2 déc. 2012

Blood the Last Vampire

Auteur: Tamaoki Benkyô

Type: Shonen

Genre: Action, Horreur

Editions: Kadokawa Shoten

Publication: Terminé => One shot. 

Résumé: Saya, la chasseuse de Vampires, se retrouve face à sa sœur jumelle, Maya, reine des terribles Chiroptèriens. Maya détient des secrets qui pourraient changer le cours de la guerre entre les Humains et les Vampires...


En 2000 sortait le film animé Blood the Last Vampire qui relatait les aventures de Saya, dernière vampire originelle au service du gouvernement américain combattant les démons vampiriques. Ce one-shot est une suite du film mais ne se déroule plus dans une base militaire, mais dans la ville de Yokohoma, en 2002.

En lisant le résumé, on s’attend à beaucoup d’action, de tension et une ambiance sombre mais plaisante. Pourtant ce n’est pas le cas quand on lit cette histoire. Le récit est brouillon et le lecteur est perdu dès les premières pages. On se demande ce qui se passe et où veut en venir l’auteur qui n’hésite pas à jongler entre plusieurs personnages pour nous apporter son dénouement. Ces derniers ne sont en aucun cas sympathiques, il est dur de s’attacher à eux. Que ce soit Saya ou Aki, elles sont toutes deux dénuées de toute personnalité. Cela fait le jeu de l’histoire mais nous empêche de nous sentir proches d’elles. Saya n’est autre que le jouet des américains : elle ressemble plus à une coquille vide brandissant son katana qu’à un réel vampire.  Quant à Aki, elle est superflue, faible et n’a aucune attache. Elle n’a d’autre intérêt que celui d’attirer Saya auprès de sa sœur, la reine des Chiroptèriens. Et pour cela on a droit à quelques scènes inutiles, qui semblent être là juste pour meubler le one-shot. Seule la fin présente un réel intérêt : la révélation et le dénouement sont intéressants, mais ne font pas oublier l’ennui de la lecture.

Graphiquement, je n’ai pas apprécié non plus. Le dessin est trop épuré, peu précis, ce qui rend les personnages laids à mes yeux. Par contre, l’ambiance sombre est elle bien rendue avec cette prédominance du noir.

Le dernier point que je n’ai pas aimé est le rapport entre le titre et Saya. Il est impossible de comprendre sa réelle nature puisqu’elle ne semble pas posséder les caractéristiques des vampires, à part une grande force. Une contradiction m’est également apparue, mais est-ce du à une mauvaise interprétation de ma part, ou une erreur de la part de l’auteur ?



En résumé, Blood the Last Vampire n’est pas un one-shot intéressant selon moi. Rien n’est bien développé ou innovant, l’histoire peine à décoller et les personnages ne possèdent aucune profondeur.  Le seul vrai intérêt que l’on pourrait relever concerne les scènes de combat, mais là encore il n’y a rien de nouveau qui a su me plaire.


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25 nov. 2012

Crimson Shell

Auteur: Mochizuki Jun

Type: Shonen

Genre: Action, Drame, Fantastique 

Editions: Ki-oon

Publication: Terminé => One shot

Résumé: Puissante sorcière, la jeune Claudia doit tout au mystérieux Xeno, qui l’a aidée à apprivoiser ses pouvoirs quand tous autour d’elle avaient renoncé. Elle a désormais trouvé sa place au sein de Crimson-Shell, une organisation qui lutte contre les agissements d’un scientifique fou. Mais lorsque Xeno trahit Crimson-Shell, le monde s’écroule autour de la jeune fille. Cernée par le danger, confrontée à des apparences souvent trompeuses, parviendra-t-elle à percer le secret de Xeno ?



Première œuvre de Mochizuki Jun, Crimson-Shell n’est pas sans rappeler celle majeure de l’auteure, Pandora Hearts. Les familiers de ce titre ne pourront d’ailleurs pas s’empêcher de dresser quelques parallèles entre les deux mangas, que ce soit au niveau des personnages, du design ou de l’histoire.

Avec Crimson-Shell, la mangaka nous présente une première histoire prometteuse, mais qui possède néanmoins quelques défauts. Ainsi, le scénario nous propose un récit qui semble bien maitrisé et qui ne laisse pas la place à des quelconques longueurs puisque tout s’enchaîne rapidement. On peut donc saluer ce point qui se prête parfaitement au format de one-shot du manga, mais c’est également une des faiblesses de l’histoire. En effet, avec cet enchainement rapide de nombreux aspects du récit sont à peine survolés tels que les faits qui sont expliqués grossièrement ou les personnages à peine esquissés. Ces derniers n’ont aucune profondeur et le lecteur n’a pas le temps de s’attacher à l’un ou l’autre. En fait, le seul aspect vraiment développé reste les sentiments de l’héroïne envers son ami Xeno car elle semble baser ses initiatives là-dessus.

Côté graphisme, les dessins sont pas mal et on sent l’auteure qui a trouvé son style, mais qui tâtonne encore. De plus, si on a déjà lu Pandora Hearts avant ce one-shot, on s’aperçoit que les personnages entre les deux œuvres se ressemblent énormément, pour ne pas dire qu’ils sont les mêmes.


Certes on ne s’ennui pas en lisant Crimson-Shell car l’action et les révélations se suivent sans laisser au lecteur le temps de souffler. Mais au final on ressort avec un petit arrière goût de déception car on a plus de questions à la sortie que de réponses. De  mon avis, cette histoire aurait mérité d’être un peu plus développée. Malgré tout, cela reste un bon divertissement qui pourrait s’apparenter à une ébauche de Pandora Hearts et en dépit des défauts le potentiel de la mangaka ressort très bien.

4 nov. 2012

Brave 10

Studio: Tms 

Année de production: 2012

Genre: Historique

Nombre d'épisodes: 12 (30 min)

Manga: Brave 10

Auteur: Kairi, Shimotsuki.

Synopsis: 1599. Le Japon est divisé en une myriade de provinces indépendantes qui se livrent une guerre impitoyable pour le pouvoir. La violence n’épargne personne et même la déesse Isanami se voit contrainte de fuir pour échapper aux vandales qui ont profané son temple. Elle rencontre alors le rônin Saizo Kirigakure qui l’accompagne jusqu’à Shinsu, où elle doit voir le puissant Yukimaru Sanada. D’abord réticent, ce dernier accepte finalement d’assurer sa protection quand il comprend que la mort de la jeune fille signifierait la disparition de son clan. Il fait donc appel à dix puissants guerriers : ceux là même que la légende a immortalisé par le nom des dix guerriers de Sanada.



Avec Brave 10, Kairi Shimotsuki nous plonge à la fin de l’ère Sangoku et nous présente une nouvelle version de la légende du célèbre samouraï Yukimura Sanada qui s’était démarqué lors de la bataille de Sekigahara (1600) et de la défense d’Osaka (1615). Son courage fut relaté dans de nombreux récits durant la période Edo, et encore aujourd’hui il inspire de nombreux auteurs tant au niveau littéraire (La Geste des Sanadas) que manga (Samurai Deeper Kyo, Gate 7, Sengoku Basara).

L’histoire de Brave 10, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ne raconte pas les faits héroïques de Sanada et ses guerriers, mais se concentre plutôt sur l’envers du décor et la manière dont Sanada a recruté ses 10 braves. D’un point de vue scénaristique, ce changement de perspective est intéressant, surtout quand le fantastique se mêle de  la partie. C’est d’ailleurs ce qui fait le point fort de cette série : d’une part parce que l’on découvre les personnages l’un après l’autre, mais aussi parce que le fantastique confère une dimension originale et renvoie d’une certaine façon au monde des légendes et des mythes. Ainsi déesse et pouvoirs magique sont mêlés au monde japonais encore féodalisé, sans que ce côté magique ne prenne pour autant le pas sur le côté historique. Au contraire, sa présence reste minime et sert surtout lors des combats entre les différents protagonistes. En effet, on remarque rapidement que chaque personnage possède une sorte de pouvoir propre correspondant souvent à des éléments de la nature (feu, eau, vent, glace, éclairs etc), et qui définit également son caractère. Aspect intéressant mais hélas trop peu développé. On finit par avoir des héros sympathiques mais stéréotypés, avec un énorme potentiel mais qui restent seulement esquissés car trop nombreux. On n’échappe d’ailleurs pas au héros ténébreux, je-m’en-foutiste au début qui se révèlera un être un grand cœur, preux chevalier qui partira au secours de sa belle qui n’est autre que la jeune fille pleurnicharde, casse-pieds qui énerve facilement le spectateur.

