28 déc. 2011

Tucker and Dale VS Evil

Film américain

Date de sortie: 2010

Réalisé par: Eli Craig

Avec: Tyler Labine, Alan Tudyk, Katrina Bowden, Jesse Moss...

Durée: 1h28

Genre:  Comédie horrifique

Titre français: Tucker et Dale fightent le mal

Synopsis: Tucker et Dale sont deux gentils péquenauds venus se ressourcer en forêt. Ils y rencontrent des étudiants venus faire la fête. Suite à un quiproquo entraînant la mort d’un des jeunes, ces derniers pensent que Tucker et Dale sont des serial killers qui veulent leur peau, alors que nos héros pensent que les jeunes font partie d’une secte et qu’ils sont là pour un suicide collectif ! C’est le début d’un gigantesque malentendu dans lequel horreur et hilarité vont se mélanger.





Dans ce premier long métrage qu'il a lui-même réalisé et écrit, le réalisateur canadien Eli Craig aborde les films d'horreur, et plus précisément les slashers. Pour cela il tente une approche différente et s'attaque aux codes du genre horrifique, créant ainsi une superbe comédie très efficace.

D'entrée de jeu la mise en scène nous plonge dans les méandres des films d'horreur, grâce à une séquence d'introduction sympathique qui reprend dans son ensemble une première séquence typique des films de ce genre. Cela passe donc par un premier crime, ici double, sensé faire trembler les futurs héros de terreur. Les amateurs du genre auront reconnu le clin d'oeil fait au Projet Blair Witch, ou plus récemment à Rec, avec l'utilisation de la caméra sur l'épaule. Technique prisée quand on veut plonger le spectateur au plus fort de l'intrigue, lui donnant l'impression d'être de la partie.

Cette scène d'entrée ne sert pourtant pas de réel point de départ pour l'histoire, elle en est plutôt la conséquence. Et pour comprendre ce qui s'est passé, il va falloir revenir trois jours en arrière.

Craig lâche donc sa caméra sur l'épaule pour reprendre une réalisation plus commune et commence alors la vraie histoire. Il s'aligne sur la trame de tous bons films d'horreurs et surtout slashers en choisissant comme héros et victimes de jeunes étudiants. "On garde les mêmes et on continue" pourrait très bien s'adapter à tous ses films puisqu'à chaque fois, les personnages semblent être les mêmes, entre l'intello, le gros bras pas très futé, la bimbo stupide etc...

Nous voici donc en leur compagnie, partis camper dans une forêt pour le weekend. Jusque là tout va bien, même si on se doute que tout va bientôt basculer, ce n'est qu'une question de temps. C'est alors qu'ils se font dépasser par un vieux break pourri, avec un passager particulier qui va mettre en émoi nos petits étudiants. Il faut dire qu'en les dépassants ce passager à l'air louche les regarde avec un regard vide et la bouche ouverte. Combiné au break pourri il en faut peu pour penser que c'est un psychopathe. Cette impression peu flatteuse se confirmera un peu plus tard quand tous se retrouvent dans un petit magasin comme il en existe aux States, perdu dans les bois (ou parfois dans le désert). Bien entendu, les deux lascars du break pourri se sont aussi arrêtés afin de faire quelques provisions. Dans tout bon film d'horreur, cette scène montre que là est le dernier point de civilisation que rencontrent les jeunes, mais que ce point semble déjà entaché par la solitude du paysage mais aussi par une certaine folie. Craig joue sur ça: quand deux des jeunes entrent dans la boutique, le vendeur qui leur parle a l'air tout aussi fou que son client (le conducteur du break). Entre sa salopette et sa décoration de têtes empaillées, on peut dire qu'il ne donne pas forcément envie que l'on s'arrête à sa boutique. Tandis que nos petits jeunes ressortent avec leur pack de bières, Craig nous réserve un retournement de situation dans la trame habituelle des films horrifiques. En effet, il change de point de vue et va nous faire découvrir qui sont les deux psychopathes... qui se révèlent finalement être deux types normaux. Il ajoute également une nouvelle touche, l'humour, distillée dans les répliques mais surtout dans les quiproquos qui vont suivre. Ainsi, Tucker, le conducteur, va pousser son gros ami Dale à aller parler à une des blondes du groupe pour qui il a le béguin, lui rappelant de rire et de sourire. Dale, n'écoutant que son courage, se décide et accoste le groupe. Pas de la meilleure manière qui soit, puisqu'il s'avance une faux à la main, telle la mort prête à décimer des têtes, et rigole d'un rire cinglé après leur avoir demandé s'ils allaient camper. On ne peut pas en vouloir aux étudiants de flipper face à cette image folle.





