14 avr. 2017

Une Putain d'Histoire

Auteur: Bernard Minier

Edition: Editions Pocket

Genre: Thriller

Date de parution: 2016

RésuméUne île boisée au large de Seattle...

"Au commencement est la peur. La peur de se noyer. La peur des autres, ceux qui me détestent, ceux qui veulent ma peau. Autant vous le dire tout de suite : Ce n'est pas une histoire banale. Ça non. c'est une putain d'histoire. Ouais, une putain d'histoire... "



Dans le cadre du Challenge ABC Thriller/Polar, je me suis lancée dans une nouvelle découverte d’auteur avec Bernard Minier dont beaucoup de livraddict en font l’éloge. Possédant deux titres de cet auteur, j’ai finalement décidé de me lancer dans Une Putain d’Histoire plus pour le titre que pour le résumé que je n’avais pas lu. J’ai découvert une histoire rocambolesque, prenante et un auteur qui risque de venir grossir les rangs de mes chouchous.

Propulsés sur une petite île au large de Seattle, nous faisans la connaissance de Henry, adolescent de 16 ans qui va nous conter ce qu’il appelle lui-même « Une putain d’histoire ». Alors que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, la vie de cet ado bascule dans l’horreur quand sa petite amie décide de le quitter et qu’on retrouve son corps le lendemain, morte sur une plage de l’île. Commence alors une histoire de fous, qui malgré quelques longueurs, notamment au début, nous entraîne dans une chasse au meurtrier palpitante qui n’a rien à envier aux romans américains.

Le récit est un peu confus au début entre tous les points de vus qui se mêlent. On a la 1ère personne du singulier avec Henry qui nous raconte ses aventures, et puis un retour au récit classique, 3ème personne du singulier pour nous conter ce qui se passe avec d’autres personnages. Ce choix particulier a cependant des avantages : d’une part il nous lie à Henry qui nous partage ses émotions et ses pensées. De l’autre, on a une réelle vue d’ensemble de ce qui se passe avec les autres protagonistes. Ce parti pris est finalement très important et nous démontre toute l’ingéniosité de l’auteur pour nous amener là où il veut.

Finalement, ce n’est pas tant ce mélange stylistique qui dérange, mais plutôt la profusion des personnages qui fait qu’on a du mal à se situer dans le récit. On finit par s’habituer à cet étrange enchevêtrement des points de vus, même si cela prend un bon moment. Les personnages sont donc assez nombreux, tous différents avec une psychologie qui tente de s’éloigner de certains clichés même si au final on s’y rapproche pour certains. Chacun apporte sa pierre à l’édifice et leurs actes nous amènent inexorablement vers cette conclusion édifiante.

En voulant situer le récit aux Etats-Unis, et plus particulièrement sur des îles dans le nord-ouest, Minier cherche à recréer une ambiance très américaine, en reprenant des thèmes déjà-vus (MacGuffin d’Hitchcock par exemple) et chers à ce public, mais aussi en instaurant les nouvelles peurs face aux technologies. L’auteur n’hésite pas à nous incorporer ses éléments afin de rendre son récit plus crédible :  la paranoïa des gens autour du gouvernement, capable de tout contrôler, la profusion et l’importance trop grande des nouvelles technologies, la perte de la vie privée ; le tout est étroitement lié à la nature, hostile et menaçante. On retrouve cette idée des terres inexplorées, encore dangereuses pour l’homme qui le fascinent. Une conquête qui, mise en parallèle avec celle de la vie privée des gens, restent bien plus difficile et dangereuse.

Minier parvient à créer une ambiance malsaine, glauque façon huis-clos. On a l’impression d’être pris au piège sur cette île, et le climat rajoute encore à la tension et au suspense.
Deux mondes se côtoient, et entre les deux l’histoire avance, inexorablement. On se rend compte qu’au même titre que les personnages nous ne sommes que des pions entre les mains de l’auteur qui n’hésite pas à s’amuser de nous en rajoutant des pistes, des soupçons qui nous feraient presque devenir aussi chèvre que le héros.  Et puis le doute commence à s’immiscer et on finit par se poser les bonnes questions juste avant que la vérité n’éclate, nous laissant pantois et ahuris.

Minier aura réussi à nous mener en bateau du début à la fin, à nous convaincre de certaines choses pour mieux nous montrer que la vérité n’est pas aussi limpide que nous souhaiterions qu’elle le soit. 