On perçoit tout cela également dans l’animé, qui même en étant assez court avec 12 épisodes, rend parfaitement cette histoire. Le graphique est plaisant, la réalisation assez claire avec une dynamique appréciable surtout au niveau des combats, qui montrent bien un autre fait historique : la rivalité entre samouraïs et ninjas. On peut noter aussi les musiques qui savent rendre l’atmosphère des scènes qu’elles illustrent. Pourtant, Brave 10 est loin d’être un manga formidable. En effet, l’histoire s’enchaîne bien trop vite et même si on ne se perd pas trop en digression car on reste centrés sur Isanami, c’est avec le trop plein de personnages qu’on est noyé. Le plus gros défaut de ce manga reste toutefois la fin, bâclée d’une manière peu plaisante. Entre précipitation qui gâche les scènes les plus importantes et un dénouement assez fade qui laisse présager une suite, on ressort de ce visionnage avec un léger goût amer.

Ce qui est dommage vu le potentiel du scénario de base et les personnages. Il n’en reste pas moins que Brave 10 se laisse regarder, mais ses défauts en font un manga parfaitement oubliable.

12 oct. 2012

I saw the devil

Film coréen

Date de sortie: 2010

Réalisé par: Jee-Woon Kim

Avec: Byung-hun Lee, Min-sik Choi, Gook-hwan Jeon...

Durée: 2h22

Genres: Drame/ Thriller

Titre français: J'ai rencontré le diable

Synopsis: Soo-hyun, jeune agent des services secrets sud-coréen, se lance à la poursuite du tueur en série qui a tué sa fiancée alors enceinte, avec en tête un plan de vengeance aussi diabolique que l'est le criminel avec ses victimes. Ce jeu du chat et de la souris déclenchera une terrible vague de violence…



Le thème de la vengeance est un sujet maintes et maintes fois repris au cinéma dont la trame principale est souvent la même : c’est-à-dire la poursuite d’un criminel/tueur qui a bouleversé la vie du héros. L’originalité d’un film tient plus du déroulement, et de ce côté-ci, on ne peut qu’admirer les films coréens pour leur approche plus que surprenante de ce thème. On l’a déjà vu en 2003 avec Old Boy, œuvre magistrale qui a su offrir aux spectateurs de fortes émotions (positives ou négatives), et on le revoit quelques années plus tard avec I Saw the Devil. Après s’être essayé à différents genres, l’auteur du drame horrifique 2 Sœurs et du western Le Bon, La Brute et Le Cinglé se lance dans le thriller et la chasse au tueur pour un résultat remarquable.

Alors que le film débute d’une manière assez classique avec l’enlèvement et le meurtre d’une jeune femme, la suite nous offre une épopée particulière qui détonne grandement avec ce à quoi nous somme habitués. On délaisse le code du film de vengeance – la justice ne peut rien faire pour moi alors je me venge tout seul – pour se lancer dans une course psychologique effrénée où les rôles du héros et du méchant s’inversent tout à tour, plongeant dès le départ le spectateur dans une stupéfaction grandissante. En effet, le héros retrouve dès le début celui qui a tué sa fiancée, cassant directement la trame usuelle des films de vengeance. Mais au lieu de se venger directement, il laisse repartir sa proie pour mieux la retrouver et la faire souffrir. Ainsi débute une traque sans merci sous des airs de jeu du chat et de la souris.

Le film oscille entre sadisme et cruauté, nous dévoilant toute l’horreur dont sont capables les deux personnages principaux. Entre un tueur tordu qui découpe ses victimes encore vivantes et un fiancé meurtri dans son cœur qui n’hésite pas à user de moyens peu conventionnels pour chasser sa proie, on se demande qui est réellement le monstre. C’est d’ailleurs ici que l’on prend conscience de l’importance du physique des deux personnages. D’un côté on a un tueur vicieux, représenté par le célèbre Min-sik Choi (Old Boy), à l’allure quasiment bestiale, qui caractérise parfaitement son rôle. De l’autre, on a le charmant Byung-hun Lee, (déjà vu dans Le Bon, la Brute et le Cinglé), sportif, qui représente le héros par excellence. Malgré cette différence de physique, ils vont tous deux se retrouver au même niveau dans un rapport de force constant, nous démontrant alors que sous ce visage d’ange se cache peut-être le diable du titre. On va alors assister à un processus de déshumanisation pour notre héros. Il n’existe plus aucune morale pour lui et il s’enfonce petit à petit dans les traces de sa proie. On se rend compte avec cette quête assoiffée de vengeance qu’il n’y a plus aucun espoir de retour pour le héros, comme nous le démontre la fin, terrible mais jouissive.

A travers une réalisation efficace et maitrisée, on assiste à une descente aux enfers ponctuée par des scènes violentes qui côtoient l’horreur, mais qui, grâce à une photographie superbe, en devient presque poétique.

Même si I Saw the Devil n’égale pas Old Boy, on ne peut ignorer ce film fort en émotions et très intéressant par le point de vue qu’il développe. On ressort décontenancés par sa vision, mais il ne nous laisse pas indifférents, quel que soit notre impression finale.


En conclusion, je ne peux que vous conseiller de le voir.

20 sept. 2012

Un peu de gaieté à la rentrée

Avec la rentrée et le froid qui s'installe, je n'ai qu'une seule envie, c'est celle de rester bien au chaud avec un bon chocolat chaud à écouter de la musique. Car c'est un excellent moyen de s'évader du train-train quotidien des cours ou du boulot. Voici quelques musiques que j'affectionne en ce moment. Cela change souvent :D




10 août 2012

Black Butler

Auteur: Toboso Yana

Type: Shonen

Genre: Comédie, Gothique, Fantastique, Policier, Surnaturel

Editions: Kana

Publication: En cours 

Résumé: Ciel Phantomhive est l'héritier d'une grande famille de la noblesse anglaise. C'est sur les épaules de ce jeune garçon d'une grande beauté, très intelligent et mature pour son âge, que repose l'empire familial commercialisant entre autres des jouets et des friandises. 
Ciel fait également partie des "chiens de garde de la reine", ces membres de la gentry travaillant pour le gouvernement en vue d'éradiquer le crime du pays. Ce qui ne manquera pas de le placer dans des situations plutôt périlleuses. 
Ciel vit seul dans un grand manoir. Enfin, seul, pas vraiment, puisque Sebastian, son majordome, toujours en livrée noire, impeccablement stylé dirige la maison, accompagne Ciel partout et lui sert en quelque sorte de garde du corps. Sebastian doit également s'occuper de May Linn, la femme de chambre et de Finnian, le jardinier, tous deux plutôt loufoques. En matière d'érudition, d’éducation, d'art culinaire, rien à redire, Sebastian est parfait. Mais il ne faut pas se fier à ses belles manières car des gangsters menaçant la vie de son jeune maître ont entre autres découvert à leurs dépends, sa vraie nature… Ciel aurait-il signé un pacte avec le Diable…?!


Kuroshitsuji, plus connu en France sous le nom de Black Butler, est un shonen détonnant qui allie parfaitement surnaturel et humour. Loin d’un Japon moderne ou traditionnel, on se retrouve plongé en pleine Angleterre victorienne où l’on fait la rencontre du « chien de sa majesté »,  qui n’est autre qu’un jeune garçon : le comte de Phantomhive. Accompagné de son majordome capable de n’importe quelle prouesse, il tente de résoudre des énigmes qui laissent Scotland Yard dépité.

