combats, mais bien de ses protagonistes dont la bataille sera une finalité pour atteindre un but recherché. C’est donc bien le drame familial qui donne le ton à Warrior, avec comme fond, une réalité bien contemporaine entre une guerre qui n’en finit pas et une grave crise économique. Malgré ce contexte, O’Connor ne tente en aucun cas de dénoncer la situation de ces personnages, des actions américaines ou autres. Il reste toujours concentré sur la sphère familial qui a engendré un plus grand drame dans la vie de deux frères.
  
 La première partie du film pose les bases du drame, dévoilant les protagonistes et leurs blessures. Tommy Conlon est un ex-marine, qui vient de rentrer de la guerre. La première personne à qui il rend visite est son père, qu’il n’avait plus revu depuis l’adolescence. En effet, il avait quitté le domicile familial avec sa mère afin de fuir la vie terrible qu’ils menaient avec un alcoolique horrible. Tandis que les reproches fusent, on apprend que le père est sobre depuis longtemps et qu’il tente de faire amende honorable de son passé, chose qu’il ne parvient pas à atteindre avec ses fils. Tommy est revenu pour lui demander une chose : qu’il le coach pour un tournoi de MMA.

De l’autre côté, on a Brendan Conlon, mari et père de famille aimant. Il gagne sa vie en étant prof, mais lui et sa femme ont du mal à joindre les deux bouts. Etant également un adepte des combats, il va se battre au black pour tenter de gagner plus d’argent. S’étant fait prendre, il est suspendu pendant 6 mois sans soldes, et va donc se présenter au même tournoi que Tommy.
  
On va apprendre que ces frères ne se parlent plus, pour des raisons que je ne dévoilerais pas. On se doute qu’ils vont finir par régler leurs comptes à la fin, sur le ring, c’est totalement prévisible. Car oui, Warrior n’est pas du tout innovant, et ne possède pas non plus une réalisation hors du commun. Pourtant, ce film est efficace et va ravir bon nombre d’entre vous, grâce à la prestation des acteurs principaux. Tom Hardy est tout simplement stupéfiant. Il faut dire que le physique y fait beaucoup, l’acteur s’étant transformé en armoire à glace qui d’un simple coup d’œil parvient à vous mettre mal à l’aise. Joel Edgerton est sur la même lignée de jeu, en moins baraqué. Le père, joué par Nick Nolte, nous émeut malgré son passé d’ivrogne notoire. On a beau savoir ce qu’il était et ce qu’il a fait, l’acteur parvient à nous le faire prendre en pitié. Ce trio brille au-dessus de l’histoire, rendant le film intéressant. Le seul problème reste la femme de Brendan, joué par Jennifer Morrison. Ce personnage est sous-traité et ne sert pas à grand-chose.

C’est dans la deuxième partie du film, centrée sur le tournoi, que Warrior atteint son paroxysme, puisque les sentiments vont s’amplifier en même temps que les combats.

Ce film est à découvrir, surtout pour le jeu que les acteurs proposent. On passe par de nombreux sentiments, on se rapproche des personnages, comprenant leurs motivations.


Tom Hardy nous prouve qu’il est un acteur d’exception, Nick Nolte nous offre une prestation qui l’a nomé aux Oscars. Quant aux combats, ils sont très réalistes, et m’ont confirmés que je n’aimais vraiment pas les combats.




Bref, foncez et regardez-le.

18 janv. 2012

La promesse des ténèbres

Auteur: Maxime Chattam

Editions: Albin Michel

Genre: Thriller

Date de parution: 2009

Résumé: New York. Mégapole de tous les possibles. De tous les excès. Où la verticalité des buildings s’oppose à celle de souterrains, toujours plus profonds, peuplés de SDF. Où des hommes se déguisent en vampires pour se repaître de la vie de leur partenaire. Où l’industrie pornographique underground se développe à une inquiétante vitesse. Où l’on vend la mort filmée en direct.
Au cœur de ce maelström, le journaliste Brady O’Donnel, dans le sillage de Rubis, femme envoûtante, plonge dans l’enfer. Celui de la Promesse des Ténèbres.