Chacun repart vite de son côté, et on découvre avec amusement que d'un Dale est un gentil benêt qui stresse facilement au point de répéter ce que dit son ami, et que de deux, ils sont ici pour remettre à jour leur nouvelle maison de vacance. Et quelle belle maison! Perdue au milieu des bois, entourée de vieux débris elle rappelle celle de Détour Mortel, Cabin Fever et Evil Dead. Une maison dans laquelle on éviterait de mettre les pieds, pourtant ces deux gaillards sont émerveillés à sa vue et sont aussi contents que deux enfants ayant reçu une voiture pour Noël. L'intérieur confirme notre première impression: poussière, décoration avec des os... petit clin d'oeil à Massacre à la Tronçonneuse. Il y a même sur l'un des murs des articles de journaux relatant de meurtres commis dans le voisinage, ce qui n'émeut en aucune façon nos deux héros.

Pendant ce temps, un peu plus loin, les étudiants se sont posés et entament leur séjour gaiement. Une fois encore Craig s'empare d'un code d'horreur: la légende urbaine certifiant que des meurtres se seraient produit ici-même 20 ans plus tôt. On relie passé et présent, meurtrier et futurs victimes.

Le soir même ils décident d'aller tous se baigner dans un petit lac qu'ils ont découvert, sauf Chad, le conteur et semble-t-il fou du jet de hache. Tucker et Dale sont là aussi, en train de pêcher tranquillement. Sauf qu'un nouveau quiproquo va survenir, déclenchant une réaction en chaîne qui va ravir nos yeux. Allison, un des blondes, va se cogner à un rocher dans l'eau. N'écoutant que son courage Dale plonge et la ramène sur leur barque. Apercevant le groupe d'amis au loin, il leur crie: "Nous avons votre amie!!" Contrairement à ses attentes, tous fuient en hurlant de peur, croyant qu'ils viennent d'enlever Allison pour la tuer. Tuck et Dale n'ont donc pas d'autre choix de ramener la jeune fille dans leur magnifique demeure. Cette dernière sera d'abord effrayée, croyant vivre ses dernières heures. Il faut dire que Dale n'arrange pas trop les choses: timide, le béguin pour elle, il est assez maladroit dans ses propos. Heureusement le malentendu se dissipe vite entre eux. Par contre, du côté des étudiants, rien ne va plus.



Chad parle des hommes comme des monstres, du pur Mal qu'ils vont devoir éradiquer pour sauver leur amie. Un des garçons est envoyé en éclaireur. Autre moment d'anthologie: Tucker, tronçonneuse en main, tente de découper un vieux tronc pourri. Mais il touche une ruche et se fait attaquer par les abeilles. N'y voyant pas grand chose, il se met à courir, après le jeune homme qui hurle à la mort. Tous se dispersent, croyant avoir à faire à un fou qui se prendrait pour Leatherface de Massacre à la Tronçonneuse. Et là, le drame arrive: le jeune garçon, regardant Tucker courir à ses côtés, s'embroche tout seul dans une branche d'arbre. Il en faut peu pour que tous aient la certitude d'être en présence d'un couple de tueurs sanguinaires. C'est alors que les scènes comiques s'enchaînent, les étudiants se tuant tous seuls petit à petit. Pris au milieu de cet énorme quiproquos Tuck et Dale imaginent qu'ils sont en présence d'une sorte de secte qui a prévu un suicide collectif. Etant des témoins indésirables, ils s'imaginent être les prochaines victimes. Chacun de son côté imagine donc être la cible de fous furieux, nous offrant des moments de franche rigolade.




Le film va pourtant changer de direction, sans pour autant perdre de sa saveur. La légende urbaine racontée au tout début va enfin avoir son utilité: les meurtres ont vraiment eu lieu, et Chad est le fils de l'unique survivante de ce carnage. Finalement, le mal n'était pas celui (ceux) qu'on pensait. Tout va aller très vite ensuite: Chad enlève Allison et se sert d'elle comme appât pour attirer Dale. Tucker reste en retrait, blessé. Il s'agit bien sûr de la séquence où le héros va chercher sa dulcinée, réussissant à mettre hors circuit le méchant. A noter que cette séquence n'est pas présente dans tous les films d'horreurs ou que souvent ce héros au grand coeur meurt durant cette mission.