10 avr. 2017

Auteur: Dan Wells

Edition: Tor Books

Genre: Thriller

Date de parution: 2010


RésuméJohn Wayne Cleaver est un jeune homme potentiellement dangereux. Très dangereux. Jugez-en plutôt : garçon renfermé, pour ne pas dire sociopathe, il vit au milieu des cadavres à la morgue locale, tenue par sa mère et sa tante, il a une certaine tendance à tuer les animaux et, depuis son plus jeune âge, il nourrit une véritable passion pour les tueurs en série. Ainsi, son destin semble tout tracé. Mais conscient de son cas, et pas spécialement excité à l’idée de devenir un serial killer, John a décidé d’en parler à un psy et de respecter quelques règles très précises. Ne nourrir que des pensées positives à l’égard de ses contemporains. Ne pas s’approcher des animaux. Éviter les scènes de crime. Ce dernier commandement va néanmoins devenir très difficile à suivre lorsqu’on retrouve autour de chez lui plusieurs corps atrocement mutilés. Y aurait-il plus dangereux encore que John dans cette petite ville tranquille ? Aurait-il enfin trouvé un adversaire à sa taille ?





I am not a serial killer est le genre de titre qui va tout de suite attirer mon regard. Accompagné de surcroît par un résumé des plus alléchants, il ne m’en fallait pas plus pour me décider à le lire.

Le récit débutait bien, avec notre rencontre avec le héros qui s’avère être sociopathe. John est un personnage atypique, pour qui il est impossible de se lier émotionnellement parlant et qui a des tendances à vouloir tuer. On a donc un anti-héros sous toutes ses formes, mais au lieu d’être révulsés, comme cela devrait être le cas normalement, John nous intrigue, voire nous fascine. Dès le début les cartes sont posées : John ne nous épargne rien de son caractère hors norme et nous explique ses pulsions, qu’il tente de combattre du mieux qu’il peut, ainsi que sa fascination pour les cadavres et les tueurs en série. Sa « passion » et son caractère en font quelqu’un de marginalisé, et qui se marginalise de lui-même pour ne pas succomber à ses pulsions meurtrières. Il est intéressant de voir les règles qu’il a mis en place pour rester éloigner des gens et tenter de se montrer le plus normal possible. On sent toute son incompréhension face à l’empathie que les gens peuvent ressentir. Depuis tout petit, il a donc appris à lire sur le visage des gens pour reconnaître les émotions qui lui sont inconnues et de ce fait pouvoir interagir du mieux qu’il peut avec eux.

Cependant tout bascule le jour un commence une série de meurtres sanglants et étranges. John peut enfin mettre à contribution son savoir autour des meurtriers et il est prêt à pourchasser ce terrible monstre, qui lui fait pourtant écho. Malheureusement, cette chasse est des plus dangereuses puisqu’il n’y a plus un seul danger mais deux. En voulant pourchasser ce tueur, John réveille le monstre qui sommeille en lui, et une lutte des plus étranges s’engage à l’intérieur même de lui. Attrait donc plaisant pour quiconque s’intéresse aux tueurs en série et à leur manière de fonctionner.

Pourtant, si John et sa quête sont très intéressants, l’auteur choisi ici d’introduire un nouveau paramètre. Ce dernier se révèle peu pertinent puisqu’il n’apporte rien de plus au récit. Au contraire, le fait d’apporter cela semble plutôt contribuer au fait de vouloir dédouaner John de ses pulsions et ainsi de ne pas le transformer complètement en vrai tueur, et donc en monstre dangereux pour sa communauté. Qui plus est, cet ajout ne change pas complètement le cours du récit, et il aurait bien plus pertinent de rester avec un réel meurtrier.

Malgré ce point négatif, la lecture reste très plaisante. De par le choix d’écrire à la première personne du singulier le lecteur se retrouve étroitement lié au héros, permettant ainsi une proximité intéressante et instructive. L’écriture est plaisante, dynamique et ne laisse aucun répit au lecteur avec des descriptions plutôt détaillées des cadavres et des meurtres.

En somme, I am not a Serial Killer est un bon roman qui se laisse lire rapidement et pour lequel on accroche facilement, si ce n’est ce parti pris inutile de la part de l’auteur. Cela ne gâche pas non plus la lecture, et en reposant le roman l’envie de découvrir la suite est bien présente.