Maxime Chattam s'est fait connaître grâce à sa trilogie du Mal, assez exceptionnelle dans son genre. Il a su créer des thrillers palpitants, nous plongeant dans la noirceur des être humains. Il avait introduit dans cette trilogie le personnage d'Annabel O'Donnell, inspecteur de police dont le mari avait disparu un an avant son apparition à elle. Chattam avait promis à ses fans de lever le voile sur cette disparition, et c'est ce qu'il fait ici. Nous revoilà donc au début de ce nouveau siècle, dans la ville de New-York encore intacte avec ses tours qui se dressent fièrement. Brody O'Donnel est un journaliste qui aime son métier, sa femme policière. On entre doucement dans le vif du sujet, Chattam s'attardant légèrement pour nous présenter son personnage principal. Brody est un journaliste indépendant, qui choisit ses sujets par rapport à ses envies. Le hic, c'est qu'il est un peu en panne d'inspiration. Un ami va lui suggérer de s'intéresser au monde de la pornographie. C'est ainsi qu'il va faire connaissance d'une jeune fille, belle mais si triste. L'acte qu'elle est sur le point de commettre va transformer Brody et sa vie à jamais.

Chattam pousse le vice loin, très loin. Car ce n'est pas le porno que l'on peut connaître auquel il va s'intéresser, mais celui underground, où la violence prime. Ce sont des scènes choquantes, gores qu'il nous décrit. On découvre une perversité encore plus malsaine, nous montrant une noirceur de l'âme pire que ce qu'il avait pu faire auparavant.

L'histoire est intéressante, puisque d'un côté, Brady va enquêter sur le pourquoi du geste de la fille, s'interrogeant lui-même sur sa part d'ombre. L'homme est-il capable de cacher son instinct primitif sous une couche de bienséance? Pourtant, malgré cela, on a l'impression que tout ceci n'est qu'une excuse de la part de Chattam afin de pouvoir décrire des scènes gores et dérangeantes. Il manque une part de vraisemblance dans ce livre: Brady réussit à remonter la piste, à découvrir la vie passée de l'actrice porno, mais sa femme qui est flic, et qui a été assignée à cette enquête de son côté, a toujours une longueur de retard sur lui. Comment cette femme vive d'esprit, bonne dans son domaine, peut ramer ainsi?

Un autre fait dérangeant concerne toute la partie sur le monde des égouts. On avait un rythme au début qui baisse en intensité, en particulier quand Brady découvre le monde d'en-dessous. Quant à la vérité sur toute l'enquête, je trouve la révélation nulle. J'ai été déçue, et le prétexte employé reprend encore une fois ce côté noir de l'être humain, mais cela sous une forme d'initiation. Par contre, la toute fin reprend un peu de rythme, et Chattam nous surprend grandement en décrivant ce qui arrive à Brady. Et pour une surprise c'est une très grande surprise qui désillusionne quelque peu.




Malgré les points négatifs évoqués ci-dessus, ce livre se laisse lire (âme sensible, s'abstenir): le texte est fluide et on reconnait bien la patte de l'auteur. Si vous êtes curieux de savoir ce qu'il se passe, ce qui arrive réellement à Brady, n'hésitez pas à le lire.

13 janv. 2012

Vampires, vous avez dit vampires?

Film américain

Date de sortie: 1985

Réalisé par: Tom Holland

Avec: Chris Sarandon, William Ragsdale, Amanda Bearse, Roddy McDowall...

Durée: 1h40

Genre: Fantastique, Comédie horrifique

Titre original: Fright Night

Synopsis: Charlie Brewster est un adolescent sans histoire. Il partage sa vie entre sa mère, sa petite amie, ses copains et ses séries préférées à la television sur les films d'horreur de série B. Tout va être bouleversé lorsqu'il va découvrir que son nouveau et séduisant voisin est un monsieur qui a les dents longues. Qui va croire Charlie en 1986?