Comme toute comédie, le film se termine bien, sur une certaine note d'humour pour ne pas perdre le change.

Tucker and Dale VS Evil est au slasher ce que Shaun of the Dead est aux films de zombies. C'est une excellente comédie qui tire sur les ficelles du genre horrifique sans pour autant tomber dans le grotesque. On peut percevoir une certaine forme d'ironie sur la façon dont nous sommes formatés: il suffit de voir comment au premier abord ces étudiants ont jugé nos deux héros sur leur aspect.

Le jeu de point de vue donne un rythme au film, ponctué par tous ces gags, ce qui fait la force du film. Tucker et Dale sont les anti-héros par excellence, pas trop débrouillards, naïfs car ils ne voulaient qu'aider. Craig nous prouve donc à quel point les apparences peuvent être trompeuses.


C'est donc une comédie à voir absolument.

22 déc. 2011

Unthinkable

Film américain

Date de sortie: 2010

Réalisé par: Gregor Jordan

Avec: Samuel L. Jackson, Carrie-Anne Moss, Michael Sheen..

Durée: 1h37

Genre: Drame / Thriller

Titre français: No Limit

Synopsis: Steven Arthur Younger, appelé Yusuf après sa conversion à l'Islam, est arrêté par les fédéraux après avoir posé trois armes nucléaires dans des villes américaines. L'agent du FBI Brody, spécialiste de l'interrogation, est appelée pour découvrir où sont les engins qui menacent le pays. Cependant, pour forcer Yusuf à leur révéler les lieux où sont cachées les bombes, les fédéraux font également appel à 'H', spécialiste de la torture. Et compte tenu de la gravité de la menace et du faible temps restant, il reçoit de fait l'aval présidentiel pour obtenir coute que coute les aveux du terroriste, sans aucune limite dans les méthodes à employer; ce, malgré les réticences morales des autres agents.



Gregor Jordan s'est lancé dans un pari difficile avec ce film, celui de traiter du sujet de la torture. Et à mon humble avis, il remporte ce pari haut la main. Il faut quand même bien avouer que la torture est un sujet très dérangeant face auquel on a rarement envie d'être exposé. Pourtant Jordan réalise ici un excellent film qui aurait mérité sa place sur grand écran, plus que certains films médiocres bon publics.



L'histoire est assez standard et bien ancrée dans notre monde actuel. Un homme a posé trois bombes nucléaires dans trois grandes villes des Etats-Unis et il compte bien les faire sauter si on n'exécute pas ses revendications. Qu'elles sont-elles d'ailleurs? Avant tout le retrait des forces américaines des pays musulmans, ainsi que l'annonce de la part du président américain qu'il ne supportera plus les dictateurs de ces pays musulmans.  Encore un extrémiste arabe me direz-vous! Et bien non. C'est là que repose la bonne surprise du film. Ce méchant terroriste n'est autre que Steven Arthur Younger, ancien militaire américain, reconverti dans l'Islam. On sort du cliché du vilain arabe qui veut détruire à tout prix la grande puissance américaine. Ici la menace provient d'un des leurs, qui n'est pas en accord avec les actions de son gouvernement. Comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences.

Hélas pour lui, Younger s'est fait attraper dès le début du film et est retenu dans une base tenue secrète. L'agent du FBI Brody, incarnée par Carrie-Anne Moss, spécialiste dans la recherche de terroristes et dans leurs interrogatoires, est appelée pour essayer de faire dire à Younger où se trouvent les bombes. Hors, un autre homme a également été engagé. Ce dernier n'hésitera pas à tout faire pour sauver son pays.

L'histoire se joue surtout entre l'affrontement de trois personnalités. D'un côté on a un Samuel L. Jackson terrifiant de froideur, qui n'hésite en aucune façon à utiliser ses ustensiles: il est prêt à toutes les tortures pour connaître la vérité. Face à lui se trouve un Michael Sheen grandiose qui joue à merveille le torturé qui résiste au plus haut point. Carrie-Anne Moss, quant à elle, joue le rôle de la morale bienséante, qui veut que tout peut être obtenu sans passer par la violence. Après tout, ne vivent-ils pas dans un pays civilisé?