La curiosité est le premier sentiment qui nous prend lorsque l’on débute la lecture de ce manga. En effet, Tobosa Yana prend son temps pour nous présenter ses personnages principaux, tout en laissant quelques indices démontrant que le majordome n’est peut être pas tout à fait humain. Par ailleurs, Sebastian joue de ça avec sa fameuse réplique récurrente : « Je ne suis qu’un diable de majordome ». Piqué au vif, on dévore ce premier tome qui se révèle une très bonne surprise tant au niveau du scénario que celui du dessin. Plus qu’une simple description de la vie d’un jeune noble au XVIIIème siècle, on découvre une vraie histoire policière qui n’hésite pas à jouer avec des faits réels pour notre plus grand plaisir. Et la première à apparaître n’est autre que celle de Jack l’Eventreur. Alliant réalité et fantastique, Tobosa parvient à créer une parfaite ambiance gothique qui se révèle être un pur délice. De plus, ce côté gothique est très bien retranscrit à travers le design : entre décors et jeux sur le noir, on fait un plongeon dans le temps et revivons avec exaltation ce retour à ce genre particulier. Les personnages se fondent également parfaitement dans ce décor. Au premier abord normaux, on découvre rapidement qu’ils cachent tous une part d’ombre qui se révèle toujours être utile à un moment donné de l’histoire.

Mais malgré tout, c’est la relation atypique entre Ciel Phantomhive et Sebastian ainsi que leurs caractères propres qui rendent aussi attrayant le manga. Ciel, au passé tragique, semble être un jeune garçon fort qui sait ce qu’il veut et peut être intraitable. Pourtant, il apparaît souvent faible, chétif, ce que transmet parfaitement son corps meurtrit. Même s’il est le maître de Sebastian il ne peut en aucun cas se passer de lui et c’est là que se manifeste toute l’ambigüité de leur relation. Quant à Sebastian, malgré son air gentil, il peut se révéler un démon d’une intolérable cruauté, prêt à tout pour mener à bien son contrat.

Somme toute, ce shonen démontre un vrai talent pour relater un policier fantastique tout en utilisant avec brio le potentiel des personnages.  Les tomes s’enchaînent sans que l’on perde en qualité et les nouvelles affaires sont toutes plus intéressantes les unes que les autres. Par ailleurs, Tobosa se sert sans hésiter des symboles anglais qu’il détourne pour sa propre histoire, comme par exemple Arthur Conan Doyle, le Titanic, la nouvelle immigration des indiens ou la pauvreté des enfants qui finissent souvent par être exploités.

En résumé, vous pouvez vous lancer dans la lecture de Black Butler sans sourciller, vous ne risquez pas d’être déçus.


Si vous avez la flemme de lire le manga, sachez qu’il existe sous forme d’animé, composé de 2 saisons. Par contre, à part les deux premières affaires retranscrites, l’animé est totalement différent de l’histoire originale. Il n’en reste pour autant pas mal, mais vous ne pourrez pas apprécier Black Butler à sa juste valeur si vous vous cantonnez seulement à la version animée.

En résumé : lisez !

22 juil. 2012

Teen Wolf

Film américain

Date de sortie: 1985

Réalisé par: Rod Daniel

Avec: Michael J. Fox, James Hampton, Susan Ursitti, Jim MacKrell...

Durée: 1h32

Genre: Comédie / Fantastique

Synopsis: cott Howard est un lycéen assez mal dans sa peau. Un soir lors d'une fête il commence a se transformer en loup-garou. Ceci va être alors remarqué par tout ses camarades de lycée qui plus tard n'y prêteront même plus attention. Mais cela va le rendre populaire et va alors utiliser sa popularité pour devenir le petit ami de la fille la plus convoité dans son lycée.
  


Avant d’être une série, Teen Wolf est avant tout une comédie fantastique datant des années 80. Pur produit de cette décennie, ce film se destine d’abord à un public d’adolescent, de par sa forme et son fond. On retrouve un Michael J. Fox sur le point d’être consacré avec Retour vers le Futur dans le rôle d’un adolescent confronté à des changements plus que bouleversants. Cette comédie n’a pourtant rien d’innovant puisqu’elle suit le schéma habituel d’un teen-movie classique.

Le héros, Scott Howard, est un jeune lycéen pris dans les tourments de l’adolescence. Loin d’être populaire, il est le sous-fifre de la star du lycée qui va se transformer en une grosse brute et rival. Comme tout bon film d’ado, Scott est accompagné d’un meilleur ami assez exubérant qui n’est autre que le rigolo de service, ainsi que d’une amie qui n’a pas l’air indifférente à ses charmes. Mais Scott n’a d’yeux que pour une magnifique camarade, qui est bien entendu la copine de son ennemi. Si le scénario reste basique, la forme est différente : tout d’abord le film se concentre énormément sur le basket-ball, puisque ce sport sera le deuxième facteur changeant de la vie de Scott. Ensuite, le fantastique est introduit à l’histoire : Scott découvre qu’il est un loup-garou, fait génétique dans sa famille. Sa vie va ainsi basculer et notre héros va gagner en popularité, mais d’une manière peu conventionnelle.

Ce film n’est pas seulement une comédie pour nous changer les idées : au contraire, c’est une réflexion sur l’adolescence et il aborde des sujets intéressants et importants dans la vie de tout adolescent. La transformation en loup-garou n’est qu’une métaphore pour parler des changements physiques qui accompagnent la puberté ainsi que des relations qui se tissent entre élèves. Scott va mettre en avant son changement pour devenir une superstar du basket, mais quel est le prix de tout ça ? Est-il obligé d’être en loup-garou pour réussir ? A travers ces changements hormonaux et sociaux, Scott va comprendre qu’il suffit d’être soi-même pour réussir dans la vie : il faut s’accepter tel que l’on est. Telle est la morale du film. Pourtant, le film va plus loin puisqu’à travers le basket-ball et le loup-garou star, c’est un problème de racisme qui est sous-jacent. Le fait que tout le monde accepte la particularité du héros montre une ouverture d’esprit qui n’est pas forcément présente dans la vie réelle. Ainsi, en plus du fait de devoir s’accepter tels que nous sommes, avec les changements que la vie nous apporte, nous devons aussi apprendre à connaître et accepter les autres, quelle que soit leur origine.

Cette comédie est sympathique, mais la réalisation n’aide pas à l’avancée de l’histoire. Elle est trop basique, trop souvent coupée par des matchs de basket qui durent une éternité pour que le plaisir du film soit bien présent. Côté prestation, il n’y a rien à dire sur Michael J. Fox toujours aussi parfait dans ses rôles. On retiendra le maquillage plutôt déluré pour le loup-garou, qui ressemble plus à un gentil toutou qu’à un vrai loup-garou. On est très loin de Hurlements de Joe Dante, mais c’est sûrement la comédie qui veut ça.


Loin d’être exceptionnel, ce film se laisse voir et on passe quand même un bon moment.

16 juil. 2012

Descentes d'organes

Auteur:  Brigitte Aubert

Editions: Seuil

Genre: Policier

Date de parution: 2001

Résumé: Le gardien de la paix Marcel Blanc, qui n'a pas oublié la triste affaire du " Couturier de la Mort ", continue d'avoir l'œil : un tueur en série est si vite arrivé ! Pas de chance, c'est encore lui qui va découvrir les corps soigneusement éviscérés d'hommes dans la force de l'âge.

En dépit des efforts de la police, l'arracheur de viscères reste introuvable. Ce gros malin vit discrètement entre son frigo rempli de morceaux d'intestins, les clous rouillés qu'il aime s'enfoncer dans le nombril, et son métier de pianiste de jazz. Et tandis que l'enquête piétine, les cadavres sans entrailles commencent à sentir mauvais.



Rares sont les auteurs français que je lis, surtout en section policier. C’est avec Ténèbres sur Jacksonville que j’avais découvert Brigitte Aubert, un livre fantastique intéressant et bien écrit. Sa suite, La Morsure des Ténèbres, s’était au final révélée totalement catastrophique et c’est avec un peu d’appréhension que je me suis plongée dans la lecture de Descentes d’Organes. Il faut dire que la quatrième de couverture était assez alléchante puisqu’elle nous propose une enquête sur un mystérieux tueur qui évide ses victimes telles de vulgaires poissons. Si l’histoire paraît intéressante, le contenu au final n’est qu’une élucubration de scènes plus stupides les unes que les autres, nous faisons nous demander si nous n’avons pas affaire à un auteur novice. Rien ne va, que ce soit au niveau des personnages, de l’écriture ou de l’évolution de l’intrigue.