Après avoir vu Fright Night avec Farell, il me fallait voir sa version d'origine plus connue en France sous le titre de Vampire vous avez dit vampire?. L'histoire de base et les personnages sont les mêmes, tout en étant différents. En même temps, cela n'aurait servit à rien de reproduire trait pour trait le film d'origine, car ce qui fait la différence entre les deux, c'est la réalisation, la touche personnelle du réalisateur, avec le développement du scénario ainsi que le jeu des acteurs. Mais loin de moi l'idée de faire un article qui se baserait sur ces différences, c'est pourquoi on oublit le remake vu en premier (je sais je marche souvent à l'envers) et on se focalise sur ce film là.


Pour sa première fois derrière la caméra, Tom Holland propose de revisiter le mythe du vampire en le contextualisant. Ce qu'il réalise est un pur produit des années 80, entre la série B et le teen movie.

L'histoire commence une une nuit seulement éclairée par la lune, conférant un aspect bleuté aux maisons filmées. La caméra suit le son produit par des voix-off et nous emmène dans la chambre d'un adolescent. Les voix entendues proviennent de la télé qui diffuse une émission de Peter Vincent, le célèbre chasseur de vampires. On peut noter la référence aux films de la Hammer, qui ont sans doute marqué la jeunesse de Holland. On délaisse le petit écran et on dérive vers les personnages: Charlie et sa petite amie Amy, occupés à batifoler. Le dialogue entre les deux est bien mené, nous brossant rapidement le portrait des deux jeunes, tout en instaurant déjà une pointe d'humour noir. Ainsi on apprend que Charlie est un mordu de l'émission de Vincent Price, et de l'univers qui l'entoure. En couple depuis un an avec Amy, il en a marre d'attendre qu'elle veuille bien faire l'amour avec lui. Toujours pressé ces petits ados aussi. Et voilà qu'Amy, contre attente lui répond qu'elle est enfin prête. C'est pas comme si deux secondes auparavant elle le rejetait, lui disant qu'elle avait besoin de temps pour se sentir prête. Bref, alors que son rêve est sur le point de se réaliser, Holland casse tout avec un revirement de situation cocasse. L'ado qui voulait tant coucher se trouve d'un coup beaucoup plus concentré sur ce qui se passe dans le jardin d'en face. Il faut dire que voir deux types amener un cercueil dans une maison abandonnée, en passant par la cave, c'est pas banal du tout.

L'humour noir va plus loin puisqu'Amy, poussée à bout, décide de partir. Charlie s'en contrefiche comme de sa première chaussette, et préfère observer la maison d'en face plutôt que de raccompagner son amie. Lui, il va pouvoir oublier sa folle nuit d'amour. Intrigué par son nouveau voisin, Charlie va tenter de mener sa petite enquête. Il va rencontrer une jeune femme rapidement, femme qu'il reconnaîtra plus tard à la télé quand on annoncera sa mort. Il n'en faut pas plus pour que l'ado soit convaincue d'avoir à faire à un vampire. Malheureusement pour lui, ou plutôt à cause de sa stupidité, il fera comprendre au gardien du voisin/vampire (un Igor moderne sans bosse et charmant) qu'il a deviné la vraie nature de son maître... tout cela devant un policier qui va le prendre pour un fou. En même temps, il y a de quoi vu l'hystérie de Charlie. C'est ainsi qu'il va se retrouver sur la liste de Jerry. Il faut bien noter que Jerry est un vampire charmant, qui a de la classe et qui aime les femmes. Le plus étrange c'est qu'il ne tuera pas la maman de Charlie, préférant sans prendre au rejeton. A sa place je ne me serais pas privé de tout ce sang, mais bon. Par miracle (intervention maternelle inconsciente), Charlie est sauvé de sa première attaque, de justesse.

Ainsi donc commence la bataille pour survivre et se débarrasser d'un grand méchant monstre. Charlie est seul contre tous: ses amis le prennent pour un fou, tout comme Peter Vincent. Jusqu'à une scène assez intéressante: en effet, Holland use une nouvelle fois d'un humour bien noir afin de montrer la crédulité et la bêtise de ses personnages, tout en incluant tout ce qui fait le mythe du vampire. Voulant prouver à Charlie qu'il se leurre, Vincent contacte Jerry et lui demande de jouer la comédie tandis qu'il pratiquera une sorte d'exorcisme. Bien entendu, sous de faux prétextes, Jerry le convainc de ne pas amener de croix, ni d'eau bénite, ni d'ail. Bref tout ce qui fait reculer un vampire. Pourtant un détail va tout contrecarrer, et c'est celui du miroir et du non reflet des vampires. Par accident, Vincent va découvrir que Jerry ne se reflète pas dans les miroirs. On devine son état choqué et apeuré. Que faire? Lui qui ne croyait pas aux vampires, le voilà confronté à la réalité. Mais tout ceci n'est pas de son âge et ne le concerne pas: il vaut mieux faire la sourde oreille.