Malgré cette rapide description des personnages, on se rend vite compte qu'ils n'incarnent en aucun cas les caricatures de l'homme immorale et de la femme au sens morale irréprochable. Bien au contraire, si c'est l'impression qu'on ressent au début du film, cette impression va vite disparaître puisqu'on s'aperçoit que les personnages sont bien plus travaillés que ça. Chacun va finalement basculer d'un côté vers l'autre. L'agent Brody va devoir se résoudre à cette méthode de torture, et on s'aperçoit que Jackson n'est pas réellement sang coeur. Tout est bien plus complexe que ce qu'il n'en paraît.





La tension monte au fur et à mesure que le film avance, elle gagne les spectateurs qui se demandent jusqu'où ira Jackson pour parvenir à ses fins, et si surtout il va y arriver. La fin atteint son paroxysme avec un affrontement étonnant et une révélation surprenante.

Ce film nous plonge dans une tension psychologique et nous montre cet inconnu qui est pourtant prisé dans les guerres. Il nous pousse à nous poser cette question: jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour sauver des milliers de vies?

Tout cela est rendu grâce à une réalisation assez épurée, qui manque parfois de punch. Par contre, au lieu de tomber dans une réalisation à la Saw où les tortures plus atroces les unes que les autres sont montrées, Jordan choisit de suggérer ses scènes, renforçant ainsi cette impression de cruauté, impression rendue grâce au super jeu des acteurs.

En aucun cas Jordan ne prend parti dans son film. Il amène ses spectateurs à la frontière de la morale et nous montre les choix qui nous sont proposés, sans pour autant dire lequel est le meilleur. Y'en a-t-il seulement un bon?


Unthinkable a le mérite de nous dévoiler une vérité quasi-inconnue en étant très efficace. C'est un film à voir absolument!

21 déc. 2011

Once upon a time

Série américaine

Genre: Aventure, fantastique

Durée: 60 min

Créée par: Adam Horowitz, Edward Kitsis

En production: 2 saisons, 40 épisodes

Avec: Ginnifer Goodwin, Jennifer Morrison, Lana Parilla, Josh Dallas, Robert Carlyle, Jared Gilmore...



Dans une petite ville du Maine du nom de Storybrooke vivent des gens tranquilles. Seul l'enfant adopté de la maire connaît la vérité: ces gens ne sont autre que nos chers personnages de contes de fée. Un sort les a emprisonné à vie dans notre monde, leur faisant oublier leur vraie identité. Ils doivent leur sort à la méchante reine de Blanche-Neige, qui désirait plus que tout se venger. Seule la fille de Blanche-Neige, Emma, pourra détruire le sort et rendre leur existence aux habitants de cette ville.



Deux univers s'entremêlent avec brio. D'un côté on assiste au combat d'Henry, jeune garçon de 10 ans qui tente par tous les moyens de convaincre sa mère biologique qu'il vient de retrouver qu'elle n'est autre que la fille de Blanche-Neige et qu'elle doit aider les habitants de Storybrooke. De l'autre, on assiste à l'histoire des personnages de contes. L'histoire est centrée bien sûr sur Blanche-Neige, son Pince Charmant, la Méchante Reine. Mais d'autres héros sont présents. Ce qui est intéressant avec cette série, c'est le fait que les personnages sont bien plus profonds que ceux des contes. Chacun possède son histoire qui lui est propre, ses défauts, ses bons côtés. Ils sont donc plus intéressants en ce sens, car plus proches de nous.

L'autre nouveauté c'est l'apparition d'un personnage complexe, étrange, et bien sûr plus méchant que la Reine de Blanche Neige. Cet être mystérieux se sert de pactes pour piéger ses victimes. Il apparaît dans tous les contes que nous découvrons. Ainsi il influence le cours des choses grâce à sa magie. Son credo?? La magie à un prix. Toute action a une conséquence.

Quant aux acteux, le choix est judicieux, du moins de mon point de vue. J'adore particulièrement Robert Carlyle, qui nous offre une prestation grandiose.


Bref, voilà les bases de ce qui me semble être une série rafraîchissante, innovante, et qui, si elle continue sur cette voie, peut générer un bon succès. Je la conseille à tous les amoureux des contes de fée qui ne sont pas contre un peu de fraîcheur.

16 déc. 2011

Hard Candy

Film américain

Date de sortie: 2006

Réalisé par: David Slade

Avec: Patrick Wilson, Ellen Page, Sandra Oh..