Côté personnages, c’est un défilé de stéréotypes qui s’affiche sous nos yeux. Entre les lieutenants stagiaires incapables et le capitaine pervers, acariâtre et stupide on n’est pas vraiment au bout de nos peines. Seul le gardien de la paix Marcel Blanc, affublé d’une magnifique moustache, relève un peu le niveau. Et où est donc la logique ici ? Certes il est intéressant d’avoir un gardien de la paix en héros, mais de là à devoir discréditer l’équipe policière en charge de l’enquête (et donc censée être compétente dans ce domaine), on frôle le ridicule. Enfin, on plonge dedans à grands sauts, puisque Lola Tinarelli et Laurent Merrieux sont deux bras cassés. Tandis que la blonde pulpeuse se fait voler son sac à main avec son arme à l’intérieur et se retrouve avec un nez cassé, son collègue préfère jouer au profiler novice en communiquant avec Quantico, quand il ne joue pas à Lara Croft sur son ordinateur.

On se retrouve à mille lieux d’un polar digne de ce nom. La cohérence de l’histoire ne tient qu’à Marcel, qui comprend comme par magie que si l’on repêche un corps dans la mer, on a du jeter ledit corps à partir d’un bateau sans moteur pour ne pas se faire repérer dans la nuit. Simple logique qui ne vient à l’esprit de personne. Rajoutons un tueur presque crédible dans sa folie, mais qui devient totalement pathétique lors du dénouement. Qui plus est, rien n’explique comme il faut pourquoi il tue de cette façon. On ne peut lui enlever qu’il reste le personnage qui fait avancer l’histoire, grâce à ses meurtres, mais l’histoire peine à décoller et on s’ennui du début à la fin.

Pour terminer, même l’écriture est plate, presque enfantine. Entre dialogue ridicule ou peu crédible, des descriptions simples et sans saveurs, on se perd. Surtout quand au milieu on retrouve les pensées d’un tueur mort, mais qui est coincé dans le corps de Lola sans qu’elle ne le sache. Et n’oublions pas que sa présence n’apporte absolument rien à l’enquête.


Descentes d’Organes est un livre qui ne vaut absolument pas la peine qu’on l’ouvre, sous peine de mourir d’ennui et de frustration.

6 juil. 2012

Old Boy

Film coréen

Date de sortie: 2003

Réalisé par: Park Chan-Wook

Avec: Min-sik Choi, Ji-tae Yu and Hye-jeong Kang etc.

Durée: 1h59

Genre: Drame/Thriller

Synopsis: 1988. Oh Daesso est kidnappé par des inconnus en sortant de chez lui. Après avoir perdu connaissance il se rend compte qu'il est emprisonné, quelque part. Tous les jours, il est nourri et lavé. Après une tentative d'évasion et une tentative de suicide qui échouent, il se rend compte qu'il n'a même plus la liberté de se donner la mort. 2003 : Après s'être évanoui, Daesso réalise qu'il vient d'être relâché. Il a sur lui un portefeuille, de l'argent et un téléphone portable qui va se mettre à sonner. La voix à l'autre bout du fil donne le départ d'un terrible jeu : "Tu dois maintenant chercher qui je suis et pourquoi je t'ai emprisonné pendant 15 ans".



Deuxième film d’une trilogie basée sur le thème de la vengeance, Old Boy est une œuvre forte qui ne laisse pas indifférents les spectateurs : que l’on aime ou pas, on ne ressort pas tout à fait intact du visionnage de ce film.

La force d’Old Boy tient en plusieurs points. Tout d’abord son histoire, d’une implacabilité déconcertante. Alors que la première partie nous plonge dans la perplexité, la suite va se révéler d’une ingéniosité frappante. Dès le début on se retrouve au même niveau que le héros, Oh Dae-Su, dans l’incompréhension de ce qui lui arrive : pourquoi se fait-il enfermer ? Pourquoi l’empêche-t-on de se suicider ? Et enfin, pourquoi le relâche-t-on ? Toute la complexité du film se résume par ces questions. Tandis que la chasse à la vengeance débute le film prend peu à peu une tournure déroutante qui va nous plonger dans les méandres d’un drame qui tournera à l’horreur.

Cette vengeance est un périple qui oscille entre la vie et la mort, comme le résume la simple image d’un homme sur une chaise, suspendu dans le vide. Un compte à rebours est lancé : Oh Daed-Su n’a que cinq jours pour trouver qui est derrière son calvaire qui a duré quinze ans. Son seul indice est un proverbe : « Le caillou et le rocher coulent dans l’eau de la même façon ». Les portes du passé vont devoir s’ouvrir devant cette course frénétique, et la vérité va éclater telle une bombe. Choqués, nous le sommes tout autant qu’Oh Dae-Su, car ce qui se cache derrière son emprisonnement défi les codes moraux et les pensées bienséantes, mais surtout touche presque au ridicule. L’ampleur des conséquences est disproportionnée par rapport au passé, et l’on ne peut s’empêcher de juger de folle la personne qui s’en prend au héros. La fin nous laisse pantois, désarçonnés : tout comme Oh Dae-Su nous nous sommes laissés entraîner dans la folie patente d’une personne et nous avons été manipulés comme de vulgaires marionnettes.
La vengeance est double dans Old Boy, mais surtout elle marque à jamais les personnes qui tentent de s’en acquitter. Les personnages sont prisonniers de cette envie et n’ont aucun moyen de s’en sortir : ils sont sienne à jamais. Ce qui m’amène au deuxième point fort du film : la prestation des acteurs, et de Min-sik Choi en tant qu’Oh Dae-Su. Il campe à merveille cet homme brisé, à la frontière de la folie et de l’animalité. Cheveux ébouriffés telle une crinière, yeux perçants, allure chaloupée d’un chasseur : tout en lui sonne comme un prédateur dans un corps d’homme prêt à sauter à la gorge du premier venu. Sa prestation est d’une justesse imparable. Alors qu’il aurait été facile de tomber dans le grotesque, comme c’est souvent le cas dans ce genre de films, Choi sait maîtriser son rôle à la perfection. Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste et tous nous offres des personnages pris dans les tourments de la vie, si réels et humains de par leurs défauts et leurs choix. C’est une œuvre complexe et humaine que le réalisateur nous offre ici, rendue prenante par la réalisation qui fait la part belle à la violence. Mais sous les coups et le sang, c’est un romantisme qui transparaît, sur un fond de drame Shakespearien. On le ressent surtout grâce à cette BO magnifique, qui contraste grandement avec les images et nous propose une vision poétique de l’histoire.




Déroutant et brillant sont deux adjectifs qui, selon moi, caractérisent parfaitement ce film. On oscille entre vengeance et pardon, violence et amour tout comme le héros. Park maîtrise son film d’un bout à l’autre, et c’est une œuvre magistrale qu’il a su nous présenter.

29 juin 2012

Les dessous de Palm Beach

Série américaine (1991- 1999) (Silk Stalkings)

Genre: Crime, Drame, Mystère

Durée: 60 min

Créée par: Stephen J. Cannell

Production terminée: 8 saisons, 178 épisodes

Avec: Mitzi Kapture, Rob Estes, Chris Potter...




Retour aujourd'hui sur une série qui a marqué mon enfance: Les Dessous de Palm Beach. Pour ceux qui ne connaissent pas, cette série policière mettait en scène deux flics qui enquêtaient dans les milieux riches de Palm Beach en Floride.

Bon, ok, cette série est vraiment loin d'être géniale, mais quand on est petit on aime en général beaucoup de choses nulles. Enfin, du moins c'était mon cas et les Dessous de Palm Beach entre le groupe des séries policières mauvaises. Pourquoi? Tout simplement par ce que le scénario ne vole pas haut. Tout au long des huit saisons, on assiste à des meurtres de gens riches pour des raisons financières ou de jalousie. On retrouve souvent le mari ou la femme en tueur. Pas très innovateur. De plus, on ne peut pas vraiment considérer cette série comme très crédible en voyant les femmes flics habillées en tailleur dont la jupe descend toujours juste en dessous des fesses, le tout accompagné par des talons haut (pratique pour courir) et un sac à main. On dirait plus des femmes d'affaire que des policiers, mais c'est pas grave. Attardons-nous encore un peu sur l'esthétique vestimentaire des personnages en général. Outre les tenues inappropriées, soulignons aussi les couleurs criardes des vêtements, qui vont du vert flashi au rose fluo en passant par du bleu électrique, du jaune voyant et d'autres couleurs bien pétantes. C'est un arc-en-ciel qui défile sous vos yeux. Ce défilé de couleurs criardes est un peu la signature de la série. En effet, on les retrouve dans le commissariat de police: des murs bleus voire roses, avec une touche de palmier vert fluo. Ca donne envie d'y passer faire un tour. On retrouve ce genre de décoration chez les personnages eux-mêmes (chez Rita Lance par exemple.) 