Tandis que Vincent se morfond de son côté, nos trois héros (Charlie, Amy et le copain abruti qui rigole pour rien et à qui on a franchement envie de donner des tartes) rentrent chez eux, la nuit, dans des ruelles sombres et brumeuses. Et c'est le drame. L'abruti va se faire bouffer, les amoureux poursuivre jusqu'à une discothèque, ce qui va nous offrir une scène mythique. En fond de synthé 80, on découvre une salle éclairée par une lumière bleue, nous replongeant dans le passé. Et les yeux piquent un peu. Jerry va retrouver ses proies dans cet endroit et s'amuser un peu avec Amy, dansant langoureusement contre elle, la draguant ouvertement. Comment résister au charme de ce vampire? Impossible. (Ah j'ai oublié de préciser que ce n'est pas lui la boule à facette, parce qu'on sait tous qu'un vrai vampire ne brille pas à la lumière). Donc Amy suit ce bellâtre sans opposer de résistance, conduisant le film vers sa fin. L'abruti qu'on croyait digéré est devenu vampire et a décidé de faire de Vincent son casse croûte. Il va même aller jusqu'à se transformer en loup-garou. Alors là il faut m'expliquer: depuis quand un vampire est-il lycanthrope? On passera sur le maquillage bien fade à côté de la prestation des maquilleurs et techniciens d'effets spéciaux sur Hurlements (1980) de Joe Dante. Peter s'en sort, et c'est l'heure de la bataille finale. Seul hic, ils doivent tuer Jerry avant le lever du jour où sinon Amy, qui a été transformée, restera vampire à jamais. Cette scène est assez intéressante, les effets spéciaux ici sont pas mal, tout comme la prestation des acteurs. C'est un beau final qui nous attend. 

Bref, ce film est sympathique comme tout, surtout le mélange humour noir et horreur qui nous ancre bien dans un teen movie. Le problème, c'est que ce film appartient pour de bon aux années 80. Si on ne l'a pas vu à sa sortie, ou étant jeune, le choc entre les décennies risque d'être grand. Ce trop plein de bleu m'a gêné, mais la musique, même si très synthé, accroche bien au thème de ce film.


Je le conseille car on rigole pas mal, et surtout il explique parfaitement ce qu'est un vrai vampire, et quelles sont les techniques à utiliser si on en rencontre un un jour. Mais n'oubliez pas: vous devez croire pour pouvoir le tuer!

12 janv. 2012

Fièvre de glace

Auteur: Dean R. Koontz

Titre original: Cold Fire

Traducteur: Michel Pagel

Editions: Pocket

Genre: Terreur

Date de parution: 1991

Résumé: Cette sensation, Jim Ironheart, un professeur, la connaissait. Cette fièvre de glace l'avertissait que, quelque part, quelqu'un était en danger. Le Mal allait encore frapper, il fallait intervenir. Mais la nuit, il ne pouvait lutter contre sa force et il sombrait dans d'horribles cauchemars.

Holly Thorne, une jeune et jolie journaliste, s'était très vite passionnée pour le cas de cet homme étrange.
Qui étaient ces entités qu'il appelait l'Ami et l'Ennemi ? Pourquoi s'affrontaient-elles en lui ? Attirée avec Jim dans le vieux moulin où il avait passé son enfance, Holly ne pourrait éviter longtemps l'ultime question : qui était vraiment Jim Ironheart ?



Comme toujours, c'est le titre associé au résumé de la quatrième de couverture qui m'a poussé à acheter et lire ce livre. Ce qu'il en résulte, c'est une légère déception, même si dans l'ensemble le livre se laisse lire facilement.

