29 oct. 2011

Person of Interest

Série américaine

Genre: Drame, Action

Durée: 42 min

Créée par: Jonathan Nolan en 2011

En production: 2 saisons, 41 épisodes

Avec: Jim Caviezel, Michael Emerson, Taraji P. Henson

Synopsis: Un agent de la CIA, présumé mort, est engagé par un mystérieux milliardaire reclus qui a inventé un programme sur ordinateur capable de prédire et d'identifier toutes personnes capables de crimes, de violences et autres pour lutter contrer la criminalité à New York.



Voilà une série qui nous propose un concept fort intéressant et inovateur dans le thème des séries TV. Le thème principal, empêcher des meurtres ou rapts, n'est pas sans rappeler Minority Report de Philip K. Dick, mais qui se déroulerait à notre époque. Qu'est-ce qui fait donc que le scénario peut nous attirer?

Premièrement le fait que la série a été créée par Jonathan Nolan, frère de Chris Nolan, scénariste de très bons films tels Memento, Le Prestige, The Dark Knight. Si on a vu ces films, on se doute que la série a un grand potentiel scénaristique. De plus, c'est J.J. Abrams (que l'on ne présente plus) qui la produit.

Deuxièmement l'histoire: on a un ancien agent de la CIA, présumé mort, qui à la suite d'un drame personnel est devenu clochard alcoolique. Arrêté pour coups et blessures dans un métro (défense) il est engagé par un mystérieux milliardaire afin d'empêcher certains évènements d'arriver. On apprend alors l'existence d'une machine, conçue par le mystérieux Finch, qui parvient à trouver des gens connectés à des crimes violents. On sent le potentiel que recèle cette série rien qu'avec le peu d'éléments révélés dans l'épisode pilote.

Ce premier épisode nous présente donc l'histoire ainsi que les personnages, sans pour autant tout dévoiler aux spectateurs. Le héros est torturé par un drame qu'il n'a pas su éviter, ce qui le pousse à accepter de collaborer avec M. Finch. Ce dernier explique seulement comment il parvient à lier certaines personnes à des crimes, en révélant l'existance de la machine. Mais il est clair, il n'est pas prêt de se confier, il a du mal à faire confiance... On sent que le passé de personnage va lui aussi faire surface dans les prochains épisodes.

Du côté de la réalisation, on peut saluer la technique qui prédomine dans les épisodes: une vision des gens ou de la ville, mais du point de vue des caméras placées dans les villes, accentuant ainsi cet effet d'espionnage. On pense tout de suite à Big Brother, 1984 d'Orwell. Le jeu des acteurs est convaincant, en particulier celui de Finch, joué par Michael Emerson (Ben de Lost).

Quote: "You are being watched. The government has a secret system--a machine that spies on you every hour of every day. I know...because I built it. I designed the machine to detect acts of terror but it sees everything...violent crimes involving ordinary people; people like you, crimes the government considered irrelevant. They wouldn't act so I decided I would. but I needed a partner--someone with the skills to intervene. Hunted by the authorities, we work in secret. You will never find us. But whether victim or perpetrator, if your number's up, we'll find you."

En somme, le potentiel de cette série est attrayant, et on espère qu'elle saura se développer à son maximum.


A voir!

24 oct. 2011

American Horror Story

Série américaine

Genre: Drame, Horreur, Fantastique

Durée: 42 min

Créée par: Ryan Murphy et Brad Falchuk en 2011

En production: 2 saison, 25 épisodes

Avec: Jessica Lange, Sarah Paulson, Evan Peters ...



American Horror Story est une nouvelle série fraîchement débarquée sur les chaînes américaines. C'est un drame horrifique tournant autour du thème de la maison hantée.

Dès le début du premier épisode on est plongé dans une ambiance sombre, qui joue avec les émotions du spectateur. On comprend à la première image que la maison est la clé de la série, qu'elle renferme un secret, avec juste un plan large d'elle vue de l'extérieur, à l'abandon, avec dans le jardin une petite fille qui la regarde. Une date apparaît à l'écran: c'est un flashback. Des jumeaux débarquent pour tout casser, mais sont avertis par la petite fille trisomique qu'ils vont mourir à l'intérieur. Et sa prédiction se réalise.

On passe alors au présent, avec les personnages principaux: un couple qui tente de se reconstruire, accompagné de leur fille ado. Ils vont donc s'installer dans cette maison hantée, où, on l'apprend, semble receler bien plus de meurtres que celui des deux jumeaux du début.