Outre ces couleurs voyantes, la particularité de la série est d'afficher des filles en bikinis ou sous-vêtements super sexy pour accentuer ce côté huppé & sex. D'ailleurs, on les retrouve toujours dans la scène d'ouverture de chaque épisode: on commence toujours par une petit scène de sexe pour bien mettre dans l'ambiance. Ah et c'est là qu'on remarque la merveilleuse particularité des américains qui savent faire l'amour tout habillés! Si si, je vous assure que je ne rigole pas. Les femmes ont toujours leur culottes (voire leur robe ou jupe) et les hommes leur caleçon. Quand je vous disais que cette série brille pour sa crédibilité!

Il n'empêche que je peux la regarder parce que je suis attachée au premier duo, composé des sergent Lance et Lorenzo. Ces deux étaient vraiment bien et surtout attachants. Ils portaient la série sur leurs épaules. Leurs remplaçants n'auront pas le même succès. Le premier couple qui suit ne sert à rien et dégagera rapidement (au bout seulement de quelques épisodes). Le dernier couple peut aller, mais il est mal exploité. Ayant perdu ses deux éléments essentiels, la série n'a jamais connu le même succès qu'à ses débuts.




Bon, je ne vous conseillerai pas cette série si vous ne l'avez jamais regardé. A moins que je vous ayez envie de vous changer les idées en rigolant. Pour les nostalgiques des année 90, ça pourrait vous tenter.

24 juin 2012

Highshool of the Dead

Auteur: Satou Daisuke (scénario); Satou Shoji (dessin)

Type: Seinen

Genre: Action, Horreur, Ecchi

Editions: Pika

Publication: En cours => 7 tomes

Résumé: La journée du 13 avril avait commencé comme une matinée ordinaire au pensionnat de Takashi. Mais alors qu’il sèche les cours et s’apprête à faire une petite sieste sur la terrasse de l’établissement. Il aperçoit devant le portail un professeur se faire dévorer par ce qui semble bien être un mort-vivant... Tout bascule alors dans l’horreur et le gore. Takashi va tenter de quitter l’enceinte de l’établissement en compagnie de Rei, son amie d’enfance. Elle sera accompagnée de quelques autres élèves et Mlle Marikawa, l’infirmière sexy et étourdie. Mais rien ne dit que la situation sera plus reluisante à l’extérieur...Le monde est contaminé par une maladie qui transforme les humains en morts-vivants. Des lycéens ainsi qu’une infirmière scolaire s’engagent alors dans une course effrénée pour essayer de leur échapper. Contre les morsures et autres griffures, les voilà armés de battes de base-ball, de piquets et tout ce qui permet de broyer les crânes des infâmes créatures… La lutte pour la survie commence… Et il n’y a pas d’antidote !



Highschool of the Dead est un seinen qui devrait ravir les fans de zombies. Comme le titre l’indique, les héros de ce manga ont affaire à des morts-vivants qui, comme dans toute histoire de zombie qui se respecte, sont friands de chair fraîche humaine. On assiste à un début d’apocalypse à laquelle quelques lycéens tentent de faire ça.

L’histoire en elle-même ne brille pas vraiment par son développement. Alors qu’on s’attend à quelque chose d’innovant, on se rend compte que finalement on est face aux rouages habituels des histoires de zombie : bastons, dégommage de monstres dans un bain de sang. Malgré tout on ne s’ennuie pas, et on peut même noter quelques différences qui sont intéressantes et qui font que l’on accroche au manga. Tout d’abord, ce sont les personnages principaux. On a plus souvent l’habitude de voir un groupe d’adultes avec quelques enfants qui combattent pour survivre. Ces adultes représentent le survivant au sang froid, qui sait prendre les bonnes décisions pour sauver les autres. Ici, on s’aperçoit que la seule adulte du groupe est en fait une grande enfant qui ne prend pas de réelles décisions et qui ne fait que suivre les lycéens. De plus, la plupart des adultes rencontrés sont soit déconnectés de la réalité puisqu’ils refusent d’accepter ce qui se passe ; soit des fous sectaires qui profitent du chaos pour étaler leur pouvoir. Seuls quelques adultes (notamment les parents des héros) sont un exemple de l’adulte combatif qui est prêt à tout pour survivre.

Une autre différence est le but que poursuit notre petit groupe. Bien que la survie soit primordiale, leur priorité n’est pas de trouver un abri mais de retrouver leurs parents. Ce but commun fait la force et le maintient du groupe. Et même si on suit les aventures d’un group de survivants, les auteurs n’ont pas oublié d’aborder le caractère de chacun, les rendant unique, voire un peu stéréotype.

Même si Highschool of the Dead ne nous présente pas une histoire extraordinaire, ce manga a la prétention de nous divertir, chose qu’il réussit parfaitement. Cela tient également aux dessins, notamment aux belles scènes de combat. On note aussi l’attention portée aux filles dans des tenues sexy et à leurs formes plus que généreuses. Les fans apprécieront cette petite touche de fan service qui ne nous détourne pas pour autant de l’histoire elle-même.

Highschool of the Dead a été adapté en série animée de 12 épisodes. Cet animé est très fidèle au manga et se laisse regarder avec plaisir. On a aussi le droit à un générique bien rock, qui met de bonne humeur. Si vous appréciez les histoires de zombies, foncez sur ce seinen.


21 juin 2012

The Woman in Black

Film américain

Date de sortie: 2012

Réalisé par: James Watkins

Avec: Daniel Radcliffe, Ciaran Hinds, Janet McTeer...

Durée: 1h35

Genre: Drame / Horreur

Titre français: La Dame en Noir

Synopsis: Arthur Kipps, jeune notaire à Londres, est obligé de se rendre dans le petit village perdu de Crythin Gifford pour régler la succession d’une cliente récemment décédée. Dans l’impressionnant manoir de la défunte, il ne va pas tarder à découvrir d’étranges signes qui semblent renvoyer à de très sombres secrets. Face au passé enfoui des villageois, face à la mystérieuse femme en noir qui hante les lieux et s’approche chaque jour davantage, Arthur va basculer dans le plus épouvantable des cauchemars…



Avec ce film d’horreur, la Hammer signe son retour sur les grands écrans et dans le monde de la production. Pour se faire, elle a choisit un film à l’ambiance bien gothique, qui ne serait pas sans rappeler les Draculas ou Frankestein de son âge d’or.

La Dame en Noir semble être au départ qu’un énième remake, comme il en est la mode ces dernières années. Pourtant, il n’est pas si mauvais que ça et on se surprend à suivre avec intérêt l’histoire.

On retrouve Daniel Radcliffe qui tente de nous faire oublier son rôle d’Harry Potter en endossant les habits d’un jeune notable londonien, Arthur Kipps. Malgré son jeune âge, la prestation que nous offre l’acteur est convaincante et il parvient avec justesse à nous présenter un homme  endeuillé. En effet, Kipps a perdu sa femme 4 ans auparavant alors qu’elle donnait naissance à son fils. Depuis ce jour, le jeune Kipps n’a jamais su se remettre de sa perte. Il reste par ailleurs hanté par l’esprit de sa femme, qu’il ressent comme une présence ou qu’il semble apercevoir dans ses pensées alors qu’elle est vêtue d’une robe blanche.
  
Ainsi donc, par sa nature d’homme perpétuellement endeuillé, Kipps n’a pas réussi à redresser la barre de sa vie : son fils le voit et le dessine comme un homme triste, qui ne sourit jamais. Il est également sur la sellette pour son boulot. Sa dernière chance de le garder est celle de s’occuper des affaires d’une femme récemment décédée dans le petit village de Crythin Gifford. Ce travail va chambouler la vie de Kipps, qui va découvrir le secret terrible qui se cache derrière le village. Nous spectateurs avons déjà eu un aperçu de ce drame lors de la séquence d’ouverture du film, qui nous laisse choqués et perplexe. Cette scène nous plonge direct dans l’ambiance gothique du film, grâce au décor de la chambre et au grain de l’image. Cette beauté dans la photographie est un des points forts de ce film. On retrouve une Angleterre pluvieuse (Londres, arrivée au village) et fortement brumeuse qui contribue à rendre une atmosphère oppressante. Le décor lui-même participe à cette atmosphère, notamment grâce au contraste entre l’île où se trouve le manoir et l’immensité de l’étendue qui l’entoure, rendue par un champs large. Le manoir n’est rien d’autre que l’exemple des vieilles bâtisses du 19ème siècle décrites dans des livres gothiques. Il est imposant et ses fenêtres lui confèrent une impression de danger. Que l’on soit à l’intérieur ou à l’extérieur on ressent une sorte de malaise, que ne semble pas partager le héros.
  