L'intrigue est intéressante, et Koontz nous plonge en plein dedans dès les premières pages. Son héros Jim semble être monsieur tout le monde, souffrant de la canicule californienne, faisant ses courses au supermarché comme tout individu lambda. Seul souci, c'est qu'il semble être aux prises d'une force supérieure, qui l'amène sur les lieux où un accident va bientôt se produire. Koontz ne laisse rien au hasard et nous démontre ce côté pantin immédiatement, avec ce côté de Jim qui ne sais ni où il va avant de sentir une forte intuition face au nom d'une ville, ni qui il doit sauver. Il ne sait également pas s'il va arriver à temps et s'il va lui-même survivre. Voilà donc le lecteur bien curieux, qui ne demande qu'à connaître la suite. Celle-ci reste simple: une rencontre avec une journaliste va tout bouleverser, puisque cette dernière va décider d'enquêter sur le héros Jim, qui a sauvé un enfant de la mort, devant ses yeux. C'est donc ainsi que deux destins vont se rencontrer. L'enquête de Holly Thorne, la jolie journaliste, va nous révéler le passé de Jim, mais contrairement à elle, nous avons une longueur d'avance: nous savons que Jim est manipulé par une étrange force inconnue. S'enchaînent donc des évènements qui vont rapprocher les deux personnages. L'énigmatique Jim est sympathique, charmant et accueille sa destinée avec résignation. Holly est têtue et fatigante. Elle est même casse-pied et devient par moment réellement antipathique. Malgré leurs différences, ils sont seuls, ce qui va les attirer l'un vers l'autre. C'est cette curiosité de journaliste qui a poussé à Holly à faire son enquête qui va également la mettre en danger. Car finalement, il semble qu'une autre entité, démoniaque celle-là soit en train de vouloir émerger sur notre terre. Et pour cela elle prend possession des rêves de la jeune femme, quitte à tenter de s'en échapper. Tout cela est lié à Jim, mais aussi à un certain vieux moulin qui était devenu le refuge du petit Jim quand il avait 10 ans. Il est alors tant de faire une session retour dans le passé, pour tenter de comprendre ce qu'il s'est passé dans ce moulin 24 ans plus tôt. Cette troisième partie qui se déroule dans ce lieu abandonné est la plus intéressante, car Koontz va se jouer de ses lecteurs, nous offrant une révélation à l'encontre de ce que l'on s'imaginait. C'est une façon très intelligente et originale de nous plonger dans les méandres de l'inconscient humain. Seul bémol, le dénouement est bien trop rapide, il manque quelque chose.




Fièvre de Glace promet des moments angoissants, surtout dans le moulin. Koontz a une écriture fluide, et il ne se perd jamais dans des descriptions futiles qui perdraient son lecteur. Il s'en tient à l'essentiel, développant des personnages charismatiques et attachants (du moins pour Jim). Pourtant, il manque un petit quelque chose à la fin qui rendrait le livre meilleur.

6 janv. 2012

Drive

Film américain

Date de sortie: 2011

Réalisé par: Nicolas Winding Refn

Avec: Ryan Gosling, Carey Mulligan, Bryan Cranston, Albert Brooks...

Durée: 1h40

Genre: Action / Thriller

Synopsis: Un cascadeur tranquille et anonyme se métamorphose dès que la nuit tombe : il devient pilote de voitures pour le compte de la mafia. La combine est bien rodée jusqu'au jour où l'un des casses tourne mal et l'entraîne dans une course-poursuite infernale. Il veut se venger de ceux qui l'ont trahi.




L’histoire de Drive est simple, déjà vue des centaines de fois au cinéma : un héros solitaire va s’éprendre d’une femme, et pour la sauver elle et sa famille, il se transforme en justicier et s’attaque aux méchants de l’histoire. Pourtant, Drive dégage quelque chose de plus, qui positionne le film entre  un film pour grand public et un film indépendant.