Durée: 1h43

Genre: Thriller

Synopsis: Hayley et Jeff se sont connus sur Internet. Elle est une très belle adolescente de 14 ans, et lui un séduisant photographe trentenaire. C'est elle qui a suggéré d'aller chez lui pour être plus tranquille, elle qui a voulu qu'il prenne quelques photos, elle qui leur a servi à boire et a commencé à retirer ses vêtements...
Lorsqu'il se réveille, Jeff est ligoté et Hayley retourne tout chez lui. Elle a des questions à lui poser, et elle est décidée à obtenir des réponses. Elle sait qu'elle n'est pas la première adolescente à venir chez Jeff, elle veut découvrir ce qu'est devenue Donna Mauer.

Sur le net, elle a également appris comment on pouvait jouer avec un bistouri, et elle meurt d'envie d'essayer...



Hard Candy propose de s'attaquer à un sujet bien trop récurrent dans notre société la pédophilie. Et David Slade s'en sort plus que bien dans ce thriller dérangeant.

Tout commence avec un plan fixe d'un écran d'ordinateur où le spectateur assiste à une conversation en ligne entre deux personnes, sans pour autant voir celle qui tape sur le clavier. On comprend juste qu'il s'agit d'une femme et qu'elle donne enfin rendez-vous à l'homme avec lequel elle chat.

S'ensuit donc la rencontre dans un café. La sensualité est mise en avant, avec l'idée très simple d'un gâteau au chocolat qui se fait manger. Rien de bien excitant me direz-vous et pourtant quand enfin l'homme se montre, il semble assez émoustillé par le chocolat laissé au coin des lèvres de... d'une jeune fille. Voilà, le suspens ne dure pas longtemps, nos personnages sont en fait un homme de 32 ans, Jeff Kohlver, et Hayley, une jeune ado de 14 ans. Le courant passe très bien entre les deux et quand Hayley apprend que Jeff est photographe, elle n'hésite pas à lui demander de la conduire chez lui.

Les voilà donc partis vers les collines de Los Angeles, dans une maison tranquille où tout doucement la folie va prendre place.

Tandis que Jeff va proposer à la jeune fille de boire, cette dernière accepte et va jusqu'à se trémousser pour être prise en photo, prenant des poses suggestives. C'est alors que Jeff s'effondre. Et lorsqu'il se réveille, il est attaché. Qui est donc cette ado, et que veut-elle? La réponse est simple: elle cherche des informations sur la disparition récente d'une autre ado, et accuse Jeff d'être pédophile.

Ainsi les rôles de bourreau et de victime sont inversés et Hayley est prête à tout pour obtenir ce qu'elle veut. Elle incarne cette douce folie qui parfois prend possession des gens face à la pédophilie. Elle va aller jusqu'à réaliser une opération de castration, munie seulement d'un livre de médecine. Cette scène est pénible psychologiquement, alors que rien n'est montré, tout est suggéré. Là est la force du réalisateur qui joue non seulement avec nos nerfs mais aussi avec ceux de la victime.

La réussite de ce film tient également, en plus d'une réalisation assez épurée, aux deux acteurs qui nous offrent une performance grandiose. Ellen Page va même jusqu'à éclipser son partenaire et ne peut que nous bluffer.


La fin nous réserve de bonnes surprises, je conseille vivement ce film.

4 déc. 2011

Fright Night

Film américain

Date de sortie: 2011

Réalisé par: Craig Gillespie

Avec: Anton Yelchin, Colin Farell, David Tennant...

Durée: 2h

Genre: Comédie / Horreur

Synopsis: Charlie Brewster est au top : élève de terminale parmi les plus populaires, il sort en plus avec la plus jolie fille du lycée. Il est tellement cool qu’il méprise même son meilleur pote, Ed. Mais les problèmes vont arriver avec son nouveau voisin, Jerry. Sous les dehors d’un homme charmant, il y a chez lui quelque chose qui cloche. À part Charlie, personne ne s’en rend compte, et surtout pas sa mère. Après l’avoir observé, Charlie en vient à l’inévitable conclusion que son voisin est un vampire qui s’attaque à leur quartier… Bien sûr, personne ne croit le jeune homme, qui se retrouve seul pour découvrir d’urgence un moyen de se débarrasser du monstre…




Après la version très édulcorée du vampire dans Twilight (et je suis gentille) me voici donc face à un film avec de VRAIS vampires, ce qui fait du bien au moral. Certes ce n'est pas un chef d'oeuvre, mais on passe un bon moment en regardant ce remake pas si mal réalisé que ça.