Ce dernier débarque donc dans le village avec pour seule ambition faire son travail du mieux possible. Il va se heurter à la froideur des habitants, qui semblent plus que contrariés d’avoir un étranger chez eux. Malgré cet accueil et le fait que l’on veut le renvoyer à Londres, il va se rendre dans ce manoir et petit à petit être le témoin d’étranges phénomènes. Le réalisateur ne cherche pas à être orignal dans sa manière de faire peur : au contraire, il joue avec toutes les ficelles de ce genre de films, entre portes qui s’ouvrent ou se ferment, musique angoissante, jeu d’ombres magnifiquement manié d’une main de maître. Même si l’on peut s’attendre à sursauter à tel moment, la surprise reste là (du moins pour ceux qui rentrent dans le film). Le scénario n’est lui par contre pas le meilleur que l’on puisse connaître. On a à faire à une banale histoire de fantôme vengeur. Mais, oui, il y a un mais, c’est que l’histoire prend une autre tournure quand ce sont les enfants qui trinquent, ce qui donne une dimension plus tragique au film. Cette dame en noir paraît réellement tarée pour s’en prendre à des innocents. Son allure particulière de femme endeuillée qui ne retrouvera jamais le repos et qui ne pardonnera jamais est assez flippante. D’abord une silhouette à peine perceptible dans le jardin du manoir, elle se rapproche petit à petit de Kipps. Le film joue très bien sur ce rapprochement, ce qui en fait un autre de ses points forts. On ne peut aussi s’empêcher de faire un rapprochement entre cette dame en noir, qui amène la mort, et la femme de Kipps, que l’on peut qualifier de dame en blanche. Alors que la seconde a amené le malheur dans la vie de Kipps (sans que ce soit son intention bien sûr) on sent que la dame en noir va être celle qui va apporter la délivrance à Kipps. Est-ce pourtant le cas ? Au vue de la fin, je vous laisse juge pour interpréter cette impression comme vous le voulez.



En conclusion, on apprécie ce film par son retour à des sources plus sursautantes : adieu les jets de sang sur lesquels surfent les nouveaux films d’horreur. On joue avec nos nerfs en se servant tout simplement du décor à portée de main. On apprécie fortement ce retour aux sources gothiques, et même si La Dame en Noir est loin d’être le film d’horreur par excellence, il vaut le détour.

7 juin 2012

Le meurtre de la falaise

Auteur: Elizabeth George

Titre original: Deception of his Mind

Traducteur: Philippe Loubat-Delranc

Editions: Pocket

Genre: Policier

Date de parution: 1997

Résumé: Le cadavre d'un jeune pakistanais homosexuel est découvert dans une paisible petite station thermale anglaise. Le sergent Barbara Havers, de Scotland Yard, y est justement en convalescence : elle se remet des blessures récoltées au cours de sa précédente enquête. Cette fois, elle ne peut compter sur son célèbre acolyte Thomas Lynley, en voyage de noces. Mais elle est sur place et veut savoir. Malgré l'obstruction d'Emy Barlow, une de ses anciennes collègues de l'école de police, elle parvient à s'imposer dans l'enquête et plonge au coeur de la communauté immigrée. Ce n'est pas forcément une bonne idée...



Après trois lectures plus « classiques », me voilà de retour à mon genre de prédilection, le policier. Encore une fois, je ressors un livre lu il y a pas mal de temps, mais force est de constater que l’histoire m’était complètement sortie de la tête. Et pourtant, ce n’est pas une banale histoire de meurtre et d’enquête que nous propose Elisabeth George. Bien au contraire, le crime semble être un prétexte pour toucher à un sujet délicat et qui malgré les 15 années écoulées depuis la sortie du roman est toujours d’actualité, malheureusement. A travers une critique plutôt acerbe de la société anglaise, l’auteure nous dévoile les bas fonds du racisme et ses conséquences sur une petite ville balnéaire de l’île britannique.

On suit l’intrépide agent Barbara Havers, qui suite à un bon tabassage en règle lors de sa dernière enquête, se voir octroyer des vacances forcées. Ennui mortel à l’horizon qui pourrait disparaître avec la visite de sa voisine, Haddiyyah, petite pakistanaise de 8 ans. Mais une affaire urgente contraint la petite à accompagner son père dans l’Essex, pour une histoire de famille. Une coïncidence fortuite apprend à Barbara que le corps d’un pakistanais vient d’être découvert à Balford-le-Nez, dans l’Essex. Ni une ni deux, voulant aider ses voisins qu’elle apprécie beaucoup, notre agent de Scotland Yard fonce vers la station balnéaire de son enfance. C’est ainsi que va commencer une enquête des plus difficiles, où la prudence sur les paroles prononcées sera d’une importance capitale.

Arrivée sur place, Havers va se voir confier le rôle de médiateur entre la police et la communauté pakistanaise à chaud, prête à descendre dans la rue et à tout casser si l’enquête n’avance pas et si l’on ne la tient pas au courant. Tension extrême entre cette communauté étrangère et celle locale, anglaise. Le racisme est plus que présent tout au long de ce récit. On découvre par ailleurs les coutumes musulmanes de ce peuple, en décalage avec la vie moderne anglaise. La force de George est de dépeindre ce qu’elle apprit de ses recherches sans prendre parti pour autant. Ses personnages apparaissent plus vrai que nature, tant par leurs choix que par leurs actes.

Ce qui en résulte, ce sont des personnages intéressants, mais bien souvent énervants. L’exemple le plus typique reste le futur beau-frère de la victime. Né en Angleterre, il ne se considère absolument pas anglais et revendique ses origines tout le temps. Doté d’un caractère acariâtre, qui ne souffre pas d’être désobéi, on a un être détestable sous toutes ses formes. Il n’hésite jamais à hurler au racisme pour n’importe quelle situation, semblant croire que ce sentiment horrible n’existe que chez les anglais. Hors il nous démontre qu’il peut être lui-même bien plus raciste que certains british. J’ai particulièrement détesté sa façon d’agir envers la police, mettant à profit le racisme pour tenter d’avoir toutes les informations possibles, les menaçant de faire descendre la communauté pakistanaise dans la rue. Ce comportement démontre un non-respect et un déni pour l’autorité ainsi que ce côté supérieur que possède le personnage. On profite que la victime soit étrangère pour exiger la priorité de l’enquête. Si la victime avait été anglaise, aucune pression pareille n’aurait été faite.

Loin de dénigrer le problème du racisme, je trouve qu’il est souvent mis à profit par les gens quand ça les intéresse. Hors, Muhannad Malik, le beau-frère n’est pas en reste de ce côté-là. Aussi raciste que certains anglais, il n’hésite pas à utiliser son association comme couverture pour tabasser des anglais. Pourtant, même si on ne cautionne pas son comportement, on comprend pourquoi et comment il est devenu ainsi. George nous le montre lors d’une scène rapide, avec un camionneur qui lance une bouteille rempli d’urine sur des enfants pakistanais tout en les insultant. Au final, Muhannad n’est que le produit du comportement des anglais.

Un autre personnage intéressant, mais dont les actes resteront difficiles à comprendre pour nous européennes, c’est Sahla Malik, la sœur de Muhannad et fiancée du mort. Elle a grandit comme son frère dans les injures et les mises à part des autres enfants à l’exception d’une fille, Rachel, qui devient sa meilleure amie. Mais Sahla est pakistanaise et musulmane, et se plie à sa religion et aux coutumes d’une volonté qui laisse Rachel pantoise. Ainsi, elle est soumise à son père et son frère mais également à sa belle-sœur, horripilante au possible. Elle tombe amoureuse d’un anglais mais la coutume veut que ses parents lui choisissent un mari : concept de mariage arrangé inconcevable chez nous, où les femmes sont libres de faire ce qu’elles veulent, de travailler et où elles sont égales à l’homme. Pourtant, Sahla est dépeinte comme une fille forte, avec du caractère, mais pour qui le devoir envers sa famille, l’honneur, passe avant tout.