1 avr. 2017

Bilan Mars 2017



Bonjour les loulous! Il est déjà temps de faire le bilan du mois de mars, un mois toujours aussi peu prolifique pour moi:




Alors côté romans, j'ai réussi à lire quelques romans, notamment vers la fin du mois. : 

1. Big Easy - Ruta Sepetys
2. Les Vacances de Rachel - Marian Keyes
3. Mémé dans les Orties - Aurélie Valognes
4. Endless Night - Agatha Christie
5. Code 93 - Olivier Norek




 

 









Grâce aux trajets pour aller travailler, j'ai pu lire pas mal de mangas, certains très bien, d'autres moins intéressants. 

1. Kimi Wa Pet - 10 tomes (terminé)
2. Chi, une vie de chat - 12 tomes (terminé)
3. Les Fleurs du Mal - 11 tomes (terminé)
4. Dragon Ball - 33 tomes
5. MPD Psycho - 3 tomes
6. Takane & Hana - 3 Tomes
7. A Silent Voice - 7 tomes
1. Re/Member - 1 tome

  









Côté films / séries, c'est l'hécatombe. Je ne prends plus le temps de regarder quoi que ce soit, j'espère pouvoir m'y remettre bientôt.

1.  Modern Family : 1 épisodes
2. The Big Bang Theory: 1 épisodes




1. Logan
2. Brice 3







14 mars 2017

Top Ten Tuesday #19



Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous littéraire hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème défini. Ce rendez-vous a été initialement créé par The Broke and The Bookish, repris ensuite en français par Iani puis par Frogzine.

Le thème de la semaine est:

Les 10 livres de notre PAL à lire rapidement


Bonjour les loulous!
Cela fait un moment que je n'ai pas posté de TTT... travail oblige, je n'ai pas eu trop de temps à moi, mais me voici enfin de retour, du moins pour l'instant. Le thème de cette semaine me parle beaucoup: en effet, j'ai accumulé une pile de livres à lire que j'aimerais bien voir descendre, ce qui n'est pas gagné pour le moment.
Voici donc mon top, qui n'est pas du tout original puisque les thrillers/policiers y sont majoritaires:




 


 


 



Quel est votre top 10 à vous?

24 févr. 2017

Que ta Volonté soit Faite

Auteur: Maxime Chattam

Edition: Editions Pocket

Genre: Thriller

Date de parution: 2016

Résumé: Bienvenue à Carson Mills, petite bourgade du Midwest avec ses champs de coquelicots, ses forêts, ses maisons pimpantes, ses habitants qui se connaissent tous. Un véritable petit coin de paradis... S"il n'y avait Jon Petersen. Il est ce que l'humanité a fait de pire, même le Diable en a peur. Pourtant, un jour, vous croiserez son chemin. Et là... sans doute réveillera-t-il l'envie de tuer qui sommeille en vous.



Après des années sans avoir ouvert un livre de Maxime Chattam, je me suis enfin décidée à pallier cette erreur. Le titre et le résumé m'avaient indéniablement attirée, je m'attendais à du Chattam comme je l'avais découvert, bien sombre, violent voire même glauque. Pourtant, je ressors de cette lecture mitigée, presque déçue.

Le récit débutait bien en nous présentant un père de famille violent et abjecte. Passée cette rapide introduction sur Jon, Chattam nous surprend en nous faisant faire un bon dans le passé et en nous présentant la jeunesse de Jon, des circonstances de sa naissance au retour au présent. Si ce début marque un intérêt grandissant pour ce personnage et toute l’horreur qu’il est et qu’il dégage, son développement laisse pourtant de marbre. L’horreur est ici peut-être plus psychologique, mais malgré une plume toujours agréable, la narration sur sa partie adulte n’arrive plus à dépeindre cet homme comme le Mal, et on a plutôt la sensation de ressortir avec le portrait d’un être immonde, abjecte et terrible mais qui n’en est pas moins courant. On peut voir dans cette description moins anodine qu’on ne voudrait le croire la vraie horreur, dans ce sens où on a affaire à un personnage des plus plausibles. Cependant, à force de lectures de ce type et connaissant à quel point l’auteur peut aller loin dans ses descriptions horribles, un goût d’inachevé reste au moment où l’on pose le livre.

De par ce fait, le roman ne dégage pas une grande originalité, puisque même les personnages présentent des caractéristiques déjà-vu, que l’on passe par le grand-père, Jon, sa femme ou même le shérif. Ils restent certes intéressant, mais trop commun pour qu’on s’attache plus que cela à eux.
Quant à la fin, cette conclusion laisse perplexe et semble surtout tomber dans une certaine facilité assez décevante.


Au final, malgré un début intéressant, ce roman peine à captiver et tombe plutôt dans une trame commune, sans réelle originalité.