Le premier plan nous dévoile une télévision qui diffuse l'émission "Fright Night", avec pour héros le chasseur de vampire Peter Vincent. La caméra se déplace ensuite, suivant le chien de la famille qui s'approche d'une pièce. Un jeune homme en surgit soudain, l'air terrorisé. On se demande ce qu'il se passe et pendant un instant, alors que la caméra revient sur le chien, on a peur pour sa vie, on espère qu'il ne lui arrivera rien. Bah oui, le chien est plus important que le garçon! Bref, on revient vite à nos moutons avec cet ado qui s'enfuit à l'étage et qui tente de se cacher sous le lit de ses parents... déjà morts dans la pièce. Alors que le garçon se précipite sous le lit en se tortillant du mieux qu'il peut, il passe à côté du cadavre de son père et la caméra filme bien sa blessure: du sang coule de son cou... le ton est donné dans ce plan, on a affaire à vampire suceur de sang. Pendant que l'ado est concentré sur l'arme à feu de son père, on voit le cadavre de ce dernier glisser... et soudain le lit vole sur le côté, le visage de cet ado se décompose encore plus et dans un cri, la scène d'introduction se termine. Ahh ça sent le sang frais et les morts!

Comme tout bon film qui se respecte, on enchaîne avec la présentation des héros. Ainsi on a un charmant jeune homme, gentil, qui vit seul avec sa mère. Ils ont un nouveau voisin mais ne l'ont pas encore vu. Il a une charmante copine, des supers potes. Mais voilà, il snobe un ancien ami, Ed, parce qu'apparemment on ne peut pas concilier amis populaires et amis un peu geeks... Bref, malgré ça, il va accompagner son ancien ami qui a un peu l'air barge chez un 3ème "ancien" pote, car celui-ci ne vient plus en cours depuis un moment. Comme pas mal d'autres élèves. C'est marrant, car ça n'a pas l'air de préoccuper plus que ça les gens du quartier ou de la ville... c'est vrai qu'il est tout à fait normal de voir des gens disparaitre du jour au lendemain, sans rien dire... comme quoi, on vit pas dans le même monde.

Pendant leur exploration dans la maison toute propre et vide de leur ami, les deux ados papotent et Ed fait part de ses conclusions au héros Charlie. Ils ont affaire à un vampire qui est en train de se faire un sacré gueuleton avec les habitants de Las Vegas. Et, oh surprise, il clame haut et fort que ce vampire n'est autre que Jerry, le nouveau voisin de Charlie. Ah bon, il connaît Jerry... bon ok, pas de soucis. Et ne serait-ce pas l'ombre de Jerry qui est apparue devant la maison?

Charlie, comme tout être sensé, ne croit pas son ami et rentre chez lui. Ed fait de même mais il va se faire courser par des imbéciles et en s'enfuyant, il va tomber sur Jerry le vampire dans le jardin d'une maison. Et voici la première référence au mythe du vampire et de ses capacités qui surgit. Voulant se protéger, Ed fracture la maison et se précipite à l'intérieur. Selon lui il est à l'abri car Jerry, comme tout vampire qui se respecte, ne peut entrer dans une maison que si l'on y invite. Manque de pot pour notre ami Ed, il semble que Jerry soit déjà venu ici se faire un petit repas. Et ses craintes seront confirmées quand il se fera mordre dans la piscine. L'ami fidèle qui apporte des réponses aux questions du héros est mort, passant le flambeau à Charlie.

C'est avec cette nouvelle disparition que Charlie va avoir des doutes et va se mettre à enquêter. Pour cela, il va commencer à surveiller Jerry, et quand ses doutes sont presque confirmés il entre dans la maison afin d'enquêter plus en profondeur. Il découvre un couloir secret qui donne sur des pièces où une de ses camarades est retenue prisonnière. Dans une scène où l'angoisse nous saisit, Charlie assiste, caché et impuissant, au repas de Jerry qui mort avidemment dans le cou de la jeune fille. Il ne la tue pas, c'est son casse-croûte. Dans une vaine tentative pour sauver sa camarade, Charlie l'emmène dehors avec lui... et pourtant, nous spectateurs, avons compris que Jerry sait que son voisin se tire avec sa nourriture et il ne fait rien... pourquoi? bah tout simplement parce qu'il fait jour et la jeune fille explose à la lumière du soleil. Une seule morsure et la transformation opère.