Et les choses étranges commencent: sauf que ce ne sont pas toujours les mêmes choses qui arrivent, comme dans une maison hantée normale. Pour l'instant, ça change à chaque épisode. Ce qui reste récurrent, c'est la bonne, âgée, qui est perçue par le mari comme une charmante jeune femme qui se promène avec des porte-jarretelles. La voisine, mère de l'enfant trisomique, débarque toujours dans la maison et aime voler l'argenterie. Et surtout, le sous-sol semble cacher un monstre inquiétant.

Les éléments se dévoilent au fur et à mesure, mais le mystère reste bien présent. La réalisation est intéressante, car les personnages se développent autour de la maison. Il semble qu'elle attire le malheur, et en même temps semble protéger ses occupants. Tout cela reste flou (normal ce n'est que le début) mais captivant. On sent que quelque chose se prépare.

Autre fait intéressant, c'est le début de chaque épisode: en effet, on commence par un flashback qui nous dévoile un meurtre commis dans la maison. Et les fantômes réapparaissent toujours dans l'épisode.




En résumé, c'est une histoire de fantômes qui semble bien plus poussée que celles de films d'horreur. Les personnages sont travaillés, les jeux d'acteurs très bien. La musique nous file un petit frisson. Les travellings de la caméra sont aussi utilisés pour nous faire peur. Et ça marche. C'est une série que je conseille, car je pense qu'il y a du potentiel. En espérant bien sûr qu'elle continue sur la bonne voie!

15 oct. 2011

Cat Street

Auteur: Yoko Kamio

Type: Shojo

Genre: Romance, Tranche de vie, Drame

Editions: Kana

Publication: Terminé => 8 tomes

Résumé: Keito Aoyama est une jeune fille de seize ans qui a quitté l’école et ne sort presque pas depuis sept ans. Poussée par ses parents, elle a été une baby star, enchaînant les publicités et les spectacles. À neuf ans, elle est choisie pour le premier rôle d’une comédie musicale à succès et partage ce rôle avec Nako, une fille de son âge qui vient de commencer ce métier. Keito, qui n’avait pas d’amie jusqu’ici, est heureuse de rencontrer Nako et n’hésite pas à tout lui apprendre. Mais lorsque Nako est au sommet, elle délaisse Keito. La petite fille est paralysée, trahie par sa meilleure amie, elle est incapable de remonter sur les planches ni de revenir à une vie normale.


Ce shôjo est une bonne surprise puisqu'il m'a fait découvrir un problème qui apparemment est très récurrent au Japon, celui des Hikikomoris. Ce terme désigne des personnes, la plus grande majorité concerne des jeunes, qui se renferment sur eux-mêmes psychologiquement et physiquement, les entraînant à couper tout contact avec le monde extérieur, et dans le pire des cas, au suicide.

Ainsi l'héroïne est une ancienne star-enfant qui était très populaire. Alors qu'elle devait jouer dans une pièce de théâtre, alternant le premier rôle avec une autre fille débutante, elle fait un blocage, coupant court à la représentation. Elle quitte alors ce monde qui était le sien et se replie sur elle-même, ne sortant quasiment plus, ne parlant plus à ses parents. Elle prend ses repas seule dans sa chambre, qui est devenue son sanctuaire. 7 années se déroulent ainsi jusqu'au jour où elle fait la connaissance d'un homme un peu louche au premier abord, qui va lui proposer de venir dans un lieu particulier, une école active, El Liston. Elle va donc faire la connaissance de jeunes gens un peu comme elle, et s'en sortir petit à petit.

La force de ce manga, c'est l'aspect psychologique qui est dépeint pour chaque personnage. En effet, l'auteur ne s'arrête pas à une simple description de qui ils sont avec vite fait le pourquoi ils sont devenus comme ils sont. Elle va chercher plus loin et nous montrer leurs bons comme mauvais côtés. Ce ne sont pas des caricatures et ils deviennent en cela plus humains, plus proches du lecteur.

L'intérêt est aussi qu'elle ose "s'attaquer" à un problème qui paraît quand même inquiétant. Ce repli sur soi est perçu comme une honte au Japon, et si par malheur des parents ont un enfant hikikomori, ils le cachent. On voit le tabou que c'est d'en parler à travers la famille de l'héroïne, puisque sa soeur l'ignore complètement.

Tout au long des huit tomes on perçoit la faiblesse de Keito, qui a peur de sortir de sa routine mais qui finalement va puiser dans une force intérieure afin de retrouver le sourire et de revoir, comme elle dit, le soleil briller. Pour cela elle va devoir grandir et assumer son passé, ce qui s'est passé le jour où tout s'est arrêté. L'amitié est importante ici, bien plus que la romance, car elle soude 4 jeunes, qui grâce à leur amitié vont chacun s'en sortir.