Drive se démarque de ces autres thrillers par l’approche qu’en fait le réalisateur Refn. Comme le démontre une scène d’introduction stylée et superbe, c’est sur l’esthétique que le réalisateur se focalise, plus que sur l’intrigue, même si cette dernière n’en est pas pour autant délaissée. Lors de cette scène on découvre un héros peu bavard, chauffeur de cambrioleurs qui parvient en cinq minutes à déjouer les forces de police en mettant à profit ses talents de conducteurs. Le lyrisme est déjà présent dans cette simple scène : le silence contre balance la tension que la course poursuite procure, tout cela avec une réalisation épurée de Los Angeles la nuit. On s’attend donc à un film de course poursuite, et pourtant ce n’est pas le cas. Le film prend une direction différente, nous montrant un héros qui rappelle Léon dans sa solitude et son faible bavardage, mais qui s’en éloigne en même temps. Ce conducteur n’a pas de nom, comme pour rappeler le fait que les chauffeurs ayant le plus souvent qu’un second rôle, se fondent dans le paysage. Ce point de vue est rappelé dans une scène où il porte un masque de cinéma, comme pour rappeler qu’il ne fait que jouer un rôle. Il est cascadeur le jour, chauffeur la nuit: un héros qui possède deux côtés. Il a pour seul ami un garagiste boiteux, incarné par l’excellent Bryan Cranston (Malcolm, Breaking Bad) qui travaille pour la pègre. Mais il a également une jolie voisine, dont il va tomber amoureux. Sauf qu’elle est mariée et que son mari va vite sortir de prison. Ce dernier est loin des clichés des anciens tolards, qui battrait sa femme ou serait alcoolique. Bien au contraire, il n’aspire qu’à la tranquillité, à un nouveau départ. Malheureusement, rien ne va se dérouler comme prévu. Ce milieu est dangereux et il est rare que les patrons de la pègre vous laissent vous en sortir. Le film tourne alors vers le drame sans tomber dans le larmoyant. La tension va monter petit à petit quand le héros décide de se venger.

Tout comme pour sa scène d’introduction, Refn s’est concentré sur les images, ne laissant qu’une petite place pour les dialogues. Malgré cela, les paroles prononcées sont choisis avec justesse, et le jeu des acteurs est sans fausse note. C’est malgré tout Ryan Gosling, le héros, qui nous éblouis par sa prestation superbe, lui qui ne parle pratiquement jamais. Il nous prouve que le jeu physique est tout aussi important que les dialogues, et parvient à montrer ses sentiments avec son faciès. Difficile de ne pas succomber à son charme froid, qui dénote presque une schizophrénie latente. Ce jeu du corps va prendre toute son importance dans une scène capitale où l’ange et le diable ne font plus qu’un.

Refn nous offre une vision violente et à la fois poétique de Los Angeles, dans une réalisation qui rappelle celle de Michael Mann dans Collateral.

Il ne faut pas oublier la bande son, qui nous fait basculer dans ce monde poétique et un peu mélancolique, aux airs rétro des années 80.

Ce film est une réussite et une vraie surprise, mais nombreux sont ceux qui ont été déçues du manque de dialogues ou du manque de courses poursuites. Pourtant Drive est une ode à la poésie en image et c’est pour cela que je le conseille fortement.


5 janv. 2012

Train fantôme

Auteur: Stephen Laws

Titre original: Ghost Train

Traducteur: Fabienne Duvigneau

Editions: Presses de la Cité

Genre: Horreur / Terreur

Date de parution: 1985

Résumé: Quelle force mystérieuse appelle chaque jour Mark à la gare de Newcastle ? Pourquoi éprouve-t-il une peur irraisonnée à l'idée de lui obéir et de franchir la porte qui mène au quai ?

Est-ce parce que son inconscient craint que ne se reproduise le terrible accident qui l'a plongé dans un long coma et dont il ne garde aucun souvenir ? Ou plutôt parce qu'il sait obscurément qu'il y a quelque chose dans ce train, sur cette ligne ? Quelque chose qui pousse irrésistiblement les gens à tuer, transforme les enfants en meurtriers et se repaît de la mort ?
Quelque chose qui attend depuis des siècles, des millénaires, et qui est sur le point de se libérer.



Dans ce premier roman, Laws tente par tous les moyens de nous faire frémir de terreur, usant notamment  de l'éternel sujet des cauchemars. S'il arrive à nous plonger dans une histoire intéressante et bien construite, les frissons ne sont pourtant pas au rendez-vous.