Que faire maintenant? une solution s'impose: demander de l'aide à Peter Vincent, qui se retrouve être un petit poltron sans aucune envie de se mêler de ce genre d'histoire. A croire que seul le business l'intéresse. Charlie se retrouve seul face à un suceur de sang, qui semble intéressé par sa maman.

Charlie ne l'entend pas de cette oreille, et met en garde le soir suivant sa mère et sa copine, présente, contre leur voisin, et leur intime l'ordre de ne pas ouvrir à Jerry. Il passe bien sûr pour un fou. Mais Jerry, qui n'est pas très content, va faire exploser le tuyau de gaz: la maison elle-même explose, et les 3 héros se voient obligés de prendre la poudre d'escampette en voiture. On ne verra pas Jerry leur voler après sous forme de chauve-souris, ce que je trouve dommage, mais il va les poursuivre en voiture, dans une séquence bien sympa et éprouvante. On va même avoir la chance de voir le vrai visage de Jerry, et ce n'est pas beau du tout. Par miracle, ils en réchappent. Enfin, surtout grâce aux pancartes en bois Century 21 aux bouts affutés comme des pieux que la mère plante dans Jerry. Les mêmes pancartes qu'on la voit mettre dans sa voiture au début du film. Comme quoi chaque détail recèle son importance, ce qui confère au film de la vraisemblance. Après avoir déposé maman à l'hôpital et collé des croix sur tous les murs et portes de sa chambre, Charly, toujours accompagné de sa petite amie, retourne voir Vincent pour tenter de le convaincre à lutter ensemble contre le vampire. C'est aussi le moment des révélations: sur la nature de Jerry, sur le pourquoi Peter Vincent s'est lancé dans la chasse aux vampires. Ils sont interrompus par un visiteur inopiné: Ed!

Nous qui croyions qu'il était mort, vidé de son sang, il n'avait été que transformé. Et c'est diaboliquement cruel de la part de Jerry de lancer l'ancien meilleur ami à la poursuite de Charlie. Ce dernier n'a pas d'autres choix que de tuer son ami (cette fois pour de bon). Mais Jerry est déjà arrivé sur les lieux. Dans leur nouvelle tentative de fuite, Charlie et sa copine se retrouvent dans une boîte de nuit et sont séparés par la foule. Elle se fait attraper et mordre par Jerry.

Le dénouement est proche, le héros n'a plus d'autres choix que d'aller affronter dans son antre le monstre qui lui a pris ses amis. Contre toute attente il est rejoint par Peter. Il est temps pour le personnage peureux de se montrer vaillant et courageux.

Cette scène finale est très bien réalisée et nous offre une bataille comme il se doit entre vampires et humains. Charlie va se voir contraint de se battre et de blesser sa belle, envoûtée et vampirique. Tout se termine dans le feu et la lumière, avec une prestation et un maquillage du tonnerre.



En résumé, ce film est sympathique à voir. Il remet à jour le mythe du vampire, terrifiant et sanguinaire, redonnant vie au mythe et tout ce qui l'entoure. On peut également voir un parallèle avec Dracula, Jerry représentant le célèbre comte. Amy, la copine de Charlie, semble être Mina, la jeune institutrice tant convoitée par Dracula, et qui causera sa perte. Quant à Charly, il représente alors Jonathan Harker.

La réalisation est méticuleuse, le jeu des acteurs très bien. De quoi passer un bon moment.



3 déc. 2011

Rambo

Film américain

Date de sortie: 1982

Réalisé par: Ted Kotceff

Avec: Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy...

Durée: 1h37

Genre: Action

Titre original: First Blood

Synopsis: John Rambo est un vétéran rescapé de la guerre du Viet-Nam qui n'en est pas sorti indemne. Instable, il fait de l'auto-stop de ville en ville pour voir ses anciens camarades de guerre. Un Shérif qui se fie à l'apparence, lui demande de quitter sa ville mais Rambo refuse. Le shérif l'arrête alors pour vagabondage...




Quand on parle de Rambo, l'image la plus répandue et qui nous vient à l'esprit est celle d'un soldat hyper patriote, bien bourrin, prêt à tout pour sauver ses confrères prisonniers à l'étranger. C'est oublier bien vite ce premier opus qui est loin de ce cliché.