Ce manga est vraiment intéressant, bien écrit, les dessins sont pas mal. Le seul petit bémol que je pourrais faire concerne le dernier tome. La fin semble un peu précipitée, ce qui est dommage, mais elle n'entame pas le plaisir qu'on a à lire cette histoire.

9 oct. 2011

Scream 4

Film américain

Date de sortie: 2011

Réalisé par: Wes Craven

Avec: Neve Campbell, David Arquette, Courteney Cox etc.

Durée: 1h50

Genre: Epouvante / Thriller

Synopsis: 10 ans se sont écoulés depuis les terribles meurtres commis par Ghostface. Sydney Prescott est parvenue à tourner la page mais c'est tout de même avec appréhension qu'elle retourne à Woodsboro pour le lancement de son premier roman. Ses retrouvailles avec sa cousine Jill ainsi qu'avec le duo de choc Dewey et Gale seront de courtes durées : Ghostface est de retour mais cette fois-ci les règles vont changer.



10 ans après le dernier volet de la trilogie, Wes Craven revient avec ce nouvel opus qui tent à reprendre les ficelles qui fit le succès du premier Scream. Alors que le genre du slasher s'est épuisé et a laissé sa place aux tortures porn (Saw), Craven s'en ré-empare et le remodèle au goût du jour, ce qui donne finalement un film supérieur aux Scream 2 et 3.

On retrouve nos même 3 héros: Sydney, Dewey et Gale qui vont encore une fois être aux prises d'un tueur. Comme pour les précédents, Sydney est encore et toujours visée, Dewey a toujours l'air du petit flic pas doué et Gale tente par tous les moyens d'avoir le scoop du siècle en se lançant elle aussi sur les traces de Ghostface. Sauf que tout le monde a vieillit, et le film prend cet aspect en compte et le retranscrit avec une note de cynisme. L'exemple de Gale est le plus parlant. En effet, elle ressemble parfaitement à ces femmes qui aiment le succès et l'ont touché du doigt avant de connaître la déchéance. Botoxée pour tenter de faire plus jeune, elle est sur le déclin et est prête à tout pour revenir sur le devant de la scène.

L'ironie de Craven ne s'arrête toutefois pas ici. Il se sert des nouvelles technologies pour décortiquer les nouveaux codes du genre, et pour tourner en dérision les suites et remakes de slashers ou films d'horreur dignes de ce nom. Ainsi, il nous offre une des meilleures scènes d'introduction réalisées ces derniers temps dans ce genre. Il utilise la mise en abyme avec brio, menant en bateau le spectateur que nous sommes, se moquant avec malice de nous et de notre tendance à ingurgiter des suites et à en redemander. Il parodie en même temps le début si célèbre du premier Scream, tout en finesse et beauté.

Et puis commence réellement l'histoire du film, nous plongeant dans cette réalité régit par les technologies comme les iphones, les mini caméras qui retransmettent en temps réel ce qu'elles filment. La surprise et l'horreur ne sont pas de mises dans cet opus. Les scènes des meurtres que nous offre Craven se devinent et ne causent pas réellement d'effroi. Ce sont les dialogues qui nous interpellent le plus et qui font la richesse de ce film.

Comme toujours, ce qui prédomine dans ce film c'est: qui est le tueur, ou plutôt les tueurs? Car ils agissent toujours en binôme dans Scream. Ici aussi Craven arrive à nous perdre, nous montrant des personnages suspects, nous faisant élaborer des théories alors que finalement nous sommes loin de la vérité.

C'est ce mélange de genre, allant du slasher à la comédie ironique qui fait que nous accrochons à ce film.

La séquence de fin est à la hauteur de celle du début, et le film se termine sur une réflexion sur notre société bien amer.




"Nouvelle décennie, nouvelles règles". Celle de la (l'auto) dérision en fait bel et bien partie. Ce film est à voir si on veut passer un excellent moment sans pour autant trop sursauter.

Le Silence des agneaux

Auteur: Thomas Harris

Titre original: The Silence of the Lambs

Traducteur: Monique Lebailly

Editions: Albin Michel

Genre: Thriller

Date de parution: 1988

Résumé: Il s'appelle Hannibal Lecter. Il est psychiatre. Emprisonné à vie pour une série de meurtres sanglants, il est la plus grande autorité du pays en matière de démence criminelle. Pour comprendre les motivations secrètes d'un psychopathe qui terrifie l'Amérique, la police a besoin de ses 'intuitions'. Mais Lecter n'accepte de communiquer qu'avec Clarice, jeune agent spécial du FBI. Si elle veut bien lui parler d'elle-même, de son enfance, de ses peurs intimes, peut-être l'aidera-t-il à trouver le tueur... Ou le tueur à la trouver.