Ce sont ces concepts totalement inconnus pour nous qui font naître le racisme. Cette incompréhension face à une coutume différente rend la cohabitation difficile et donne naissance à des tensions. Mais la possibilité de vivre ensemble en harmonie n’est pas absente de ce livre, au contraire, on espoir subsiste.

Entre racisme et autres pistes possibles, l’enquête semble s’éterniser alors qu’elle est bouclée en trois jours. Entre vol, jalousie, meurtre homophobe ou pour se protéger d’un trafic d’humain, les mobiles se multiplient. Le dénouement reste une grande surprise, mais des questions subsistent à la fin du roman, gâchant quelque peu cette lecture assidue. Malgré tout, l’écriture reste claire et agréable. Les descriptions ne se perdent pas en longueur de phrases, on suit facilement l’intrigue. 


Ce policier reste néanmoins un excellent livre, touchant un sujet sensible mais lui donnant toute sa réelle ampleur. Il est malheureusement regrettable que 15 ans après, aucune avancée ne semble avoir été faite, bien au contraire au vu de l’actualité. Mais le personnage de Havers et l’innocence de la petite Haddiyah nous prouve que tout espoir n’est pas perdu.

3 juin 2012

Walk off the Earth

Je vous fais partager une nouvelle découverte musicale (merci à mon frère )


Walk of the Earth est un groupe canadien composé de 5 membres: Ryan Marshall, Gianni Luminati, Mike Taylor, Joel Cassady, Sarah Nicole Blackwood. Ils sont connus pour leur reprise de chansons sur Youtube, grâce notamment à leurs clips mais surtout  l'utilisation d'instruments que l'on ne voit pas forcément tous les jours. Ils ont également à leur actif des chansons originales.

Le charme de ce groupe provient de leurs talents à manier différents instruments, des voix absolument magnifiques des trois chanteurs, mais aussi de cette harmonie qui se dégage de ce groupe.

Je vous propose quelques vidéos ici, dont la reprise hallucinante de Somebody That I Used to Know, de Gotie.

Enjoy :)









31 mai 2012

Akuma to love song

Auteur: Toumori Miyoshi

Type: Shojo

Genre: Romance, Ecole

Editions: Kana

Publication: Terminé => 13 tomes

Résumé: Une nouvelle élève, qui a été renvoyée de la prestigieuse école Sainte-Catholia, arrive au lycée de Totsuka. Elle s'appelle Maria Kawai, elle est jolie, mais elle possède un sixième sens qui l'amène à voir les véritables intentions des personnes qui l'entourent.
 Sa franchise lui attire des ennuis dans sa nouvelle classe, et elle se fait harceler par les élèves. Mais Maria n'est pas décidée à se laisser faire ! Et elle n'est pas seule !




 Voici un shojo qui m’a fortement intriguée lors de ma lecture du premier tome. Il faut dire qu’il est peu banal, puisqu’on est loin du cliché de l’héroïne faible qui n’aspire qu’à vivre avec l’homme de ses rêves, qui l’aide pour tout et qui passe son temps à pleurer quand rien ne va (j’exagère un peu). Au contraire, Maria Kawai est une jeune fille forte, qui ne se laisse jamais abattre. Sa plus grande qualité, c’est sa franchise, mais elle également son ennemie. En effet, Maria semble avoir le don de percevoir les réelles intentions des gens et elle n’hésite jamais à les dire tout de go. Ce n’est pourtant pas pour de mauvaises intentions qu’elle s’exprime, mais bien parce qu’elle est « vraie ». Elle ne connaît en aucun cas l’hypocrisie, et cette franchise et cette droiture dans son caractère vont la conduire à se faire détester dès son arrivée dans sa nouvelle école. Il faut dire qu’annoncer directement à ses camarades qu’elle a été expulsée de son ancienne école (très prisée) parce qu’elle a frappé un des professeurs (une sœur, de surcroit) n’est pas la meilleure entrée qui soit. A l’exception de deux garçons, Maria va être directement rejetée par le reste de la classe. Cela est compréhensible : qui aime être confronté à sa part d’ombre et d’hypocrisie ? Qui aime qu’on dévoile ses vrais sentiments ou intentions ? Personne. Ce qui va valoir à Maria le surnom de démon. Très ironique, puisqu’à travers son surnom on tente d’enlaidir Maria. Or son nom de famille signifie jolie/mignonne.

Mais alors qu’on nous présentait un personnage inébranlable dans ses convictions, fort, on s’aperçoit que les remarques de ses camarades touchent quand même Maria. Elle est consciente que sa franchise lui fait tord, et elle se déteste. Elle n’a qu’une envie, changer : opérer une jolie transformation, comme le lui conseil un des garçons. Voilà donc le quotidien de Maria qui se déroule sous nos yeux. Son indifférence apparente face aux moqueries de ses camarades, sa tentative de changer… c’est ce que nous réserve l’histoire, qui se concentre sur son héroïne. Ce qui m’amène aux points plus négatifs du manga. Le fait de se concentrer autant sur Maria amène la mangaka à délaisser les personnages secondaires, un peu trop à mon goût. Cela se ressent également à travers ses dessins. Tandis qu’on a une Maria joliment dessinée (traits fin, visage mature), ses camarades sont fades. Le pire reste les élèves de la classe avec peu de poids dans l’histoire ou les « méchants ». Ils sont assez moches, comme si leur rôle secondaire leur confère moins d’impact visuel. Côté caractère, ils sont également à peine esquissés. Ce que je trouve vraiment dommage pour l’entourage nouvellement proche de Maria. Un autre point négatif selon moi, ce sont les tirades mentales de Maria, qui sont un peu trop longues à mon goût. Mais ce n’est que mon point de vue.

Malgré ces mauvais points, ce shojo se laisse dévorer : on passe un excellent moment entre rire et pleurs (sans jamais tomber dans l’excès) et on en redemande. Surtout que les choses prennent un tournant fortement intriguant.

Je vous laisse aller dévorer ce manga ; quant à moi, j’ai d’autres lectures qui m’attendent.

19 mai 2012

L'écume des jours

Auteur: Boris Vian

Editions: Gallimard

Genre: Romance

Date de publication: 1947

Résumé: L'Ecume des jours : ce titre léger et lumineux annonce une histoire d'amour drôle ou grinçante et inoubliable, composée par un écrivain de vingt-six ans. C'est un conte de l'époque du jazz et de la science-fiction, à la fois comique et poignant, heureux et tragique, merveilleux et fantastique, féerique et déchirant. Dans cette oeuvre d'une modernité insolente, l'une des plus célèbres du Xxe siècle et livre-culte depuis plus de trente ans, Duke Ellington croise le dessin animé, Sartre devient une marionnette burlesque, le cauchemar va jusqu'au bout du désespoir. Mais seules deux choses demeurent éternelles et triomphantes : le bonheur ineffable de l'amour absolu et la musique des noirs américains...



Ces derniers temps je suis prise par l’envie de relire mes « vieux » livres présent dans ma bibliothèque, histoire de me remémorer un peu les histoires devenues floues. C’est ainsi que je suis retombée sur cette œuvre classique de Boris Vian, que j’avais étudiée au collège. Pour être honnête, je n’en avais gardé qu’un souvenir d’ennui. Voilà donc pourquoi j’ai décidé de le relire, histoire de mieux comprendre l’œuvre, mais surtout pour la redécouvrir avec des yeux nouveaux. C’est ainsi que je me suis lancée à corps perdu dans la lecture et j’ai enfin pu apprécier à sa juste valeur la poésie de Vian.


Vian nous plonge à sa manière dans un monde qui semble proche du notre, mais qui en même temps est complètement à l’opposé de notre réalité. Dans cet univers décalé où la poésie prend le pas sur les choses et les gens, on découvre Colin, un jeune homme riche qui apparaît assez vite comme étant gentil mais niais. Loin du héros de roman classique, Colin ressemble plutôt à un stéréotype de second qui n’a pas beaucoup voire aucune qualité. Il n’a pratiquement aucune activité, à part celle de parler cuisine avec son cuisinier, de faire du patin, d’écouter du jazz, de manger et de dormir. Le travail est un concept qui lui fait horreur, et il est presque toujours assisté dans ses gestes ou actions. Malgré ce portrait qui paraît assez creux, Colin reste bel et bien le héros de cette littérature romantique.