Se décomposant en trois parties, l'histoire relate les aventures de Mark Davies, un homme brisé après un grave accident de train. 18 mois plus tôt, Mark a été retrouvé inconscient à côté d'une voie ferrée. Ayant miraculeusement survécu et après des mois dans le coma, il a finit par se réveiller. Encore une fois son rétablissement est plus rapide que la normale, faisant de Mark un être curieux, qui intrigue beaucoup de monde. Malgré ce rétablissement physique rapide, Mark est habité par des rêves qui le terrifient au plus haut point, mais également par une force et une peur sans nom qui habitent son esprit. C'est ainsi qu'il se retrouve tous les matins depuis deux mois à la gare de Newcastle, poussé par cette force inconnue. Il tente à chaque fois de monter dans un train, mais à ce moment là la terreur sans nom s'empare de lui, et il retourne claudiquant au café de la gare, tout ça sous les yeux des contrôleurs qui pensent avoir à faire à un fou. Mark lui-même commence à croire qu'il perd la tête car il n'arrive pas à s'expliquer la nature de son comportement ni celle de ses rêves. Ces derniers sont oppressants et stressants. Chaque fois il se retrouve sur un site préhistorique, et assiste à des sacrifices par des druides sans qu'il ne puisse influer sur le cours de ses rêves. Spectateur impuissant de cette horreur, il voudrait comprendre ce qui lui arrive. Ses rêves ont-ils un lien avec son accident?

A côté de cette trame, Laws éclaire la lanterne du lecteur sans toutefois tout dévoiler, en racontant des épisodes sur des gens qui deviennent fous après avoir pris le même train que Mark. Comme possédés, ils s'en prennent à leurs proches et/ou à eux-mêmes. La voie de King's Cross à Edimbourgh, serait-elle hantée? Il semblerait que ce soit bel et bien le cas. Lors d'une tentative d'hypnose avec son psychologue, ce dernier disparaît avant que Mark ne reprenne conscience, ne laissant qu'une trainée de sang derrière lui. Un nouveau stress pour notre héros qui va un peu plus douter de lui: que s'est-il passé dans la pièce? A-t-il tué son docteur? Où est passé le corps?

Cet évènement va définitivement pousser Mark à franchir la barrière du quai et à monter dans un train.  Malheureusement, alors que le train approche, Mark sent une force le pousser à se jeter devant la machine en marche. Une main le secoure à temps, lui sauvant la vie. Cette personne n'est autre qu'un ancien policier, qui s'occupait du cas de Mark. On apprend alors que depuis sa création au 19ème siècle, la ligne de train avait connue plus d'une centaine de cas de morts de la part des passagers. Une créature terrifiante cherche en fait à s'en échapper. Les rêves de Mark prennent leur importance ici: chaque site est relié par une force, mais la ligne n'avait pas pu être terminée au temps des druides. En construisant la ligne de fer, les hommes ont terminé le travail, mais en même temps ont emprisonné cette force terrifiante. Cette dernière se sert des cauchemars des gens, de leurs sentiments, pour les pousser à faire du mal, se nourrissant ainsi de ces peurs. Seul hic au tableau, Mark est le premier à survivre, pas une mais trois fois aux tentatives du monstre. Ils sont désormais liés, et cet homme est le seul qui pourra tout arrêter.


Le fait de lier sites historiques et temps modernes par le biais du train est une idée intéressante que Laws a su bien exploiter. Je m'attendais par contre à une scène qui se déroulerait sur l'un des sites, mais comme son monstre, l'auteur ne dévie pas des rails. Autre fait qui peut paraître perturbant, c'est l'appel à un prêtre pour exorciser le monstre. Encore une fois, je m'attendais à l'usage d'un pouvoir druidique, ou en lien avec des menhirs. En ce qui concerne la fin, Laws n'hésite pas à user d'une scène gore pour choquer le lecteur, mais la terreur n'est pas là, du moins selon moi. L'action s'enchaîne donc, et la fin est à la hauteur de ce que l'on pouvait attendre.