Tout d'abord, Rambo est l'adaptation du roman First Blood, qui fut écrit par David Morrell et publié en 1972. Le personnage principal, John Rambo, est un ancien béret vert qui vient tout juste de rentrer aux Etats-Unis après la fin de la guerre du Vietnam. Il parcourt le pays à la recherche d'un de ses anciens compagnons mais apprend qu'il est mort. Suite à cette annonce, qui semble l'ébranler, il reprend la route. Alors qu'il arrive dans une petite ville pour se restaurer, le shérif de la ville l'aperçoit  et le conduit aux limites de la ville, précisant qu'il ne veut pas de ce genre de personnes (sous-entendu de voyous) dans sa ville. Blessé par les propos du shérif, Rambo décide de faire demi-tour et de revenir vers la ville, geste qui déplait au représentant de la loi qui l'arrête et le fait enfermer en prison.

Son traitement en prison par des policiers au comportement abjecte fait ressortir des souvenirs terribles de la guerre. Le réalisateur joue ici entre scènes présentes et flashbacks comparant ainsi le comportement de ces policiers américains avec celui de l'ennemi vietnamien. C'est ce traitement qui va réveiller l'instinct de survie de Rambo, qui va contre-attaquer et s'enfuir dans la forêt qui jouxte la ville. Les policiers vont alors se lancer dans une chasse à l'homme, traquant l'ancien soldat telle une bête sauvage. Ce dernier est alors forcé de se défendre, usant des ses tactiques de bérets verts, mais évitant de tuer, ne faisant que blesser ses poursuivants. Dans une superbe scène où Rambo est acculée à une falaise, n'ayant le choix que de l'escalader en descente, un des policiers en hélicoptère le met en joue et lui tire dessus. On sent la haine de ce policier qui en tirant désobéi à son supérieur. Rambo, qui parvient à rejoindre le vallon, non s'en se faire mal, riposte contre cette machine hurlante en plein vol. Dans une embardée du pilote, le flic, qui s'était détaché pour mieux tirer, tombe et se fracasse sur les rochers. Sa mort déclenche une nouvelle tempête de colère chez ses collègues qui cette fois jure d'avoir la peau de Rambo.

C'est donc une sorte de survival qui va se jouer dans les bois. Rambo met à profit ses connaissances afin de s'en sortir.  De l'autre côté, le shérif fait appel à des renforts; cela donne l'impression que Rambo est un terroriste qu'il faut à tout prix mettre hors d'état de nuire. Toute cette partie dans la forêt est vraiment intéressante. On a une fois encore un parallèle entre ce lieu et la jungle vietnamienne. Mais on s'aperçoit également qu'elle est un terrain idéal pour Rambo, qui peut y évoluer et y survivre tranquillement, alors que les policiers ont plus de mal. Une sorte de confrontation entre l'homme civilisé et l'homme bestial? Peut-être.

Alors que tous les moyens sont employés pour retrouver le fugitif, son ancien mentor, le colonel Samuel Trautman, débarque et tente de raisonner les policiers, leur déclarant qu'ils n'ont aucune chance contre Rambo: "Je ne suis pas venu sauver Rambo de la police, je suis venu sauver la police de Rambo". Il parvient à contacter Rambo par radio, mais lui aussi reste entêté, déclarant qu'ils ont versé le sang en premier (d'où le titre original First Blood). Les policiers non plus n'écoutent pas Trautman et poursuivent leur chasse, jusqu'à acculer Rambo dans une ancienne mine désaffectée et faire exploser l'entrée. Tandis que tous le croit mort, le béret vert parvient à s'extirper de ces tunnels et à rejoindre la ville, de nuit. C'est ici que va se jouer le dénouement de cette course poursuite. Rambo va mettre à sac les magasins aux alentours de la prison, privant le shérif de lumière par la même occasion. L'affrontement final entre les deux hommes atteint son paroxysme dans cette scène finale, mais Trautman vient sauver son ancien protégé, lui intimant l'ordre de se rendre. C'est un John Rambo perdu et blessé physiquement et psychologiquement qui ressort menotté du poste de police et qui clame: "C'était leur guerre, pas la mienne!"



Voici donc un excellent film d'action qui penche vers le drame psychologique. C'est avant tout une critique de l'Amérique qui après la guerre du Vietnam et sa défaite cuisante avait laissé tomber ses soldats. Alors qu'ici seul un peu d'humanité aurait suffit, les américains préfèrent user de la violence, renvoyant un soldat qu'ils avaient probablement encouragé à partir à la guerre, le condamnant pour des actes qu'ils avaient acceptés. C'est donc cette Amérique moralisatrice qui est contestée dans ce film, thème plus profond qu'un simple film d'action.


Film à voir.