Voici donc la suite de Dragon Rouge qui introduisait le personnage du désormais très célèbre Hannibal Lecter. Considéré par beaucoup comme étant la référence du thriller, ce livre mérite grandement cette réputation. Du début à la fin, Harris nous tient en haleine, faisant monter le suspense petit à petit, au fur et à mesure que les pages défilent. Comme pour le livre précédent, on entre dans le vif du sujet dès le départ, nous dévoilant l'intrigue qui va se jouer sous nos yeux. Ainsi on suit une jeune recrue du FBI, encore étudiante, qui va être sommée par le directeur de la division Science du comportement de rendre visite à un tueur emprisonné à vie pour une enquête sur des détenus, et qui n'est d'autre que.... Hannibal Lecter, aussi connu sous le surnom d'Hannibal le Cannibale. Réjouissant comme visite. Elle va donc le voir et va s'en suivre le début d'une étrange relation entre la jeune femme et le terrifiant docteur. C'est ici que ressort le plus le côté psychologique des personnages. On s'aperçoit rapidement que Clarice n'est pas une femme qui se laisse faire facilement, et qu'elle veut à tout prix réussir. Cela se voit quand elle repart dignement alors qu'un détenu lui a jeté du sperme sur elle. Cette force d'âme, le respect dont elle fait preuve envers Hannibal et sa motivation vont faire qu'il va s'intéresser à elle et accepter de lui parler. Parallèlement, une enquête se poursuit. Un tueur en série, surnommé Buffalo Bill, tue des femmes et leur prélève des bouts de peau avant de jeter leurs corps dans des cours d'eau. Le rapport entre les deux? Hannibal Lecter. Le lecteur l'apprend rapidement, car comme pour Dragon Rouge, Harris opte pour l'écritude avec différents points de vue.

Ainsi, on a d'une part l'enquête que va mener Clarice Starling. En effet, suite à une révélation de Lecter, elle est assignée à l'enquête sur Buffalo Bill, avec pour mission de réussir à faire révéler au docteur le nom de l'assassin. Pour cela, elle va devoir se dévoiler en échange d'informations :"Echange de bons procédés". Mais elle va devoir également se battre dur car son statut de femme pèse contre elle, et elle devra faire face à la pression soumise par son supérieur et celle qu'elle se met elle-même. Elle lutte souvent intérieurement afin de ne pas montrer quand elle est blessée ou en colère.

De l'autre côté, on a le point de vue du tueur. On le voit capturer une de ses victimes, son petit rituel avant de "travailler". On apprend à le connaître lui et ses motivations, mais contrairement à Francis Dolarhyde (le Dragon Rouge), on peine à ressentir de la pitié pour lui. Bien au contraire, surtout quand on apprend pourquoi il tue des femmes et surtout ce qu'il fait avec leur peau.

Pour finir, la narration se focalise de temps en temps sur d'autres personnages:

- Jack Crawford, le patron de Clarice: c'est un homme fort mais qui doit gérer la maladie de sa femme en plus de son travail.

- Frederick Chilton: directeur de l'hôpital où se trouve Hannibal, c'est un homme qui a horreur d'être la risée des autres. Il aime l'argent et le pouvoir, ce qui va le conduire à sa perte.

Chaque action faite ou parole prononcée conduisent inéxorablement vers l'issue du livre. Alors qu'Hannibal se joue d'une mère en proie à la détresse, prête à tout pour arracher son enfant des griffes du tueur, il reste fidèle à Clarice. Il l'aiguille sur la bonne voie, la guidant sans lui dévoiler toute la clé de l'affaire. Pourquoi? Tout simplement parce qu'il sait qu'elle est intelligente et saura découvrir ce qu'il y a sous ses yeux.

C'est donc une oeuvre forte en émotion que nous a écrit Thomas Harris. Il a su parfaitement développer ses personnages, en particulier celui d'Hannibal Lecter, personnage singulier. Intelligent, sournois, il aime les êtres forts, sincères et qui surtout font preuve de respect à son égard. Homme de goût, il nous étonnera jusqu'au bout avec son intelligence qu'il met à profit pour chaque situation qu'il rencontre. Il fait partie des meilleurs "méchants", si l'on peut dire ça ainsi. Car contrairement à d'autres tueurs, il ne tue pas par obligation. Encore une fois, il tue par goût: ou plutôt il choisit ses victimes qui manquent de goût ou sont trop pleurnicheuses et ennuyeuses. Ce personnage, malgré son côté diabolique (il mange des gens) a su conquérir bien des fans.


Je conseille donc ce second opus qui vous fera vibrer du début à la fin.