A ses côtés évolue Chick, un homme de condition moyenne, qui au contraire de Colin doit travailler pour subvenir à ses besoins. C’est un personnage qui semble sympathique au premier abord, plus que le héros, mais il se révèle n’être qu’un profiteur pour qui seule sa passion de Jean-Sol Partre compte. C’est lors d’une conférence de ce grand philosophe qu’il va faire la connaissance d’Alise, une charmante jeune fille qui n’hésite pas à quitter son domicile pour vivre avec son amour.

Grâce à ses amis, Colin va faire la connaissance de Chloé, et c’est l’amour fou entre les deux protagonistes. Ils se retrouvent tous les deux dans leur côté niais et fainéant. Alors que tout commençait pour le mieux dans un monde où les souris sont amis avec les gens, où les poissons nages dans les conduits d’eau et se retrouvent dans les lavabos, où jouer du piano peut vous donner un cocktail, où la chaleur humaine fait pousser des fusils, où les maisons peuvent rétrécir etc. Vian nous raconte un drame qui va prendre des proportions importantes, sans s’éloigner de cette magie poétique. On est captivé par cette histoire, pourtant il est difficile de se sentir proches des personnages principaux, tant ils semblent creux ou détestable. Malgré leur côté négatif, on espère que tout va s’arranger.

L’histoire met du temps à évoluer, Vian s’amuse à installer le contexte petit à petit, mais quand tout bascule, ce n’est pas en demi-teinte. Le rythme finit par s’accélérer, et quand les changements surviennent aux personnages, c’est également leur environnement qui en pâtit.

Cette relecture a été une magnifique redécouverte. La poésie est un magnifique outil pour décrire drame ou évènement heureux, mais l’impact n’en est pas atténué pour autant.
Rempli de métaphores, de symboles, ponctué par une rythmique de métronome et un lyrisme éperdu, ce roman nous entraîne dans une multitude de thématiques qui ne laissent aucunement indifférent. Qu'on aime ou pas, cette oeuvre marque par son originalité et son côté rêveur qui parvient à nous faire quitter notre quotidien.


C’est une œuvre à lire absolument une fois dans sa vie.  

10 mai 2012

Rubber

Film français et anglais

Date de sortie: 2013

Réalisé par: Quentin Dupieux

Avec: Stephen Spinella, Roxanne Mesquida, Jack Plotnick...

Durée: 1h25

Genre: Comédie horrifique

Synopsis: Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d’un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence.



Rien qu’en voyant la bande annonce vous savez que vous aurez affaire à un film plus que bizarre. Et côté étrangeté, vous pouvez être certain de ne pas être déçus. On plonge dans l’ambiance particulière dans le début : un homme sur un petit chemin cahoteux au milieu du désert, des jumelles à la main. Une voiture apparaît dans le champ du fond et avance doucement vers nous, prenant soin de faire des zigzags et de heurter des chaises qui se trouvent là. Premier haussement de sourcils. On reste un peu sceptique face à  cette entrée. Une fois la voiture stoppée, un shérif sort du coffre, prend un verre d’eau et s’approche de la caméra. Ok, normal, tout va bien. Il nous fait un petit speech qui a l’air intéressant, puisqu’il pointe le doigt sur la justification de certains choix dans les films : pourquoi E.T est-il marron ? Pourquoi deux personnages tombent-ils fou amoureux l’un de l’autre ? Pourquoi ne voit-on pas les personnages aller aux toilettes dans Massacre à la tronçonneuse ? (de mon point de vue personnel, cette question là est plus qu’idiote). La réponse du shérif est toute simple : il n’y a aucune raison. Voilà donc la justification du film : il n’y pas plus de raison à avoir un pneu tueur qu’un E.T marron. Avouons que cela prête à sourire. C’est d’ailleurs ça qui attire les spectateurs au premier abord : un pneu tueur, quésaco ? Je suis tombée dans le piège, m’attendant à voir un navet ou pourquoi pas un nanard, et surtout m’attendant à rire un peu. Ce qui ne m’est jamais arrivé au final.

Après l’étrange monologue du shérif, qui repart vite, on s’aperçoit qu’il s’adressait en fait à des gens, tenus derrière un cordon rouge. On va comprendre qu’en fait ce sont des spectateurs (d’où l’utilité des jumelles) qui vont assister à un film en direct. Ils vont donc suivre la naissance de Robert, petit pneu abandonné dans le sable du désert. Le gentil petit pneu va s’amuser à rouler dans le désert, son apprentissage du monde accompagné par une petite musique guillerette. Il va encore mieux s’éclater en écrasant une bouteille en plastique, puis un scorpion. Quelle insouciance ! C’en est presque beau… Mais le premier drame survient pour Robert : une bouteille en verre lui fait obstacle. Oh la vilaine bouteille qui ne se veut pas se casser. Notre petit pneu est pris de convulsion, énervé, et paf ! la bouteille explose. Un pneu télépathe, si c’est pas mignon quand même. Les spectateurs sont ravis, ils s’esclaffent de bonheur, ils commentent. Ce que nous voyons, c’est une parodie de nous-mêmes au cinéma, et les clichés sont assez bien représentés.

Le voyage de notre ami va continuer et l’amener sur une route presque déserte, où il va rencontrer une belle fille dans une belle décapotable. Voilà donc la petite touche romanesque du film. Mais un méchant conducteur va faire valser Robert alors que ce dernier se rapprochait de son nouvel amour. Pas content, notre pneu décide de faire la fête au gars et lui explose donc tout naturellement sa tête. L’action arrive, enfin !

Et Robert le stalker reprend sa route, à la poursuite de sa bien-aimée, qu’il va retrouver dans un motel perdu dans le désert. Séquence magique ici entre meurtre et espionnage dans la piscine, puis une sorte de tentative de suicide de Robert (impossible à savoir exactement). Notre souffle en est coupé… par les bâillements qui annoncent un profond ennui.

Mais voilà un retournement de situation qui continue dans la lignée du n’importe quoi. Sans aucune raison, les spectateurs se font empoisonner par leur guide. Cela semble être en fait un rituel de ces séances de cinéma dans le désert. Bizarrerie, quand tu nous tiens. La séance est donc annulée, on arrête le tournage. Du moins c’est que tente le shérif en essayant de faire comprendre à ses associés que tout ce qui est arrivé n’est pas réel. Ok… les acteurs ne sont pas au courant qu’ils sont acteurs et que tout est bidon. Logique. Hélas pour le shérif, un spectateur n’est pas mort, il faut donc continuer le film. De plus, la réalité a rejoint la fiction. Lui qui pensait que rien n’était vrai, Robert tue vraiment les gens par la pensée.

Et on plonge dans les dernières séquences : séquence émotion avec Robert qui découvre le sort de pneus qu’on brûle (on sent que sa haine envers les humains va être attisée), séquence on file le tueur et on tente de l’arrêter. Tout ça est d’une lenteur à vous endormir.

Le shérif va finir par en avoir marre, et va tuer Robert de coups de fusils (c’était compliqué de faire ça dès le départ) et s’en va. Mais notre tueur atypique se réincarne en tricycle et se dirige vers Los Angeles, réveillant au fur et à mesure de sa progression d’autres pneus. Annonciateur de la prise de pouvoir de la ville par des pneus, d’une nouvelle carrière cinématographique pour Robert ou d’une suite à ce film ? On s’en fiche puisqu’on est heureux que tout soit enfin terminé.


Rubber semble être un exercice de démonstration de la part du réalisateur, qui joue avec les clichés tout au long de l’histoire. Au nom du « il n’y a aucune raison », on peut faire ce qu’on veut, quitte à torturer mentalement le spectateur. Parce que le film est plat, alors qu’on attend un peu d’action, elle ne vient jamais réellement. Comme quoi, sans un minimum de dynamisme, la mayonnaise ne peut pas prendre. Le point positif se retrouve dans la réalisation et la photographie, qui relèvent le niveau du film. Malgré tout, ce film reste une torture pour moi, et je ne vous le conseille vraiment pas.